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Relativité
(philosophie). - Les philosophes opposent
le relatif à l'absolu. Par l'expression
d'absolu, ils désignent ce qui se suffit à soi-même
et pour exister et pour être conçu,
au lieu qu'ils appellent relatif ce qui ne saurait être conçu
que par rapport à quelque autre chose,
ce qui donc ne se suffit ni pour exister ni pour être intelligible;
tel est, par exemple, chez Spinoza, le mode,
lequel n'a de sens qu'en tant qu'il détermine un attribut;
tel est encore l'attribut, lequel n'a de réalité
que dans la mesure où il détermine la substance,
cette dernière demeurant, en fin de compte, l'absolu unique et total.
La relativité, dans le langage ordinaire
des métaphysiciens, désignerait donc cette condition
générale de tous les objets, sauf
un, qui tombent sous les prises de notre pensée,
de se rapporter les uns aux autres, d'entrer dans des liaisons qui les
unissent ou dans des oppositions qui
les font contraster. Encore, pour cette unique exception que l'absolu présente,
a-t-on pu soutenir qu'elle était plus apparente
que réelle, attendu qu'on ne le pense
qu'en le mettant en antithèse avec son contraire, c.-à-d.
avec le relatif. Nommez le Dieu ,
si bon vous semble, vous n'arriverez pas à le concevoir en lui-même
et abstraction faite de toutes les existences
imparfaites, finies, relatives, qui ont dans le
flot divin le principe de leur existence. La
notion de relativité ainsi comprise a même constitué
l'une des objections les plus graves, la plus fondamentale à coup
sûr qui ait été dirigée contre la preuve ontologique
de l'existence de Dieu, preuve à laquelle on sait que Kant
ramenait tous les arguments possibles de la théologie
rationnelle. Cette preuve prend, comme donnée, le concept
d'être parfait, et de cela seul que ce
concept n'est pas contradictoire ou, en d'autres termes; est possible,
conclut que l'objet en est réel. Or, on a opposé parfois
à cette démonstration que
le passage qu'elle présume de le possibilité à l'être
est ici précisément illégitime, parce que toute existence
étant conditionnée, l'Être parfait, par cela seul qu'on
l'admettrait comme réel, tomberait sous des conditions, c.-à-d.
cesserait d'être absolu, d'être parfait.
Mais la notion de relativité a été
également entendue dans un sens différent, et cette seconde
acception est celle qui, grâce aux progrès
de la philosophie critique, a pris la plus grande importance. Elle ne désigne
plus alors la loi en vertu de laquelle tout objet est conditionné
par rapport à d'autres objets, mais bien cette autre loi
en vertu de laquelle tous les objets, quels qu'ils soient, sont conditionnés
par l'intelligence même qui se les représente. « Penser,
c'est conditionner », a dit William Hamilton,
ce qui revient à affirmer que toute chose, par le seul fait qu'on
la nomme, tombe sous l'action de la pensée. et par le seul fait
qu'on la pense, se conforme aux exigences de cette pensée elle-même.
Jusqu'à quel point peut s'étendre
cette action réfringente de la pensée sur ses objets? Ici
commencent les divergences et les doutes, qui peuvent
entraîner le critique aux conclusions extrêmes, soit de l'idéalisme
absolu, soit du scepticisme radical. Cet
objet, dira-t-on, que la la pensée pense, c'est-à-dire soumet
aux relations qui lui sont essentielles, à
ses catégories-nécessaires,
offre-t-il encore à l'esprit qui le contemple
quelque chose qui ne soit pas, comme disent les philosophes anglais, manufacturé
par l'intelligence? La réalité
qui, au dehors, lui correspond, est-elle quelque chose de plus, sinon une
simple occasion, une mise en jeu de notre mécanisme mental? L'objet
réel a donné peut-être uniquement la chiquenaude; les
formes
et déterminations n'ont été l'oeuvre que de l'esprit.
On est allé plus loin encore dans
la voie de ce que l'on a appelé, la relativité de la connaissance.
Ces relations elles-mêmes que la pensée
impose nécessairement à tout ce qu'elle se représente,
on s'est demandé si elles ne constituaient pas de simples manières
d'être, des dispositions anatomiques, si l'on
peut dire, de notre pensée, dispositions exclusivement subjectives,
dénuées de significations, si on vent les transférer
à l'univers objectif. L'illusion qui
nous porte à croire obstinément le contraire ne serait due
qu'à une nécessité de
notre nature, qui nous oblige à des croyances
trompeuses et préservatrices, qui nous fait, pour notre plus grande
utilité, réaliser hors de nous un monde que nous portons
en nous-mêmes et dont nous avons été les véritables
créateurs. Ce serait là une doctrine de relativisme extrême.
On devine quel parti le scepticisme ne saurait
manquer d'en tirer, s'il est vrai comme l'ont voulu Reid
et Hamilton, que la distinction du moi
et du non-moi, celle de la réalité
et de l'apparence, sont les premières
démarches de l'intelligence en quête
de la vérité. Il semble bien qu'une
prétention de ce genre ait été, comme l'a très
bien vu l'historien Grote,
hasardée par le grand sophiste-Protagoras
quand il disait :
«
L'humain est la mesure des choses, de ce qu'elles sont, dans la limite
ou elles sont, de ce qu'elles ne sont pas, dans la limite ou elles ne sont
pas ».
Et les maîtres de l'École
pyrrhonienne ( Pyrrhon,
Enésidème))
ne se sont pas fait faute de dériver d'une interrogation de ce genre,
l'une de leurs plus redoutables époques. Pour rompre le réseau
du relativisme sceptique la pensée toutefois possède une
ressource
héroïque : affirmer qu'elle ne fait qu'un avec l'être
et que ce dernier mot, si on fait abstraction de l'intelligence et de ses
formes éternelles, se vide de signification. Ce parti est celui
que suit l'idéalisme absolu.
(G. Lyon). |
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Relativité (mécanique).
- Ensemble des principes et conséquences
liées au passage entre différents systèmes de coordonnés
(ou référentiels) en mouvement relatif.
Relativité
galiléenne - Galilée le premier
a établi la relativité du mouvement. Une classe particulière
de référentiels est définie : les référentiels
galiléens, qui sont des systèmes de référence
en translation uniforme l'uns par rapport aux autres..
Relativité
restreinte - Théorie publiée en 1905 par Albert
Einstein. Elle repose sur le pricipe de l'invariance de la vitesse
de la lumière dans tous les référentiels galiléens.
La relativité restreinte établit un lien particulier entre
espace et temps et conduit à envisager comme une entité unique,
l'espace-temps. De plus la théorie établit une équivalence
entre la masse et l'énergie, selon la célèbre formule
d'Einstein E = mc².
Relativité
générale - Prolongement de la théorie de la relativité
de 1905, la relativité générale est le nom donné
à la théorie de la gravitation d'Einstein, publiée
entre 1915 et 1917, et qui envisage tous les référentiels
(et non pas seulement ceux qui sont en translation uniforme). Cette théorie
repose le principe d'équivalence, qui énonce que masse inerte
et masse grave sont équivalentes, autrement dit qu'il y a une identité
de nature entre les mouvements d'origine gravitationnelle (qui prennent
en compte la masse grave) et les mouvements inertiels accélérés
(qui prennent en compte la masse inerte). La relativité générale
conduit à interpréter la gravitation comme un effet de la
courbure
de l'espace-temps.
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J.-Louis
Bobin, E=mc²?,
Editions
le Pommier, 2010.
2746505096
E=mc²
: une formule magique nimbée de mystère qui enveloppe la
théorie de la relativité. Une vague idée, largement
popularisée, relie cette équation à l’énergie
nucléaire sous toutes ses formes : la bombe comme la centrale, confondues
parfois dans un même mouvement de réprobation. Comme toujours,
la réalité s’avère bien plus riche que cette vision
réductrice. Après nous avoir conduit à nous interroger
sur les concepts de masse et d’énergie, Jean-Louis Bobin nous explique
pourquoi et comment on en est arrivé à les associer et comment
la masse peut se transformer en énergie et inversement. (couv.).
Barbara
Haworth-Attard , La
théorie de la relativité, Thierry Magnier, 2007.
Nayla
Farouki, la Relativité, Flammarion (Dominos), 1993; Jean-Paul
Auffray, L'espace-temps, Flammarion (Dominos), 1996. Plus difficile
: Gianni Pascoli, la Gravitation, PUF (QSJ), 1989;
En
bibliothèque - Marie-Antoinette
Tonnelat, Histoire du principe de relativité, Flammarion,
1971. Françoise Balibar, Galilée, Newton, lus par Einstein,
PUF, 1984. Paul Couderc, la Relativité, PUF(QSJ), 1941/1977. |
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