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Philosophie
Socratique. - Ce qui constitue la philosophie
socratique ne consiste pas dans un système,
ni même dans une école particulière. Par opposition
aux écoles antérieures et aux Sophistes,
Socrate
changea l'objet de la philosophie, en s'attachant bien plus à la
connaissance de l'humain qu'à celle
du monde, sa marche, en substituant la philosophie pratique à de
vaines spéculations; sa méthode,
en remplaçant l'affirmation hardie et dénuée de preuves
des premiers philosophes et les déductions sophistiques par l'observation,
l'analyse et l'induction.
En ajoutant à cela l'idée d'un Dieu-Providence,
d'une sanction de la loi morale après la mort,
on aura la philosophie socratique. Ce qui la distingue des écoles
précédentes, c'est surtout son caractère moral
: le sage, selon Socrate, ne s'occupe que de sa nature morale, ne consulte
que lui-même pour savoir ce qui est vrai et faire ce qui est bien.
Les Écoles qui sortirent du principe
socratique l'appliquèrent diversement et partiellement : les Cyniques,
les plus recommandables, ne présentèrent que son héroïsme
moral; les Cyrénaïques, son
sens pratique de la vie; les Mégariques,
sa dialectique, mais tous avec exagération.
L'école d'Elis ou d'Erétrie est
regardée comme ayant marché plus fidèlement sur les
pas du maître; peut-être est-ce, parce que cette école
a laissé moins de traces dans l'histoire.
Platon et Aristote
reproduisent la philosophie socratique dans sa méthode et dans ses
principes essentiels; on y retrouve l'esprit critique, qui n'était
pas le scepticisme, et qui distinguait avec
soin l'opinion de la science,
deux choses que le scepticisme confond volontiers. Platon s'attache de
préférence aux idées rationnelles
du beau, du vrai, du bien et du juste, que Socrate avait laissé
percer dans son enseignement. L'école d'Epicure
et celle du Portique se rattachent aussi à
quelques égards à Socrate; celui-ci anime de son souffle
toute la philosophie grecque, dont il est en quelque sorte le fondateur,
de même qu'on retrouve l'esprit de Descartes
dans un large pan de la philosophie moderne. (R.). |
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