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Moi,
Non-Moi. - Dans la philosophie classique, l'âme
et le moi ne font qu'un seul et même être;
cependant il y a entre eux une grande différence. Le moi, c'est
l'âme qui a conscience d'elle-même,
qui se sent, qui se connaît, qui veut, et qui sait tout cela. C'est
donc l'âme à l'état réfléchi de développement,
mais ce n'est pas l'âme tout entière. Il y a des moments dans
la vie où l'âme ne se connaît pas, des états
dont elle n'a pas conscience; l'enfant qui vient de naître a une
âme, mais en lui le moi n'est pas encore. Celui-ci n'est réellement
que par la conscience et la volonté. L'école allemande, depuis
Kant,
a limité ou élargi l'idée du moi : Kant ne l'a vu
que dans la conscience, en distinguant un moi pur et un moi empirique;
celui-ci est la conscience appliquée aux faits sensibles; Fichte
fait du moi l'être absolu; pour Schelling
et Hégel, c'est une des manifestations de
l'être absolu. De telles interprétations sont loin de la vérité.
En s'élevant à l'état du moi, l'âme se distingue
de tout ce qui n'est pas elle; de son corps, qui
est à elle sans être elle-même, de toute la nature
extérieure, et de certains modes internes
qui changent, tandis que l'âme reste identique; toute cette opposition,
substance
ou mode, forme le non-moi. (R.). |
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