 |
Apparence.-
L'habitude d'exercer simultanément le
sens du toucher et celui de la vue nous dispose à confondre l'étendue
et la figure réelles des corps avec leur
étendue et leur figure visibles ou apparentes. Lorsque l'on fait
la théorie de la perception,
il faut un certain effort pour distinguer ces propriétés
les unes des autres. Cependant, au prix de cet effort, on s'aperçoit
qu'il n'y a aucune ressemblance, ni pour les choses elles-mêmes,
ni pour les sensations que nous en éprouvons,
entre ces deux sortes de propriétés, et que c'est seulement
une association d'idées et une induction,
rendues extrêmement faciles, promptes et sûres par l'habitude,
sans devenir toutefois infaillibles, qui nous font juger de la réalité
par l'apparence, de la grandeur, de la figure, de la distance absolues
par la grandeur, par la figure visibles, par les dégradations de
la couleur et de la lumière. En qualifiant d'apparences les propriétés
visibles des corps, on ne prétend pas contester la réalité
de ces qualités; on veut dire qu'à
l'égard des notions dues au toucher, les notions dues au sens de
la vue sont seulement des signes sur la valeur desquels on doit toujours
prendre garde de se méprendre, sous peine de tomber dans un de ces
faux jugements que l'on considère improprement
comme le résultat d'une illusion naturelle
des sens, alors qu'ils résultent de la confusion, facile à
éviter, des données de sens différents. (B.E.). |
|