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| La découverte du monde | ||
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La philosophie hermétique |
| Aperçu
L'art
sacré
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La
chimie au Moyen âge
L'alchimie arabo-musulmane L'alchimie dans l'Europe chrétienne |
| La philosophie
Hermétique ou hermétisme est un corps de doctrine
tiré des livres attribués à Hermès Trismégiste La méthode caractéristique
de l'hermétisme est l'emploi de l'analogie, et les modernes adeptes
prétendent que son application aux sciences contemporaines et aux
conceptions modernes de l'art et de la sociologie permet de jeter un jour
nouveau sur les problèmes les plus insolubles en apparence. L'hermétisme
suppose des relations intimes, des correspondances mystérieuses
entre toutes les portions de l'univers visible et invisible. L'hermétisme
fut encore cultivé pendant tout le Moyen âge |
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| Pourquoi
des choses doivent rester cachées
Commençons par une citation de Zosime
le Panopolitain, le plus vieux des chimistes authentiques, exposant,
au IIIe siècle
de notre ère, les origines de la chimie, dans son livre Imouth
(c.-à-d. dédié à lmhotep, dieu égyptien),
livre adressé à sa soeur Théosébie ( « Les saintes ÉcrituresIl est certain qu'il nous reporte aux imaginations qui, avaient cours en Orient dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Quelques lignes étranges du chapitre V de la Genèse « Les enfants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles, choisirent des femmes parmi elles. »De là naquit une race de géants « Ils habitèrent avec elles et ils leur enseignèrent la sorcellerieLes auteurs du IIe et du IIIe siècle de notre ère reviennent souvent sur cette légende. Clément d'Alexandrie la cite (vers 200 de notre ère) dans ses Stromates, I. V. Tertullienen parle longuement. « Ils trahirent le secret des plaisirs mondains; ils livrèrent l'or, l'argent et leurs et oeuvres; ils enseignèrent l'art de teindre les toisons. »On voit combien l'auteur est préoccupé des mystères Il a paru nécessaire de développer
ces citations, afin de préciser l'époque à laquelle
Zosime
écrivait : c'est l'époque à laquelle les imaginations
relatives aux anges La proscription de ceux qui cultivaient
ces sciences n'est pas seulement un voeu de Tertullien,
elle était effective et cela explique le soin avec lequel ils se
cachaient eux-mêmes et dissimulaient leurs ouvrages sous le couvert
des noms les plus autorisés. Elle nous reporte à des faits
et à des analogies historiques non douteuses. La condamnation des
mathématiciens, c. -à-d. des astrologues, magiciens et autres
sectateurs des sciences occultes, était de droit commun à
Rome L'exercice de la magie Voilà pourquoi l'invention des sciences
occultes Il y avait déjà quelque chose
de cette antinomie dans la haine contre la science que laissent éclater
le Livre d'Enoch C'est ainsi que l'alchimie apparaît
vers le IIIe siècle
de notre ère, rattachant elle-même sa source aux mythes |
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| Les
théories alchimiques
Les alchimistes prenaient comme base de
leurs idées la doctrine des éléments L'établissement des catalogues de
ces quatre classes était attribué à Démocrite,
affirmation qui n'a rien d'invraisemblable. Ces idées rappellent
celles de Stahl et de ses contemporains sur le
phlogistique et sur les corps qui s'y rattachent, tels que les métaux
et les combustibles. Les quatre éléments eux mêmes,
d'après les Ioniens et d'après
Platon,
suivis par les alchimistes, peuvent se changer les uns dans les autres
et leur assemblage s'effectue, suivant les pythagoriciens,
en raison de leur forme géométrique-:
la terre est constituée par le cube, le feu par le tétraèdre,
l'air par l'octaèdre, l'eau par l'icosaèdre et le cinquième
élément, qui comprend les autres et qui en est le lien, par
le dodécaèdre; notions qui, dans un contexte tout différent,
se retrouvent dans nos conceptions actuelles sur la structure cristalline
des corps et sur leur construction atomique. Cependant, les alchimistes
sont complètement étrangers à la théorie
atomique « Elle est le fonds commun de toutes les matières différentes, étant dépourvue de toutes les formes qu'elle doit recevoir d'ailleurs. »Il l'a comparée aux liquides inodores, destinés à servir de véhicule aux parfums divers. Elle n'est, par elle-même, ni terre, ni air, ni feu, ni eau, ni corps né de ces éléments. Cette matière première reçoit ainsi les formes des quatre éléments, avec lesquels Dieu compose le monde. Il la compose avec le feu, sans lequel rien de visible ne peut jamais exister; avec la terre, sans laquelle il ne peut y avoir rien de solide et de tangible; entre deux et pour les lier, il a placé l'eau et l'air. Ces éléments ont eux-mêmes une forme géométrique, qui ne leur permet de s'assembler entre eux que suivant certains rapports. Les corpuscules du feu sont les plus petits, les plus aigus, les plus mobiles, les plus légers. Ceux de l'air le sont moins ; ceux de l'eau moins encore. D'après Platon, l'eau se condensant devient pierre et terre; en se fondant et se divisant, elle devient vent et air; l'air enflammé devient du feu; le feu condensé et éteint reprend la forme d'air; l'air épaissi se change en brouillard, puis s'écoule en eau; de l'eau se forment la terre et les pierres. Les quatre éléments s'engendrent ainsi périodiquement. Ceci vient sans doute de ce qu'il faut voir là seulement les manifestations diverses de la matière première. -
Thèmes astrologiques associés à des opérations alchimiques. (Theatrum chemicum, 1652). Les mêmes idées sont reproduites par les alchimistes, élèves des néoplatoniciens. Seulement, la notion métaphysique de la matière première universelle de Platon est transformée et concrétée, en quelque sorte, par un artifice de métaphysique matérialiste que nous retrouvons dans la philosophie chimique de tous les temps : elle est identifiée avec le mercure des philosophes. « Le mercure prend toutes les formes, disent Synésius et Stéphanus, de même que la cire attire toute couleur; ainsi le mercure blanchit tout, attire l'âme de toutes choses [...], il change toutes les couleurs et subsiste lui-même, tandis qu'elles ne subsistent pas; et même s'il ne subsiste pas en apparence, il demeure contenu dans les corps. »L'origine de cette opinion est facile à apercevoir, en se rappelant que Platon désigne sous le nom d'eaux tous les corps liquides et les corps fusibles, l'or et le cuivre notamment. Les métaux fondus offrent un aspect et des propriétés toutes spéciales et congénères de celles du mercure ordinaire. Il n'est pas surprenant que ces caractères communs aient été attribués à une substance spéciale, telle que le mercure ordinaire, en qui résidait par excellence, disait-on, la liquidité métallique : c'était l'un des attributs momentanés du mercure des philosophes. Tous les corps de la nature, d'après les adeptes grecs, sont donc formés par une même matière fondamentale. Pour obtenir un corps déterminé, l'or, par exemple, le plus parfait des métaux, le plus précieux des biens, il faut prendre des corps analogues, qui en diffèrent seulement par quelque qualité, et éliminer ce qui les particularise; de façon à les réduire à leur matière première, qui est le mercure des philosophes; Celui-ci peut être tiré du mercure ordinaire, en lui enlevant d'abord la liquidité, c.-à-d. une eau, un élément fluide et mobile, qui l'empêche d'atteindre la perfection. Il faut aussi le fixer, lui ôter sa volatilité, c.-à-d. un air, un élément aérien qu'il renferme; enfin d'aucuns professent, comme le fera plus tard Geber, qu'il faut séparer encore du mercure une terre, un élément terrestre, une scorie grossière, qui s'oppose à sa parfaite atténuation. On opérait de même avec le plomb, avec l'étain; bref, on cherchait à dépouiller chaque métal de ses propriétés individuelles. Il fallait ainsi ôter au plomb sa fusibilité, à l'étain son cri particulier, sur lequel Geber insiste beaucoup; le mercure enlève, en effet, à l'étain son cri, dit aussi Stéphanus. La matière première de tous les métaux étant ainsi préparée, je veux dire le mercure des philosophes, il ne restait plus qu'à la teindre par le soufre et arsenic; mots sous lesquels on confondait à la fois les sulfures métalliques, divers corps inflammables congénères, et les matières quintessenciées que les philosophes prétendaient en tirer. C'est dans ce sens que les métaux ont été regardés, au temps des Arabes, comme composés de soufre et de mercure. Les teintures d'or et d'argent étaient réputées avoir au fond une même composition. Elles constituaient la pierre philosophale, ou poudre de projection. Telle est, semble-t-il, la théorie que l'on peut entrevoir à travers ces symboles et ces obscurités; théorie en partie tirée d'expériences pratiques, en partie déduite de notions philosophiques. En effet, la matière et ses qualités
sont conçues comme distinctes, et celles-ci sont envisagées
comme des êtres particuliers, que l'on eut ajouter ou faire disparaître.
Dans les exposés des adeptes, il règne une triple confusion
entre la matière substantielle, telle que nous la concevons aujourd'hui;
ses états, solidité, liquidité, volatilité,
envigagées comme des substances spéciales, surajoutées,
et qui seraient même, d'après les Ioniens,
les vrais éléments des choses; enfin, les phénomènes
ou actes manifestés par la matière; sous leur double forme
statique et dynamique, tels que la liquéfaction, la volatilité,
la combustion, actes assimilés eux-mêmes aux éléments.
Il y a donc au fond de tout ceci certaines idées métaphysiques,
auxquelles la chimie Au XVIIIe
siècle, un pas capital a été fait dans
notre conception de la matière, par suite de la séparation
apportée entre la notion substantielle de l'existence des corps
pondérables et la notion phénoménale de leurs qualités,
envisagées jusque-là par les alchimistes comme des substances
réelles. Mais pour comprendre le passé, il convient de nous
reporter à des opinions antérieures et qui paraissaient claires
aux esprits cultivés, il y a à peine plus de deux siècles.
Les doctrines des alchimistes et des platoniciens
à cet égard diffèrent tellement des nôtres,
qu'il faut un certain effort d'esprit pour nous replacer dans le milieu
intellectuel qu'elles étaient destinées à reproduire.
Cependant, il est incontestable qu'elles constituent un ensemble logique,
et qui a longtemps présidé aux théories scientifiques.
Ces doctrines, que nous apercevons déjà dans le Pseudo-Démocrite,
dans Zosime, et plus clairement encore dans leurs
commentateurs, Synésius, Olympiodore et Stéphanus ( |
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| Petit
lexique hermétique : un guide pour se perdre
Plusieurs manucrits anciens (n° 2325, n° 2327, n° 2329) contiennent des lexiques élémentaires de l'art sacré, qui malheureusement n'expliquent pas grand-chose, car les explication qu'ils donnent demanderaient souvent elles-mêmes d'autres explications qu'on y chercherait en vain. Peut-être ces lexiques n'étaient-ils faits que pour tromper celui qui était étranger aux pratiques alchimiques. Voici un exemple : Le nitre est le soufre blanc qui produit l'airain.Ce qui contribue encore à rendre obscure la lecture de ces ouvrages déjà si peu clairs, c'est que le nom d'un métal est souvent pris pour celui d'un autre. Le nom d'une substance inorganique est quelquefois appliqué à une substance organique qui n'a aucune ressemblance avec la première. C'est ainsi que le fer signifie quelquefois une coque d'oeuf, et que les noms de cuivre, d'argent, d'or, de soufre, désignent des objets tout différents, ordinairement des plantes ou des animaux. Les hermétistes ne se contentaient
pas de cacher leurs doctrines mystiques sous le voile d'un langage obscur,
figuré et énigmatique; pour ajouter encore à l'obscurité
de ce langage, ils avaient adopté des caractères particuliers.
Ces caractères ou signes sont de différentes espèces,
et plusieurs d'entre eux ont une analogie évidente avec les hiéroglyphes On se servait de figures symboliques pour représenter non seulement des choses, mais encore des actions. Par exemple, une ligne tracée en spirale figure le mouvement circulaire d'un bras qui broie quelque substance. De là, ce symbole signifie : pulvérisez. Enfin, il y a des figures mixtes ou composées,
dont les éléments sont à la fois symboliques et graphiques;
c'est-à-dire que la figure symbolique ou hiéroglyphique est
en même temps accompagnée d'une ou de plusieurs initiales
du nom de l'objet représenté. Par exemple, Or très
pur (or passé au creuset) est figuré par le disque du
Soleil, symbole de l'or, surmonté de deux rayons se coupant sous
un angle très aigu; au-dessus de ce rayon se trouve la lettre K,
initiale de Kekaumenos.
Pour désigner le litharge (Liqargyron),
on écrit la lettre L,
initiale de liqos
(le nom de litharge vient de lithos = pierre, et argyron
= argent), accompagnée d'un croissant, symbole de l'argent, dont
les pointes sont tournées de gauche à droite.
(R. / M. Berthelot / F. Hoefer).
Le Plaisir des fous, d'après une peinture de David Téniers. |
| En bibliothèque - On peut consulter la Symbolique de Creutzer, livre 3; la dissertation de Guigniaut, De Ermouseu Mercurii mythologia, in-8°, Paris, 1835.Lenglet du Fresnoy, Histoire de la philosophie hermétique, 1742, 3 vol. in-12. |
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