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Essence
(du latin esse, être). - En philosophie,
on appelle essence d'un être l'ensemble des
qualités
sans lesquelles cet être ne peut exister. L'essence est donc invariable
et s'oppose ainsi aux accidents qui sont variables.
Ainsi, l'essence d'un triangle est d'avoir trois
angles et trois côtés; l'essence d'un
triangle rectangle est d'avoir un angle droit. De la même façon,
la formule H2O exprime l'essence chimique
de l'eau : cette eau peut être en grande ou en petite quantité,
avoir telle ou telle forme, se vaporiser, se solidifier en glace, demeurer
liquide, son essence reste la même; elle est toujours H2O;
sa quantité, sa forme, ses divers états, liquide, solide
ou gazeux, sont des accidents.
Et cependant l'eau
ne saurait exister sans avoir quelques-uns de ces accidents. Il faut, par
exemple, qu'elle soit liquide, solide ou gazeuse. Par conséquent,
l'existence doit se distinguer soigneusement
de l'essence.
L'essence est une
conception
de l'esprit, une abstraction;
l'existence confère la réalité
et comprend, outre l'essence, un certain nombre d'accidents indispensables
pour que l'être soit réel. C'est donc par une analyse
idéale, par une abstraction, que l'on arrive à distinguer,
dans l'être, essence des accidents.
L'essence doit encore
se distinguer de la substance, bien que beaucoup
de philosophes négligent cette distinction. L'essence n'exprime
en effet que la loi selon laquelle les attributs
invariables sont unis, c. -à-d. une abstraction, tandis que la substance
exprime la réalité profonde où cette loi se réalise
avec une disposition, une propension à réaliser les accidents.
Ainsi H2O, qui exprime l'essence chimique
de l'eau, n'exprime pas sa substance, qui est en outre une puissance, une
force déterminée à être tantôt liquide,
tantôt solide, tantôt gazeuse, et qui ne quitte un de ses états
que sous l'impulsion de circonstances extérieures. (G.
F.). |
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