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Platon,
célèbre philosophe grec, fondateur de l'Académie,
né en 429 ou 430 av. J.-C. (ou troisième année de
la 87e olympiade) dans l'île d'Egine,
alors soumise aux Athéniens, était fils d'Ariston et tenait
aux plus illustres familles d'Athènes
: il descendait par son père de Codrus
et par sa mère de Solon. Il porta d'abord
le nom d'Aristoclès; on croit que le surnom de Platon lui fut donné
par son maître de palestre, à cause de la largeur de ses épaules
(platys, large). Platon étudia avec le plus grand succès
les lettres et les sciences, surtout la géométrie, et cultiva
la poésie dans sa première jeunesse; mais bientôt il
se consacra tout entier à la philosophie.
La
poésie eut d'abord pour Platon un irrésistible attrait. Fort
jeune encore il ne craignait pas d'entrer en lice avec les poètes
les plus renommés de son temps. Il allait se livrer avec toute l'ardeur
de son âge au genre lyrique. Il fréquenta aussi très
tôt l'école des Sophistes et abordé, sous les auspices
de Cratyle, les doctrines d'Héraclite.
Mais ces doctrines ne pouvaient guère convenir à un esprit
qui cherchait, avant tout, la fixité de la science dans les fluctuations
du doute. Les idées des Ioniens
et les systèmes des Eléates
ne le satisfaisaient pas davantage.
Après avoir entendu les Sophistes
et les autres philosophes de son temps, et avoir facilement reconnu le
vide de leur doctrine, il s'attacha vers l'âge de 20 ans à
Socrate
dont il fut le disciple assidu pendant dix ans. A la mort de Socrate (400),
dont il adopta et élargit le plan d'études, il quitta Athènes
avec ses condisciples, et se rendit d'abord à Mégare ,
auprès d'Euclide qui fonda l'école
mégarique. Il quitta même la Grèce pour visiter
l'Italie. Les doctrines de Pythagore attiraient
alors particulièrement son attention, et il nous montre, dans plusieurs
de ses Dialogues, qu'il avait suivi avec fruit les leçons
des Pythagoriciens, tels
Timée et Archytas.
De l'Italie Platon passa en Afrique; il entendit à Cyrène
le philosophe Théodore, disciple de Protagoras.
On lui prête aussi une visite en Égypte (où il se fit,
dit-on, initier aux mystères de la doctrine hermétique),
et suivant quelques Pères de l'Église ,
il alla même en Perse pour s'aboucher avec les Mages ( Zend-Avesta ),
bien qu'il n'en fasse lui-même aucune mention. Après dix ans
d'absence, il revint (vers 390 avant J. C.) dans sa patrie; mais il n'y
resta pas longtemps : il fit un second voyage dans l'Italie inférieure,
d'où il passa en Sicile. Pendant son séjour à Syracuse ,
Platon s'attacha le vertueux Dion, mais il s'attira par sa franchise la
colère du tyran Denys l'Ancien qui le fit vendre comme esclave.
Racheté et rendu à la liberté par Annicéris,
philosophe de Cyrène ( Ecole
Cyrénaïque), il alla se fixer à Athènes et
ouvrit, vers 388, dans un faubourg de la ville, l'école si connue
sous le nom d'Académie. Cette école fut bientôt fréquentée
partout ce que la Grèce renfermait de plus distingué : on
compte au nombre des disciples de Platon Aristote,
Speusippe,
Xénocrate Isocrate et même des femmes, telles que Lasthénie
et Axiothée. En 368. Platon fit un 2e
voyage en Sicile à la sollicitation de Denys le Jeune, qui venait
de monter sur le trône et qui voulait, disait-il, se conduire d'après
les conseils de la philosophie; mais, désespérant de réformer
la cour du tyran, il ne tarda pas à s'éloigner. Cependant
il retourna une 3e fois à Syracuse
(361), dans le but d'opérer une réconciliation entre Denys
et Dion, mais il ne put y réussir et se brouilla lui-même
avec le premier. De retour à Athènes, il ne s'occupa plus
que de son enseignement et de ses écrits. Il acquit une telle réputation
de sagesse que plusieurs États lui demandèrent des lois.
Il voulut néanmoins rester toute sa vie éloigné des
affaires. Il mourut en 348 ou 347 av. J.-C., à 82 ans. Il avait
toujours gardé le célibat.
Platon admettait comme principes des choses,
outre Dieu et la matière, certains types
ou modèles éternels, d'après lesquels sont été
formés tous les êtres : il les nommait idées. Dieu
est l'un, le bon par excellence et l'ordonnateur du monde. Dans le monde,
les idées ont seules une existence réelle et absolue; les
choses individuelles n'en sont que des ombres ou des copies; les notions
générales que forme notre esprit n'en sont elles-mêmes
que de pâles reflets. Ce n'est que par leur participation à
une même idée ou essence que des individus divers peuvent
former une même espèce. Les sens ne saisissent que le particulier,
l'individuel; quant aux idées, elles sont perçues par une
faculté supérieure, la raison ou l'entendement; peut-être
même sont-elles des réminiscences d'une vie antérieure.
Les idées résident en Dieu, qui est leur substance commune.
Cette théorie est également chez Platon la base de la morale,
de la politique et de l'art : dans l'art, il faut que l'artiste ait toujours
présent l'idéal du beau; en morale, on doit s'efforcer de
réaliser l'idéal du bien, qui est Dieu même, et par
là de ressembler à Dieu; la politique n'est que la morale
transportée dans l'État : c'est le gouvernement de l'État
par la justice et la raison. En psychologie, Platon définit l'âme
une force qui se meut par elle; il distingue trois âmes ou trois
parties de L'âme : âme raisonnable, qui a son siège
dans la tête, l'âme concupiscible, qui a son siège dans
le foie ,
l'âme irascible, principe des passions
les plus élevées : celle-ci sert de lien aux deux premières
et a son siège dans le coeur .
L'âme raisonnable survit au corps avec le souvenir du passé
: séparée du corps elle est heureuse ou malheureuse suivant
la destinée qu'elle s'est faite à elle-même aux âmes
qui n'ont pas encore mérité une félicite sans fin,
la providence ménage une nouvelle épreuve
de la vie corporelle, sans souvenir de leur existence antérieure.
Ainsi Platon admet la métempsycose ;
mais seulement entre les humains. On reproche à ce philosophe d'avoir
émis quelques opinions singulières : ainsi, dans sa République,
il établit des castes, veut que les femmes soient communes, que
les enfants, uniquement dévoués à l'État, soient
élevés en commun, sans connaître leurs parents; il
proscrit, quoique à regret, les beaux-arts, même la poésie
et les fables de l'épopée ;
dans la cosmogonie ,
il se livre aux hypothèses les plus hasardées.
II est difficile d'avoir une idée
bien exacte de la philosophie de Platon, parce que ce philosophe avait
deux enseignements, l'un extérieur et public, l'autre secret, réservé
à quelques adeptes; or les écrits que nous possédons
paraissent n'appartenir qu'à sa doctrine publique et par conséquent
élémentaire; le plus souvent il se borne à y exposer
le pour et le contre, laissant au lecteur le soin de conclure. Quelque
opinion que l'on se fasse de la solidité des doctrines de Platon,
on ne peut qu'admirer la sublimité de ses conceptions, la pureté
de sa morale et la noblesse de son style. Aussi a-t-il mérité
d'être appelé le divin Platon, l'Homère
de la philosophie. Ses écrits sont d'ailleurs le plus important
monument qui nous reste de la dialectique des Anciens. En même temps
qu'ils sont des chefs-d'œuvre sous le rapport de l'art et du style, ils
nous offrent, par la méthode d'interrogation et de réfutation
qui y est partout suivie, un modèle d'analyse philosophique.
Astronomie |
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Les idées astronomiques
de Platon se trouvent disséminées principalement dans le
Timée,
dans la République et dans l'Epinomis ,
dont il n'est probablement pas l'auteur, mais sans doute en partie l'inspirateur
[a].
Elles sont assez confuses et se rapprochent,
sous certains rapports, des idées pythagoriciennes. Constamment
préoccupé de la recherche de la pensée créatrice
au milieu de la variété infinie des phénomènes,
Platon présentait tous les corps, terrestres et célestes,
comme participant à l'âme du monde; les astres étaient,
d'après lui, des êtres animés; le monde lui-même
n'était qu'un animal ,
et la forme sphérique était le type de la perfection. |
[a]
L'Epinomis est aujourd'hui attribué à Philippe
d'Oponte. |
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La formation
du monde
"[L'Artisan
divin (ou Démiurge) ] donna au monde la forme la plus convenable
et la plus appropriée à sa nature; or la forme la plus convenable
à l'animal, qui devait contenir en lui tous les autres animaux,
ne pouvait être que celle qui comprend toutes les formes. C'est pourquoi
il donna au monde la forme sphérique, ayant partout les points extrêmes
également distants du centre, ce qui est la forme la plus parfaite.
Il polit toute la surface de ce globe animé, et cela pour plusieurs
raisons. D'abord ce monde (animal) n'avait besoin ni d'yeux, ni d'oreilles,
parce qu'il ne restait, en dehors de lui, rien à voir, ni rien à
entendre; il n'y avait pas non plus autour de lui d'air à respirer;
il n'avait besoin d'aucun organe pour la nutrition, ni pour rejeter les
aliments digérés, car il n'avait rien à rejeter, ni
rien à absorber. Non. Il est fait pour se nourrir de ses propres
forces, et toutes ses actions, toutes ses affections lui viennent de lui-même
et s'y renferment; car l'auteur du monde estima qu'il vaudrait mieux que
son ouvrage se suffît à lui-même que d'avoir besoin
de secours étranger. Par la même raison, il ne jugea pas nécessaire
de lui faire des mains, parce qu'il n'avait rien à saisir, ni rien
à repousser, et il ne lui fit pas non plus de pieds, ni rien de
ce qu'il faut pour la marche. Mais il lui donna un mouvement approprié
à la forme de son corps et qui, entre les mouvements, appartient
principalement à l'esprit et à l'intelligence. Faisant tourner
le monde constamment sur lui-même, il lui ôta les sept autres
mouvements, ne voulant pas qu'il fût errant à son gré;
le monde enfin, n'ayant pas besoin de pieds pour exécuter ce mouvement
de rotation, il le fit sans pieds et sans jambes (Platon, Timée.)."
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Il s'agit là évidemment
du mouvement général diurne ,
de ce que les Anciens appelaient la rotation de la sphère droite,
donnant le jour et la nuit. Ils regardaient ce mouvement comme exclusivement
propre aux étoiles
ou à la sphère des fixes .
Ils n'ignoraient cependant pas que les planètes
elles-mêmes y participent; mais, comme les astres errants ont des
mouvements propres
beaucoup plus lents, les philosophes, qui étaient en même
temps astronomes, physiciens et géomètres, s'engageaient
à cet égard dans des considérations systématiques
où le vrai le disputait au faux. Ainsi les étoiles (fixes),
conservant invariablement entre elles les mêmes distances respectives,
sont, d'après Platon, chargées du mouvement de rotation de
la sphère du monde. Et par là il faut entendre, non pas évidemment
la rotation de chaque étoile autour de son axe, mais le mouvement
diurne, identifié avec le mouvement général de l'âme
du monde.
Platon ne s'accorde pas ici avec les idées
pythagoriciennes, proposées pour expliquer le mouvement général,
diurne, de la sphère céleste par la rotation de la Terre
autour d'elle-même. C'est ce mouvement qu'il désigne par rotation
dans un même lieu, en tautô topô, c'est-à-dire
sans changement de lieu, ou metadatikôs. Quant à la
Terre, il la supposait complètement immobile.
"Dieu,
dit-il, a formé la Terre, notre nourrice, pour être la gardienne
et la productrice du jour et de la nuit ."
Mais, si la Terre est supposée immobile,
comment pourra-t-elle produire la nuit et le jour? La réponse à
cette question a été d'autant plus difficile que Platon s'est
servi du mot illesthai ou eillesthai, que les plus anciens
commentateurs, à commencer par Aristote,
ont pris dans le sens de kineisthai, se mouvoir. Or, si la Terre
se meut autour d'elle-même, il faudra supprimer le mouvement de rotation
de la sphère du monde, devenu inutile, à moins qu'on ne veuille
admettre que la Terre se meut concurremment avec la sphère du monde;
mais alors comment se produiront la nuit et le jour? Pour trancher la difficulté,
quelques interprètes, tels que Proclus,
Plutarque,
Simplicius,
etc., ont donné au verbe employé le sens de se serrer, se
retenir, d'où chez Homère, le mot
illades,
chaînes. Platon aura donc voulu dire (dans le Timée)
que "la Terre se serre fortement autour de l'axe qui traverse l'univers
(eillomenèn peri ton dia pantos polon tetamenon)." Cette
interprétation, adoptée par Rh. H. Martin [1],
sauve l'immobilité de la Terre, qui produirait le jour et la nuit
par sa résistance même au mouvement. Plutarque compare ici
la Terre à l'aiguille (immobile) du cadran solaire; c'est son repos
qui donne, dit-il, aux astres le lever et le coucher
[2].
Cependant, au rapport de Théophraste,
cité par Plutarque, Platon, dans sa vieillesse, aurait changé
d'opinion [3]
relativement à la Terre, supposée immobile au centre du monde.
Si le fait est vrai, Platon devait alors presque parvenu à l'extrême
limite de sa vie, puisqu'il était déjà vieux quand
il composa le Timée.
Les cercles que les planètes décrivent
par leurs mouvements propres, sont, suivant Platon, tels, que le cercle
de la Lune
étant 1, celui du Soleil
serait 2, celui de Vénus
3, celui de Mercure
4, celui de Mars
8, celui de Jupiter
9, et celui de Saturne
27. Ces cercles, dont la Terre occuperait le centre commun, suivent, comme
on voit deux progressions distinctes : celle de la Lune, du Soleil, de
Mercure et de Mars, représentée par 1, 2, 4, 8, et celle
de Vénus, de Jupiter et de Saturne, exprimée par 3,9, 27. |
[1]
Etudes
sur le Timée de Platon, t. II, p. 90.
[2]
Plutarque, Quaestiones platonicae, VIII, 3. - De facie in orbe Lunae;
c. 25.)
[3]Vie
de Numa, c. II. Voyez aussi Plotin, Ennéades, II, 2,
t.
|
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Dans la République,
Platon donne les cercles célestes, y compris celui des fixes, comme
appartenant à l'immense fuseau des Parques ,
et il leur attribue les couleurs des astres qui les parcourent. Le premier
cercle, celui des fixes, est, dit-il, scintillant, poikilon; le
second, celui de Saturne, et le cinquième, celui de Mercure, sont
plus jaunes que ceux du Soleil et de la Lune; le sixième, celui
de Vénus, est moins blanc que celui de Saturne; le troisième,
celui de Jupiter, est le plus blanc de tous, et le huitième, celui
de la Lune, emprunte au précédent sa lumière et sa
couleur [4].
Les mouvements propres des planètes,
obliques sur l'équateur de la sphère du monde, décrivent,
dans l'espace, les tours d'une spirale, elis, que
Cicéron,
interprétant Platon, a très bien rendu par helicis inflexione. |
[4]
V. Th. H. Martin, Etudes sur le Timée, t. II, p. 65. |
|
Ce que Platon a dit des mouvements
particuliers de Mercure et de Vénus est peu clair, à moins
qu'il n'ait voulu dire tout simplement que Mercure et Vénus suivent
tantôt une direction opposée du Soleil, et tantôt se
dirigent dans le même sens que l'astre du jour.
Qu'est-ce que Platon appelait la grande
année
ou l'année parfaite, ton teleion eniauton? L'examen
de cette question nous intéresse surtout, parce qu'il nous montre
l'état des connaissances d'alors relativement à la durée
des révolutions
des différentes planètes. La durée de la révolution
lunaire ( Lunaison ),
qui forme le mois ,
et la durée de la révolution solaire, qui compose l'année,
ont été, comme nous l'avons vu, depuis la plus haute Antiquité
un objet d'études constantes; et cela se conçoit, puisque
la Lune et le Soleil sont, pour ainsi dire, les aiguilles de la grande
horloge du monde, indiquant à tous les mortels la nécessité
de compter exactement avec le temps. Les durées des révolutions
de Mercure et de Vénus étaient estimées à peu
près égales à une année, probablement parce
que ces planètes sont les plus voisines du Soleil. Quant aux autres
planètes, la durée de leurs révolutions était
encore inconnue à l'époque de Platon, à en juger par
les paroles mêmes du grand philosophe.
"Comme
les hommes, à l'exception d'un petit nombre, n'ont pas, dit-il,
observé les révolutions des autres planètes (Mars,
Jupiter et Saturne), ils ne leur assignent ni noms, ni rapports numériques,
de sorte qu'ils ne se doutent point, pour ainsi dire, de la durée
de leurs mouvements révolutifs, d'une grandeur et d'une variété
prodigieuses."
Puis il ajoute qu'il n'est cependant pas impossible
de concevoir qu'après une certaine période toutes les planètes
se retrouvent ensemble à leur premier point de départ. |
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C'est cette période
qui se nommait la grande année platonique. Bien des opinions ont
été émises sur sa longueur. Suivant un passage de
l'Hortensius de Cicéron, conservé
par Servius dans son Commentaire sur l'Enéide
(III, 284), elle serait de 12 954 années solaires. Macrobe,
dans son Commentaire sur le Songe de Scipion,
lui assigne une durée de 15 000 ans [5].
La grande année platonique ferait-elle
allusion à une vague connaissance de la précession des équinoxe,
qui fait exécuter à la voûte céleste un mouvement
de rotation en 25 000 ans environ? (F. Hoefer).
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Oeuvres-
Platon a laissé un grand nombre décrits; ils sont presque
tous rédigés sous la forme de dialogue et Socrate y loue
le principal rôle. Ce sont : Euthyphron ou du Saint, Criton ou
le Devoir du citoyen, Phédon ou de l'Ame, l'Apologie de Socrate,
Cratyle ou de la Propriété des noms, Théétète
ou de la Science, le Sophiste ou de l'Être, le Politique, Parménide
ou des Idées. Philèbe ou la Volupté, le Banquet ou
de l'Amour, Phèdre ou du Beau, le 1erAlcibiade
ou de la Nature de l'homme, le 2e
Alcibiade ou de la Prière, Hipparque ou l'Amour du gain, les Erastes
ou de la philosophie, Théagès ou de la Sagesse, Charmidès
ou de la Modération, Lachès ou du courage, Lysis ou de l'Amitié,
Euthydème ou des Sophismes, Protagoras ou les Sophistes, Gorgias
ou la Rhétorique, Ménon ou de la Vertu, le grand Hippias
ou du Beau, le petit Hippias ou du Mensonge, Ion ou de l'Enthousiasme poétique,
Ménexène, oraison funèbres des Athéniens morts
pour la patrie, Clitophon ou l'Exhortation, la République ou du
Juste (en 10 liv.),
Timée ou de la Nature, Critias ou L'Atlantide (inachevé),
Minos
ou de la Loi, les Lois en 12 liv., Epinomis ou Appendice aux
Lois (qui est aussi attribué à Philippe
d'Oponte, son disciple). On y joint 13 lettres morales. L'authenticité
de plusieurs de ces écrits, surtout celle des lettres, est contestée.
Nous n'avons pas compris dans cette, énumération quelques
écrits que l'on rejette comme apocryphes : Ie Démadocus,
le Sisyphe, l'Eryxias, l'Axiochus.
Editions
anciennes - Les meilleures éditions
de Platon sont celles d'AIde, Venise 1513, in-fol.; de J. Serranus (de
Serre), avec une traduction latine et des notes: publ. par H. Etienne,
Paris, 1678, 3 v, in-f. de Marsile Ficin, avec
une traduction latine préférable à la précéd.,
Venise, 1491, Francf., 1662, in-fol., de Deux-Ponts, due à Mitscherlich,
1781-88, 12 v. in-8; de Bekker (gr.-lat.), Berlin 1816-18, 8 v. in-8, avec
commentaires, publiés en 1823, 2 v. in-8; d'Ast,
Leipz., 1819-32, 11 v. in-8; de Stalbaum, 17 v. in-8, 1829-44, et celle
de la Bibliothèque grecque de MM Didot, publiée par
Schneider et Hirschig. On doit à Baiter, Orelli et Winckelmann une
excellente éd. du texte grec seul, publ. à Zurich, 1839,
1 v. in-4, et comprenant les variantes, le Lexique platonique de Timée
le Sophiste et autres lexiques anciens, les Scolies, avec un index des
auteurs cités par Platon et des noms propres. Plusieurs dialogues
ont été trad. séparément en français
par Leroi, Grou, L. Racine, Maucroix, Dacier,
H. Martin. On doit à
V. Cousin la 1re
traduction complète qui ait paru en français 13 vol. in-8,
Paris, 1822-40; elle est accompagnée de savantes notes, ainsi que
d'arguments philosophiques. Chauvet et Saisset
ont reproduit dans la bibliothèque Charpentier les Dialogues
de
Platon,1861 et ann. suiv., 8 v. in-18. Schleiermacher
a donné une trad. allemande de Platon, qui est fort estimée,
Berlin, 1817-19; Th. Taylor l'avait traduit en anglais dès 1804,
5 vol. in-4. J. V. Leclerc a publie les
Pensées
de Platon
(grec-français), Paris, 1819, souvent réimprimé.
La vie de Platon a été écrite, dans l'antiquité,
par Speusippe, son neveu et son successeur (cette vie est perdue), par
Diogène
Laërce, par Olympiodore, par Hésychius;
chez les modernes par Combes-Dounous (Essai historique sur Platon, 1809),
et par Ast (Vie et écrits de Platon, Leipzig, 1816, all.).
Sur sa doctrine, on peut consulter outre les ouvrages précédents
: Apulée, de Dogmate Platonis; Albinus,
lntroduction
aux dialogues de Platon; Alcinoüs,
lntroduction à la doctrine platonicienne ;
G.
Pléthon, De platonicæ atque aristotelicæ philosophiæ
differentia; les commentateurs anciens de ses écrits, Proclus,
Olympiodore,
Chalcidius,
et les historiens modernes de la philosophie, Tiedeman, Tennemann, Ritter,
Brandis, etc. |
 |
En
librairie - Quelques éditions
récentes des ouvrages de Platon : Gorgias, Nathan, 2003.
- Le politique, Flammarion (GF), 2003. - La République,
Flammarion (GF), 2002. - Philèbe, Flammarion (GF), 2002.
- Charmide, Mille et Une Nuits, 2002. - Le Banquet, Flammarion
(GF), 2001. - Hippias Majeur, Hatier, 2001. - Cratyle,
Flammarion (GF), 2001. - Protagoras, Flammarion (GF), 2001. - Théétète
/ Parménide, Flammarion (GF), 2001. - Euthydème,
Flammarion, 2001. - Timée / Critias, Flammarion (GF),
2001. - Le Sophiste, Flammarion (GF), 2001. - Hippias mineur,
Belles lettres, 2000. - Ménon, Bréal, 2000.-
Apologie
de Socrate, Flammarion (GF), 1999. - Lysis, Les Belles Lettres,
1999. - Phédon, Flammarion (GF), 1999. - Phèdre,
Flammarion (GF), 1999. - Lachès / Euthyphron, Flammarion
(GF), 1998. - Alcibiade, Le Livre de Poche, 1998. - Les Lois,
Gallimard (Folio), 1997. - Ménexène, Les Belles
Lettres, 1997.
Oeuvres
complètes, Gallimard (La Pléiade), 2 vol. - Dala série
grecque des Belles Lettres, 25 volumes.
J. Laurent, Les dieux de Platon, Presses universitaires de Caen,
2004. - Marie-Lauren Desclos, Aux marges des dialogues de Platon,
Jérôme Millon, 2003. - Rémi Brague, Du Temps chez
Platon et Aristote, PUF, 2003. - Raphaël,
Initiation
à la philosophie de Platon, Accarias-L'Originel, 2003. - M.
Dixsaut et A. Brancacci, Platon, source des présocratiques,
Vrin, 2002. - Jean-François Mattéi, Platon et le miroir
du mythe, PUF, 2002. - Christophe Roque, Comprendre Platon,
Armand Colin, 2002. - Roberto Casati, La découverte de l'ombre
(de Platon à
Galilée, une énigme
qui fascine tous les grands penseurs de l'humanité), Albin Michel,
2002. Michel Fattal, La Philosophie de Platon, L'Harmattan, 2002.
- C. Denis et D. Bourdin, Les figures du pouvoir (Platon,
Racine,
Zola),
Bréal, 2000. -Philippe Buttgen et Stéphane Diebler,
Théories
de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès,
Rue d'Ulm, 1999. - Philippe Buttgen et Stéphane Diebler, Théories
de la phrase et de la proposition de Platon à
Averroès, Rue d'Ulm, 1999. - Luc Brisson, Lectures de Platon,
Vrin, 2000. - Du même, Platon, les mots et les mythes, La
Découverte, 1982. etc.
|
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[5]
Th. H. Martin, Etudes sur le Timée, t. II, p. 78. |