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| La découverte du monde > Le ciel |
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| Après
le Soleil Comme cela a été le cas pour tous les astres, à partir du XVIIe siècle, l'utilisation des premières lunettes, puis l'avènement de la mécanique newtonienne, une nouvelle manière de considérer la Lune s'est faite jour. La complexité de son mouvement n'en est devenue que plus évidente, et son étude a relevé désormais des nouveaux outils procurés par la mécanique céleste. Mais surtout, sa surface a désormais pu être étudiée en détail. Les premières cartes de la Lune ont été dessinées et avec elle est née la sélénographie, qui se poursuivra à partir du milieu du XIXe siècle grâce à photographie. Chemin faisant, les
astronomes ont guetté à la surface de notre satellite des
variations, réelles ou supposées. Cette questions s'est trouvée
intimement liée avec celle de l'éventualité d'une
activité géologique présente sur la Lune. En particulier,
la question s'est posée de savoir si les cratères et les
mers lunaires étaient d'origine volcanique ou s'il fallait invoquer
d'autre causes. Si les astronomes ont finalement opté pour l'hypothèse
météoritique Dates clés :c. 640 av. J.-C. : Thalès reconnaît dans les phases lunaires une conséquence de la réflexion de la lumière solaire. |
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| La
Lune avant le télescope
La Lune a joué un grand rôle
dans toutes les mythologies ![]() Comme son étymologie l'indique,
la sélénographie est à la Lune, ce que la géographie
est à la Terre. Les principes sont les mêmes, mais les mesures,
restées pendant très longtemps indirectes, ont rendu ce terme
synonyme avant tout de cartographie lunaire. L'observation en 1609,
par Galilée et ses contemporains de la
surface de la Lune à l'aide des premières lunettes a mis
en évidence la présence de montagnes associées aux
régions claires de notre satellite. Mais la question qui s'est posée
aussitôt a été de savoir si les régions sombres,
à l'opposé, n'étaient pas des mers. On a vite renoncé
à cette idée. La nomenclature actuelle de la Lune, dont les
premiers jalons remontent aux cartes d'Hévélius
et de Riccioli, porte cependant encore la trace
de ces interrogations. A la suite de ces travaux fondateurs, il convient
de signaler les efforts cartographiques de Cassini,
Tobias
Mayer, de Schroeter, de Lohrmann,
et de Schmidt, et surtout de Beer
et de Maedler dont la carte, achevée en
1837,
représente le dernier grand achèvement de la sélénographie
avant l'usage de la photographie.
Les premières photographies de la Lune datent de 1840. Même si cette nouvelle technique ne parvient pas à rivaliser avec l'observation directe pour ce qui concerne la finesse des détails qui peuvent être déceler, elle apporte une certaine objectivité, qui permettra son utilisation pour réaliser de nouvelles cartes de notre satellite. L'Atlas photographique de la Lune, réalisé par Loewy et Puiseux entre 1894 et 1910 constitue sans doute le couronnement de cette approche. Mais la photographie a aussi d'autres avantages très tôt reconnus. Ainsi va-t-on l'utiliser pour des études photométriques, ou encore pour explorer les plages du spectre électromagnétique situées au-delà du domaine visible. Aujourd'hui, la photographie classique n'est plus guère utilisée par les astronomes. Elle a cependant connue un dernier moment de gloire, lors du programme d'exploration de notre satellite dans les années 1960, à l'occasion duquel on a pu prendre des clichés de la Lune "sur place".
Des variations observées sur la Lune? Des observateurs
tels que William Herschel, Schroeter,
Gruithuisen,
Littrow,
ont cru distinguer sur notre satellite des traces de constructions «faites
de mains d'hommes». Kepler lui-même,
dans le Songe, explique que les cratères lunaires sont trop
régulièrement formés pour que la nature en soit responsable.
Un examen plus attentif a évidemment chaque fois prouvé ensuite
que ces constructions (remparts, tranchées, canaux et routes supposés)
n'étaient pas artificiels, mais de formation purement naturelle.
Reste que ces minutieuses observations, si mal interprétées,
ont aussi mis au jour la possibilité de changements à la
surface de la Lune, également appelées
phénomènes
lunaires transitoires (PlT). Des lumières épisodiques,
des cratères qui changent de forme. Cela témoignait-il de
l'existence d'une activité géologique actuelle sur notre
satellite? Pouvait-on invoquer l'existence d'un volcanisme ou celui de
séismes ravageurs sur la Lune? Personne n'y croit plus aujourd'hui.
Mais les astronomes du passé avaient leurs raisons de penser autrement.
L'origine des cratères et des mers Les générations d'astronomes
qui se sont succédées pour tenter de déceler des variations
à la surface de la Lune avaient souvent en tête la possibilité
que la Lune soit le siège d'éruptions volcaniques. En effet,
un tel type d'activité géologique a longtemps été
privilégié pour expliquer ces formations appelées
cratères. On y voyait des cratères de volcans, éteints
pour l'essentiel, mais dont certains pouvaient toujours donner quelques
signes d'activité. C'était l'hypothèse volcanique
de l'origine des cratères et des mers lunaires. Mais une autre option
a commencé à être envisagée vers 1895,
et a fini par s'imposer à partir des années 1960.
Il s'agit de l'hypothèse météoritique. Ainsi, les
astronomes admettent-ils aujourd'hui que les cratères de la Lune
n'ont rien de volcanique, mais ont plutôt été formés
lors d'un grand bombardement météoritique qui a eu lieu aux
premiers temps du Système solaire
Ancien dessin du cirque Gassendi. Longtemps destination de voyages imaginaires, la Lune a commencée à être envisagée sérieusement comme un objectif accessible par quelques ingénieurs des premières décennies du XXe siècle engagés dans la mise au point des premiers moteurs de fusées (Robert Goddard, Robert Esnault-Pelterie, etc.). Mais il faudra attendre le lendemain de la seconde guerre mondiale, pour que la disponibilité de technologies développées à des fins militaires (principalement, les fusées V1 et V2 allemandes), ajoutée au contexte de la Guerre Froide placent dès 1953 au rang de priorité les programmes d'accès à l'espace. Atteindre la Lune étant alors très vite perçu comme le signe d'une maîtrise technologique requise pour le lancement de missiles intercontinentaux, et le symbole le plus évident de la victoire de l'un ou de l'autre camp dans ce nouveau conflit, si fortement teinté de propagande. Les premiers tirs de fusées en direction de la Lune datent de 1958, et dès l'année suivante, les premières sondes automatiques parvenaient effectivement jusqu'à notre satellite. Rapidement, ces coups d'essais ont appelé l'émergence de programmes de vols habités, tant du côté soviétique qu'Américain. C'est donc pour l'essentiel pour préparer l'arrivée du premier homme sur la Lune que sera programmée la frénésie de lancement qui ne cessent de se succéder au cours de la décennie qui suit. lancement. Finalement, trois ans seulement après le premier alunissage en douceur d'une sonde soviétique, le premier équipage américain du programme Apollo pose le pied en 1969 sur la Mer de la Tranquillité Depuis, on serait
tenté de dire que toute l'affaire tient en une seule phrase : on
a marché sur la Lune et on en est revenu. Au total une soixantaine
de voyages vers la Lune auront eu lieu. Près de 400 kilogrammes
ont de roches lunaires auront été rapportées sur Terre
pour y être étudiées. Seuls huit voyages (tous appartenant
au programme Apollo) auront été habités, dont six
alunissages, qui auront permis à douze humains de fouler le sol
de notre satellite. Pourtant, alors même que la Guerre Froide qui
a justifié tout cela n'apparaît plus que comme un spasme de
notre histoire, les premiers programmes d'exploration de la Lune ont modifié
en profondeur la vision que l'on peut avoir aujourd'hui du monde. Ils ont
marqué un tournant non seulement dans l'histoire des connaissances,
mais dans l'histoire humaine.
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