Rouages |
Le
mouvement diurne*
Le mouvement diurne apparent est la révolution
que les astres semblent effectuer autour de la Terre supposée immobile;
cette révolution fait que les étoiles, les planètes,
le Soleil et la Lune semblent se lever à l'Est, s'élever
au-dessus de l'horizon jusqu'à leur point culminant qu'ils atteignent
au milieu de leur rotation, puis redescendent et disparaissent à
l'Ouest, au-dessous de l'horizon (les étoiles circumpolaires restent
toujours au-dessus de l'horizon, participent au mouvement général
des astres qui se lèvent et se couchent). Ce mouvement est rétrograde.
L'arc
et le cercle diurnes - L'arc diurne est le nombre de degrés
que semble décrire un astre entre son lever et son coucher. Le cercle
diurne est le cercle dont un astre semble décrire la circonférence
par suite du mouvement diurne.
Parmi les astres, la plupart conservent entre
eux les mêmes positions relatives : leurs configurations restent
les mêmes; ce sont les étoiles dites fixes. Car tout se passe
comme si ces étoiles étaient fixées à une sphère
solide, qui tournerait d'orient en occident autour d'un de ses diamètres,
qu'on appelle l'axe du monde.
Axe
du monde* - On parle d'axe du monde pour désigner l'axe imaginaire
qui traverse la Terre et intersecte sa surface
et la sphère céleste à
leurs pôles géographiques et célestes,
respectivement, Nord et Sud. C'est donc l'axe de rotation
de notre planète.
A la surface de cette sphère idéale
d'un très grand rayon, qu'on appelle la sphère
céleste, imaginons une étoile. Il sera facile, suivant
sa position, de reconnaître si elle est circumpolaire, si elle reste
douze heures sur l'horizon, on bien n'y paraît pas du tout. Pour
les étoiles, le mouvement diurne consiste en ce qu'elles décrivent,
sans changer de position relative, des circonférences parallèles
dont les centres sont sur une même droite qui passe toujours à
proximité de l'étoile polaire du moment.
D'autres astres, tels que le Soleil, la
Lune, les planètes, les comètes, tout en participant au mouvement
diurne, ne conservent pas les mêmes positions relatives entre eux,
ni à l'égard des étoiles. On dit alors qu'indépendamment
de ce mouvement diurne, ils possèdent un mouvement
propre.
Le mouvement diurne de la sphère
céleste est parfaitement uniforme. Chaque étoile décrit
son parallèle dans le même temps, et ce temps est rigoureusement
le même à toutes les époques de l'année; il
n'a pratiquement pas varié depuis les siècles les plus reculés,
témoignant ainsi de la rotation, à peu de chose près,
constante de notre planète.
Soulignons, pour terminer, que les lois
du mouvement diurne ne s'observent rigoureusement, comme nous les avons
énoncées, qu'en tenant compte de la réfraction.
De plus, les étoiles ne sont pas absolument fixes, comme le croyaient
les Anciens, elles se déplacent sensiblement les unes par rapport
aux autres, mais de très petites quantités. Et c'est d'ailleurs,
la très petite valeur de leur mouvement propre qui explique que
la figure des constellations n'ait varié que très imperceptiblement
au cours de l'histoire humaine. Un grand nombre
d'autres corps parcourent le ciel tout en participant au mouvement diurne.
Les astres ne forment donc pas un système solide, comme le suppose
la conception de la sphère céleste; leurs distances sont
d'ailleurs très différentes et variables pour un même
astre. Ces considérations ont conduit naturellement à douter
de la réalité du mouvement du ciel, et à chercher
à expliquer les apparences, en attribuant à la Terre un mouvement
de sens contraire autour d'une droite parallèle à l'axe du
monde. Cette explication du mouvement diurne par la rotation de la
Terre rend compte tout aussi bien de l'ensemble des phénomènes
que nous avons décrits. Elle est plus facile à concevoir
mécaniquement; enfin, il en existe des preuves directes. (E.
R. / D. G. S.).-
-
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La rotation
de la Terre
Les
étoiles ne tournent pas réellement autour de la Terre, venons-nous
de dire, leur mouvement diurne n'est qu'une apparence produite par le mouvement
de rotation de la Terre.
Cette
proposition qui ne pose aujourd'hui aucun problème a été
dans le passé l'objet de débats. L'Antiquité connut
ainsi déjà ses partisans de la rotation terrestre, Héraclide
du Pont
et Aristarque de Samos .
Au Moyen Âge, leurs thèses furent encore discutées
par Buridan
et Oresme ,
puis, à partir la Renaissance, la cosmologie copernicienne ( Copernic ),
reprenant d'ailleurs certains arguments avancés au Moyen Âge,
installe les bases de la vision qui s'imposera finalement au XVIIe siècle,
même si c'est au prix de quelques convulsions comme le procès
de Galilée .
Parmi les arguments qui ont été produits historiquement en
faveur de la rotation de la Terre, on ne citera que les principaux :
+
Le premier repose sur l'invraisemblance de la révolution réelle
des astres selon ce que montre le mouvement diurne. Eu égard à
leurs distances, il faudrait que les étoiles se déplacent
à des vitesses gigantesque pour parvenir à boucler un tour
en une seule journée; il faudrait aussi pouvoir expliquer pourquoi
toutes sont animées exactement du même mouvement.
+
Le second argument repose sur une analogie : les autres planètes,
le Soleil, la Lune, les étoiles, notre Galaxie, etc., tournent sur
eux-mêmes. Il est difficile de croire que la Terre échapperait
à cette règle.
+
Enfin, il existe des arguments de nature dynamique. Nous citerons la diminution
de la pesanteur à la surface de la Terre quand on descend du pôle
vers l'équateur, qui ne peut être attribuée qu'à
l'augmentation de la force centrifuge due à la rotation de la Terre;
nous citerons encore la forme même de la Terre renflée à
l'équateur, aplatie vers les pôles, l'existence des vents
alizés, l'enroulement des perturbations atmosphériques, mais
aussi la belle expérience de Foucault
sur le mouvement du pendule, réalisée seulement en 1851,
et considéré comme l'argument le plus probant.
En première
approche, on pourra dire que la Terre tourne sur elle-même autour
d'un axe central d'un mouvement uniforme dont la durée de 24 heures
définit la longueur du jour. A y regarder de plus près, l'axe
de rotation de notre planète évolue cycliquement d'orientation,
selon diverses périodes, ce qui explique en particulier les phénomènes
dit de précession solaire
et de nutation. Et l'on peut même
constater, par le mouvement du pôle,
que la Terre n'est pas fixe par rapport à cet axe. De plus la durée
de la rotation est légèrement variable, comme l'avait déjà
envisagé Newton
et soupçonné Lalande .
Elle connaît d'infimes à-coups, sans doute explicables par
des causes internes (mouvements tectoniques, phénomènes liées
au champ magnétique terrestre), et surtout un ralentissement séculaire,
imputable, lui, à l'action de la Lune, explicable
par un effet de marée, et mis en évidence
notamment par les rapports des anciennes éclipses
et par certains fossiles. Ces diverses variations, importantes sur de longues
périodes, sont toutefois suffisamment petites à l'échelle
humaine pour justifier qu'on puisse les négliger la plupart du temps.
Ainsi, le ralentissement séculaire est-il évalué à
un peu moins de 2 millisecondes par jour. Depuis 1972, ce décalage
(ainsi que celui qui résulte de la différence de longueur
entre le jour civil, mesuré par les horloges atomique, et le temps
de rotation de la Terre) est compensé régulièrement
en ajoutant ou retranchant une seconde à la durée de l'année.
Terminons
en notant que la vitesse d'un point à la surface de la Terre du
fait de la rotation de celle-ci varie en fonction du cosinus de la valeur
absolue de la latitude. A l'équateur
elle prend la valeur maximale de 465 m/s; aux latitudes de Shanghai, du
Caire ,
de Porto Alegre ou de Durban (30°), elle est de 400 km/s environ; à
celles de Montréal, de Belgrade ou de Vladivostok (45°), elle
avoisine les 330 km/s; et elle est bien sûr nulle aux pôles
géographiques.
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En
librairie - Alexandre
Koyré, Chute des corps et mouvement de la Terre de Kepler à
Newton, Vrin. |
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Le lever et le
coucher des astres
Les levers et couchers d'un astre
sont en premier lieu les moments où l'astre apparaît ou disparaît,
respectivement, sous l'horizon, du fait du mouvement
diurne. Ces termes désignent également les dates
de l'année à laquelle ont lieu la
première apparition ou disparition d'un astre.
Les positions relatives des étoiles
dans le ciel ( La
sphère céleste) restent sensiblement fixes, les points
de l'horizon où on les voit se lever ou coucher ne changent pas,
si ce n'est à un long intervalle de temps, par l'effet de la précession
des équinoxes. Il en est autrement du Soleil,
de la Lune et des planètes,
qui se déplacent parmi les étoiles en vertu de leur mouvement
propre. Ainsi, du solstice d'hiver
au solstice d'été, le Soleil se lève
et se couche en des points de plus en plus rapprochés du Nord;
le contraire a lieu du solstice d'été au solstice d'hiver.
Aux équinoxes, ce point de lever et de
coucher se trouve sur la perpendiculaire à la méridienne,
et il fixe ce qu'on appelle proprement le levant, l'est ou l'orient, dans
le cas du lever, et le couchant, l'ouest ou l'occident dans le cas du coucher.
Des noms ont été donné
dans le passé à certains levers et couchers d'étoiles,
en relation avec les levers et couchers du Soleil. Ils s'agissait de ce
qu'on appelait les levers et couchers cosmiques, acronyques et héliaques.
On les a qualifié aussi couramment de levers (et couchers)
poétiques, parce que ces termes sont fréquemment
employés dans les oeuvres d'Hésiode
et dans les Fastes
d'Ovide
:
Lever
et coucher cosmiques - Quand une étoile se lève ou se
couche en même temps que le Soleil, cela s'appelait le lever
ou le coucher cosmique. Il est évident que, dans l'un comme
dans l'autre cas, l'étoile est elle-même absolument invisible
à cause de l'éclat des rayons du Soleil.
Lever
et coucher acronyques (ou acronique) - On nommait lever acronyque
l'instant où l'étoile se lève quand le Soleil se couche,
et coucher acronyque l'instant où l'étoile se couche,
quand le Soleil se lève. Ces expressions sont les opposées
du lever et du coucher cosmiques, et pourraient tout aussi bien se remplacer
par celles de lever
et de coucher du soir. On notera que pour qu'une étoile fût
visible dans de telles conditions, il faudrait non seulement un horizon
exceptionnellement pur, sans trop de lueur crépusculaire,
mais il faudrait encore que l'étoile fût de particulièrement
brillante.
Lever
et coucher héliaques* - Les anciens astronomes donnaient le
nom de lever héliaque au lever d'un astre, lorsque cet astre,
après avoir été en conjonction avec le Soleil, et
par conséquent invisible (l'éclat du Soleil empêchant
de l'apercevoir), se levait assez tôt avant ce dernier pour être
visible à l'orient, dans le crépuscule du matin. Ils appelaient
coucher
héliaque, l'immersion d'un astre dans les rayons du soleil,
qui rendaient cet astre invisible, ou la disparition d'un astre à
l'horizon occidental après le coucher du Soleil. Ce genre d'observation,
facile à faire avec une bonne vue et un horizon libre, constitue
le fond de l'astronomie des anciens. C'est sur les levers et les couchers
héliaques des étoiles qu'ils pensait que les dieux
réglaient les rythmes de la nature : l'ordre des travaux agricoles,
comme les temps propres à la navigation; en Égypte, c'était
le lever héliaque de Sirius (Grand Chien),
aussi appelé lever sothiaque*, qui marquait le début
de l'année.
Les astres circumpolaires*
Un astre ou une
constellation
sont dits circumpolaires lorsqu'ils restent toujours au-dessus de
l'horizon, au cours du mouvement diurne. Cette
caractéristique dépend de la distance angulaire de l'astre
au pôle céleste et de la latitude
de l'observateur : un astre est circumpolaire quand la distance de cet
astre au pôle est moindre que la hauteur
du pôle au-dessus de l'horizon. Une étoile circumpolaire passe
deux fois par jour sidéral au méridien : une première
fois en allant de l'est à l'ouest, dans l'hémisphère
Nord. C'est son passage supérieur; une seconde fois en allant au
contraire de l'ouest à l'Est, c'est son passage inférieur.
Aux latitudes les plus élevées, les objets du Système
solaire peuvent aussi être circumpolaires, c'est le cas notamment
du Soleil (au-delà du cercle polaire, c'est-à-dire de 66°
33', et même dès 66°, du fait de la réfraction
atmosphérique), qui alors, donne lieu au phénomène
du Soleil de minuit.
-
Hut
Point, minuit, le 27 mars 1911 (Dernière expédition de
Scott). Le soleil de minuit ressemble à un coucher de soleil
ordinaire. C'est l'endroit et le moment où cela se passe qui font
toute la différence... (Source :
NOAA
Photo Library).
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Mise
en ordre |
Le
temps astronomique
Si les philosophes
apprennent qu'on ne peut définir le temps, on peut, par contre,
le diviser en partant de cette donnée que deux phénomènes
égaux ont même durée, et on peut aussi conséquemment
le mesurer. La seconde, qui est l'unité de temps adoptée
aujourd'hui, a été définie à partir de phénomènes
atomiques à l'occasion de la treizième conférence
internationale des poids et mesures qui s'est tenue en 1967 : une
seconde correspond à la durée de 9192 631 770 périodes
de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux
hyperfins de l'état fondamental du césium-133. Auparavant,
les phénomènes célestes étaient la base de
cette définition, et les astronomes distinguent, d'ailleurs toujours
aujourd'hui, suivant que la base prise est ou la marche du Soleil;
ou sa marche moyenne, ou celle des étoiles,
différentes façons de mesurer le temps, dont la pertinence
dépend du contexte de travail. On définit ainsi en particulier,
à côté de mesures du temps qui reposent sur la durée
de la révolution de la Terre autour du Soleil
( L'Année
et les saisons), des mesures basées sur sa période de
rotation : le temps vrai ou solaire, le temps moyen, le temps sidéral.
On y ajoutera le temps civil, qui se rapproche du temps moyen, et le temps
lunaire.
Ces temps, cadencés
par le mouvement diurne, s'expriment en jours* solaires, jours moyens et
jours sidéraux, etc., lesquels se divisent tous en 24 heures, puis
chaque heure 60 minutes, et chaque minute en 60 secondes. Le jour se définit
par l'intervalle entre deux passages supérieurs consécutifs
d'un astre au méridien d'un lieu donné. La durée de
cet intervalle dépendra de l'astre considéré. Celui-ci
peut être réel (Soleil, étoile, Lune, etc.) ou fictif
(position moyenne du Soleil, point vernal,
etc.).
Le jour solaire
vrai.
Le jour solaire vrai
est l'intervalle de temps compris entre deux passages consécutifs
du soleil au même méridien. Il est très variable
: d'une part, en effet, la vitesse du Soleil sur l'écliptique
est elle-même variable, diminuant du périgée
à l'apogée pour augmenter, au contraire,
de l'apogée, au périgée; d'autre part, du fait de
l'obliquité de l'écliptique,
deux arcs égaux de cette courbe déterminent sur l'équateur,
lorsqu'on les y projette, des arcs inégaux, et ils emploient conséquemment
des temps. inégaux à passer au méridien. Le jour solaire
le plus long est le 23 décembre; le plus court est le 16 septembre.
Jour solaire moyen.
Le jour solaire
moyen est la moyenne d'un très grand nombre de jours solaires vrais.
Le temps moyen auquel dont il est l'unité a été imaginé
pour remédier à l'inégalité des jours solaires
vrais. Il est réglé sur l'hypothèse de deux soleils
fictifs : le premier, parcourant l'écliptique d'un mouvement uniforme,
- ce qui corrige l'inégalité de vitesse du Soleil vrai, et
passant en même temps que ce dernier au périgée et
à l'apogée; le second, le Soleil moyen, parcourant l'équateur
avec la même vitesse que le premier parcourt l'écliptique,
- ce qui corrige l'obliquité de celle-ci, - et passant en même
temps que lui à l'équinoxe. Le mouvement du Soleil moyen
est ce qu'on appelle le mouvement solaire moyen et, du fait même
de l'uniformité de ce mouvement, du fait que le Soleil moyen parcourt
l'équateur avec une vitesse constante, l'intervalle entre deux passages
consécutifs de ce soleil au méridien d'un même lieu
est ce jour solaire moyen (également appelé
jour
moyen) aussi, constant.
La différence
entre l'heure moyenne, telle qu'elle se trouve déterminée
par le temps moyen, et l'heure vraie, telle qu'elle résulte du temps
solaire, est ce qu'on appelle l'équation du temps :
Équation
du temps* ( Équation
personnelle*). - L'équation de temps se
définit comme la durée qu'il faut ajouter « algébriquement
» au
temps moyen pour le convertir en temps vrai. Autrement dit, il est la différence
entre le midi moyen et le midi vrai, le midi moyen étant donné
par le passage au méridien d'un soleil fictif parcourant l'équateur
d'un mouvement uniforme en partant du point vernal, origine des ascensions
droites, en même temps que le soleil vrai, pour arriver à
l'équinoxe de printemps de l'année suivante juste au même
moment. C'est aussi la correction qu'il convient d'appliquer à l'heure
donnée par les cadrans solaires pour obtenir l'heure moyenne. Elle
résulte de deux types de variations, dont elle est la somme. La
première, dite équation de
cendre, a une période annuelle et s'explique par l'excentricité
de l'orbite terrestre (en vertu de la deuxième loi
de Kepler, la Terre ne parcourt pas son orbite toujours à la
même vitesse). La seconde, aussi appelée équation de
l'inclinaison de l'écliptique, obéit à une période
bisannuelle, et s'explique par l'obliquité de l'axe terrestre. Il
s'ensuit que l'équation du temps est nulle quatre fois par an vers
les époques suivantes : 16 avril, 15 juin, 2 septembre et 25 décembre;
elle passe par son maximum, 16 mn 20 s, vers le 4 novembre. Notons au passage
que l'on peut avoir, par ailleurs, à une ou deux minutes près,
l'heure moyenne à midi vrai en, prenant le milieu entre les heures
moyennes du lever et du coucher du Soleil.
Évolution
de l'équation du temps au cours de l'année.
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Le jour civil
A côté
du temps moyen véritable et venant s'y superposer, on a défini
jusqu'en 1960 sur des bases astronomiques, un temps civil, ou temps moyen
officiel, qui résultait de l' « unification de l'heure »,
et substituait à l'heure locale une ou plusieurs heures légales,
définies par le système des fuseaux horaires (et par la prise
en compte éventuelle d'heures d'été et d'heures d'hiver).
Le jour civil, pris pour unité, se calquait par sa durée
sur le jour solaire moyen, avec un décalage
de 12 heures (temps civil = temps moyen +12), et est l'intervalle
de temps que la Terre doit mettre pour faire un tour complet sur elle-même,
lorsque l'on suppose qu'elle est animée d'une vitesse moyenne invariable,
et qu'elle exécute 365,2425 révolutions dans une année
moyenne du calendrier grégorien.
On peut rattacher une autre définition à celle du temps civil,
celle du temps universel :
Le
temps universel (T.U.) - C'est le temps civil de Greenwich, qui joue
un rôle particulier, du fait que les longitudes sont comptées
à partir du méridien de Greenwich.
Le temps civil, désormais défini
par le temps des horloges atomiques, est appelé temps universel
coordonné (TUC). Le jour TUC est d'environ 0,9 seconde plus
long que le jour moyen.
Ajoutons que les
jours civils sont regroupés en semaines,
périodes de sept jours, et en mois, de durées
variables, mais qui rassemblent en général entre 28 et 31
jours.
Le jour sidéral.
Le jour sidéral,
unité de mesure du temps sidéral, est la durée mesurée
par les passages successifs du point vernal au méridien, instant
où l'on compte 0 heure. La durée de l'intervalle jusqu'au
passage suivant est donc le jour sidéral. Le jour sidéral
est pratiquement constant. Il est toujours un peu moins long que le jour
solaire : pendant qu'en effet notre globe accomplit une révolution
complète sur son axe, le Soleil parcourt sur l'écliptique
un certain arc dans le sens de son mouvement propre, c.-à-d. en
sens contraire du mouvement diurne des étoiles, et il met, par suite,
un peu plus d'un jour sidéral pour revenir au méridien. e
jour sidéral est aussi plus court que le jour moyen; la différence,
- constante, puisque le jour sidéral et le jour moyen ont l'un et
l'autre une durée uniforme, - est de 3 mn 55,91 s de temps moyen,
en sorte que la durée du jour sidéral, exprimée en
temps moyen, est de 23 h 56 mn 4,09 s. Sous forme de fraction décimale;
le rapport du jour moyen au jour sidéral est égal à
1,0027379091.
-
Translation
et rotation de la Terre
(jour
sidéral et jour solaire).
Le jour stellaire.
Le jour stellaire,
qui est l'unité du temps stellaire, est très proche du jour
sidéral. Il mesure la durée entre par les passages
successifs d'une même étoile, au non plus du point vernal,
au méridien d'un même lieu. En raison de la précession
des équinoxes, le point vernal se déplace d'environ 50" par
dans la ligne des écliptiques : le jours stellaire est donc plus
court de 0,008 s que le jours sidéral.
Le Jour lunaire.
Le jour lunaire
est l'intervalle de temps compris entre deux passages consécutifs
de la Lune au même méridien. Il est
plus long de cinquante-deux minutes environ que le,jour solaire moyen.
Cela correspond à l'intervalle qui sépare deux marées
consécutives en un même lieu, puisque les marées
sont surtout dues à l'action de la Lune sur les eaux de la mer.
Les
carrefours de la journée
Le jour et la
nuit
Lorsque l'on considère la période
pendant laquelle le Soleil est au-dessus de l'horizon, on parle du jour
naturel. Le terme s'oppose à la nuit, dont il est séparé
par le crépuscule, un intervalle de
durée plus ou moins longue qui précède le lever ou
suit le coucher du Soleil. Le milieu du jour s'appelle midi, le milieu
de la nuit, minuit.
Le jour naturel. - On appelle
jour naturel, par opposition à la nuit, l'espace de temps pendant
lequel le Soleil reste au-dessus de l'horizon. Le jour varie en raison
inverse de la nuit, et que, deux fois seulement par année, aux équinoxes,
sa longueur est égale à celle de celle dernière.
La nuit. - La nuit est, par opposition
au jour, dont elle forme le complément, l'intervalle de temps compris
entre le coucher et le lever du Soleil. Pourtant, il ne fait réellement
nuit, au sens propre du mot, qu'assez longtemps après le coucher
du Soleil, et il cesse de faire nuit bien avant son lever; la lumière
indécise, intermédiaire entre le jour et la nuit, constitue,
le soir, le crépuscule, et le matin, l'aurore (ou crépuscule
du matin).
-
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Pourquoi
fait-il nuit la nuit?
Au
premier abord, il semble que la cause de la nuit se résume à
l'absence du Soleil au-dessus de l'horizon. Mais quid des étoiles,
qui sont d'autres soleils? Pourquoi leur lumière ne prend-elle pas
le relais pour nous assurer un jour permanent? Une réponse tout
aussi évidente, si elle ne reposait pas sur un raisonnement circulaire,
consisterait à dire qu'elles ont beau être très nombreuses,
elles sont trop éloignées pour briller suffisamment et nous
assurer la clarté.
Comme
Kepler
l'avait exprimé en premier, et comme cela sera formulé ensuite
de diverses manières, notamment par Olbers ,
cela ne suffit pas. Si les étoiles sont uniformément réparties
dans un espace indéfiniment grand, la somme de l'énergie
lumineuse qu'elles rayonnent devrait être équivalente à
celle du Soleil. Il devrait donc faire jour aussi la nuit.
Cette
impasse, connue aujourd'hui sous le nom de paradoxe d'Olbers*, a
trouvé sa première (et principale) solution en 1828 sous
la plume d'Edgar Poe ,
dans son ouvrage Eurêka (on la trouvera aussi exprimée,
peut-être indépendamment, par Arago
vers 1850, dans son Astronomie populaire). Ces auteurs notent simplement
que s'il fait nuit, c'est parce que les étoiles n'existent pas de
toute éternité et la lumière des plus lointaines d'entre
elles n'a pas encore pu nous parvenir. Cette lumière encore "sur
le chemin" manque donc au bilan final, et il fait logiquement nuit la nuit...
La
cosmologie relativiste qui s'est imposée au XXe siècle permet
de donner plusieurs explications qui concourent à la résolution
dudit paradoxe. Mais la principale, et la plus facile à comprendre,
reste ici encore celle qu'avaient donnée les auteurs du siècle
précédent : dans un univers en expansion, qu'il soit spatialement
fini ou indéfiniment grand, en effet, une limite existe toujours
pour l'âge des plus anciennes étoiles; on n'a donc pas à
considérer la contribution d'une nombre indéfiniment grand
de sources lumineuses.
D'autres
explications, de nature différente ont également été
données, en particulier par Benoît Mandelbrot sans son ouvrage
sur Les objets fractals (1976, div. réed.). Pour cet auteur,
il suffit que la distribution des étoiles ne soit pas uniforme,
mais hiérarchisée de telle sorte qu'elle répondent
aux critères qui définissent les objets mathématiques
qu'il décrit, pour que le paradoxe puisse être levé.
Une perspective tout à fait compatible avec les conceptions actuelles
de le mode de hiérarchisation des grandes structures
cosmiques.
On
ajoutera que depuis 1998, l'analyse des données recueillies par
le télescope spatial infrarouge ISO a donné une nouvelle
jeunesse à la question évoquée ici. On s'est en effet
rendu compte à cette occasion que le paradoxe d'Olbers devait être
reformulé pour tenir compte aussi de la contribution (importante)
de l'énergie que rayonnent dans l'infrarouge les poussières
chauffées par les premières étoiles.
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En
librairie - Edward
Harrison, Le noir de la nuit, une énigme du cosmos, Le Seuil,
1998; Edgar Poe, Contes, Essais, poèmes, Robert Laffont,
coll. Bouquins, 1989;ou bien Eurêka, Le Castor astral, 1993;
Benoît Mandelbrot, Les objets fractals, Flammarion, réed.
coll. Champs, 1999.
Pour
les plus jeunes : Armelle Barnier, Pourquoi la nuit il fait noir? (et
neuf autres questions essentielles de Zoé), Le Petit Musc, 2001.
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Les Grecs désignaient la réunion
de ces deux portions de la durée par le mot de nycthémère,
qui n'a pas de terme correspondant en français.
De
temps immémorial le nycthémère a été
partagé en 24 parties ou heures, mais plusieurs peuples de l'Antiquité
ont suivi, du moins pendant un certain temps, une division toute différente.
Ainsi,
dans les poèmes homériques, le jour naturel est divisé
en 3 parties seulement. La première, èôs ,
commençait avec le lever du Soleil et durait tant que la lumière
de cet astre semblait augmenter, c.-à-d. jusqu'à midi. La
seconde, meson hèmar, était le moment où, parvenu
au plus haut point de sa course, le Soleil paraît suspendre son mouvement.
Enfin, la troisième était appelée deilè
ou deieion hèmar, parce que c'est effet après midi
que la température est le plus élevée. La dernière
partie du deilè était quelquefois désignée
par les mots poti esperan ou boulutos. Après l'époque
d'Homère ,
la première et la seconde partie de la journée furent divisées
chacune eu deux parties. La première moitié du matin fut
appelée prôi ou prôi tès hèmeras,
et la seconde plèthiusès tès agoras, ou
peri plèthousan agoran. Le meson hèmar d'Homère
reçut le nom de peièmbria, de meson hèmeras,
ou de mioè hémera, et comprit comme précédemment
le milieu du jour. Quant aux deux parties de l'après-midi, elles
furent appelées deilè prôiè ou prôia,
et deilè oyiè ou oyia.
Durant
les premiers siècles de leur histoire, les Romains divisèrent,
comme les Grecs, le jour proprement dit en 3 parties, mane, meridies,
et suprema (sous-entendu tempestas). Néanmoins la
division la plus généralement suivie à Rome
était celle qui partageait le jour en deux moitiés, tempus
ante meridianum et tempus post meridianum (temps avant midi,
temps après midi), midi étant simplement considéré
comme le point de séparation des deux moitiés de la journée.
La
longueur moyenne du jour naturel
au
solstice de juin en fonction de la latitude.
Le crépuscule.
Le crépuscule correspond en premier
lieu à lueur dans le ciel qui suit le coucher du Soleil ou qui précède
son lever. Celle-ci est causée l'éclairement des couches
supérieures de l'atmosphèrepar
le Soleil déjà (ou encore) sous l'horizon. Le crépuscule
du matin est appelé aurore ou aube. Par extension, le crépuscule
est également un intervalle de temps qui précède ou
suit immédiatement la traversée du plan de l'horizon par
le Soleil. Selon la latitude du lieu et le moment de l'année, le
crépuscule peut également entièrement supplanter la
nuit. Ainsi, dans les régions polaires, y a-t-il de longues nuits
de plusieurs mois, qui sont aussi la plupart du temps de longs crépuscules.
Bien sûr ces durées sont variables au fil de l'année
parce que la course du Soleil n'est pas toujours inclinée de la
même façon.
Dans la pratique trois définitions
du crépuscule sont couramment adoptées :
Le
crépuscule civil a été introduit pour définir
le moment le moment où la clarté a suffisamment baissé
pour qu'il soit nécessaire de recourir à l'éclairage
urbain. On a convenu ainsi qu'il dure tant que le Soleil est situé
à moins de 6° sous l'horizon, en tenant compte de la réfraction
atmosphérique, qui élève celui-ci d'une hauteur approximative
de 36", lorsqu'il est à l'horizon. Aux latitudes supérieures
à environ 58°, il existe une période de l'année
où le crépuscule civil du soir se termine exactement quand
commence le crépuscule civil du matin, et pendant laquelle, il ne
fait jamais complètement nuit. Ce moment si particulier nourrit
l'imaginaire des pays nordiques sous le nom de nuits blanches.
Le
crépuscule astronomique, dont la définition repose sur
le besoin de situer le moment à partir duquel la nuit sera suffisamment
noir pour offrir des conditions d'observation des astres optimales, dure
tant que le Soleil est situé à moins de 18° sous l'horizon,
en tenant compte ici encore de la réfraction. Aux latitude supérieures
à environ 49°, il existe une période de l'année
où le crépuscule astronomique du soir se termine exactement
quand commence le crépuscule astronomique du matin, et pendant laquelle,
il fait nuit, mais la nuit n'est pas totale, et l'on ne peut pas voir les
étoiles les plus faibles. Le phénomène est déjà
sensible au solstice d'été à la latitude de Paris
(48° 52').
Le
crépuscule nautique dure tant que la position du Soleil, corrigée
de la réfraction atmosphérique, est supérieure à
12° sous l'horizon. On estime que c'est la condition pour que les formes
générales des objets situés à terre (ou sur
mer) puissent encore être distinguées par beau temps.
Midi.
Le midi vrai, qui détermine le
commencement du jour solaire vrai est, en un lieu quelconque de la surface
du globe, l'instant précis du passage du centre du Soleil au méridien
de ce lieu. Il ne coïncide que quatre fois par an, à raison
de la forme et de l'obliquité de l'écliptique, avec le midi
moyen ou midi civil, qui est le milieu du jour solaire moyen - au moins
dans les usages civils, par les astronomes font partir le temps moyen,
aussi bien que le temps vrai, de midi - et sur lequel sont réglées
les horloges; l'écart, ou équation du temps, variable chaque
jour, atteint jusqu'à un quart d'heure, tantôt en plus, tantôt
en moins. A son tour, l'instant du midi moyen varie, par définition
même, avec la longitude du lieu; ainsi, tandis qu'il est midi à
Paris, il est déjà 1 h 53 du soir à Saint-Pétersbourg
et il n'est encore que 6 h 55 du matin à New York. Enfin,
dans chaque pays (en France depuis la loi du 15 mars 1891), il existe une
heure légale unique, qui est généralement celle d'un
grand observatoire (en France, celui de Paris), en sorte que, dans toutes
les localités du pays, le midi légal est le midi moyen du
lieu de l'observatoire en question.
N.
B. - Midi est aussi synonyme de Sud ( Le
repérage des astres).
Minuit.
C'est le moment
où le centre du Soleil se trouve dans la partie du Méridien
qui est au-dessous de l'horizon. C'est à ce moment où commence
le jour civil, qui finit au moment où le Soleil est de retour au
même méridien, après une révolution entière.
--
|
Au point
du jour...
L'instant
du lever et de coucher du Soleil, minuit et midi sont autant d'instants
bien définis qui se prêtent à servir de repères
à partir desquels commencer le jour. De fait, toutes les possibilités
ont été explorées. Les Babyloniens ,
les Assyriens, les Perses, etc. commençaient à compter
le leur du lever du Soleil; de sorte que c'était alors que commençait
la première heure. Cela se pratiquait encore à la fin du
XIXe siècle à Majorque et à Nuremberg. Dans l'Antiquité,
les Athéniens et les Chinois le comptaient plutôt du coucher
du Soleil, comme se sera d'ailleurs encore le cas jusqu'au début
du XIXe siècle en Italie, en Pologne, en Autriche, et en Bohème,
et comme c'est encore aujourd'hui le cas dans l'organisation de certains
rituels religieux (Dans le Judaïsme ,
par exemple).
De
nos jours, cependant, l'usage le plus général consiste à
commencer le jour à minuit (commencement du jour civil), comme le
faisaient aussi les anciens Égyptiens et Romains. Selon les pays
et les habitudes, on comptera alors 12 heures jusqu'à à midi,
recommençant ensuite à compter 12 autres heures de midi à
minuit, ou bien on adoptera un décompte (le seul reconnu légalement)
de 0 à 24 heures.
Hipparque
faisait lui aussi commencer ses jours à minuit. mais en général,
les astronomes, qui traditionnellement observent le ciel plutôt la
nuit, il leur est plus commode de commencer le jour à midi (ou vers
midi, au passage du Soleil au méridien). Ainsi le rapport d'une
nuit d'observation ne se retrouve-t-il pas scindé en deux dates
différentes. Les astronomes (à la manière qui était
déjà celle de Ptolémée
et des anciens Arabes) comptent 24 heures de suite de midi jusqu'au midi
suivant, de sorte qu'après minuit, au lieu de recommencer à
compter une heure, 2 heures, etc., ils comptent 13 heures, 14 heures :
ainsi, lorsque le commun des mortels compte le 3 avril à 10 heures
du matin, les astronomes comptent le 2 avril à 22 heures.
Ajoutons
que les mots matin et soir peuvent aussi avoir des sens différents
selon les contextes. On utilisera ainsi le terme de matin pour désigner
l'intervalle entre minuit et midi, si l'on adopte une définition
astronomique, ou pour désigner l'intervalle entre le lever du Soleil
et midi, dans le cas où l'on envisage le jour naturel. Et la même
remarque peut être faite pour le mot soir qui sert à désigner,
soit l'intervalle entre midi et minuit, soit celui entre midi et le coucher
du Soleil. |
Les
heures*
Les heures
sont des parties du jour. Elles se divisent elles-mêmes en 60 parties
égales, qu'on appelle minutes; les minutes en 60 parties égales,
appelées secondes; et les secondes, normalement en dixièmes,
en centièmes de seconde, etc. Mais on pourra également trouver
chez les anciens auteurs une division des secondes en 60 parties égales,
que l'on nomme tierces; les tierces en 60 parties égales, appelées
quartes; les quartes en 60 parties égales, nommées quintes,
etc.
Comme le mot jour peut avoir plusieurs
sens, correspondant à des durées différentes, on comprend
qui ce soit aussi le cas pour les heures, qui par ailleurs, pour une définition
donnée du jour, peuvent représenter des modes de partition
de la durée différents.
Les astronomes distinguent trois sortes
d'heures : l'heure solaire ou la vingt-quatrième partie du jour
solaire vrai; l'heure moyenne ou la vingt-quatrième partie du jours
solaire moyen; enfin l'heure sidérale ou la vingt-quatrième
partie du jour sidéral. Cette dernière a une durée
constante; l'heure moyenne est plus longue d'environ dix secondes; l'heure
solaire de grandeur variable est peu usitée. Comme la révolution
apparente des astres s'effectue en vingt-quatre heures, une heure de temps
vaut donc 360° / 24 = 15°; pareillement, une minute de temps.
vaut 15' d'arc, une seconde de temps vaut 15" d'arc.
Lorsqu'on appelle jour la durée
entière de la révolution apparente du Soleil autour de la
Terre, une heure en est toujours la vingt-quatrième partie; mais
lorsqu'on ne donne le nom jour qu'à la durée de la présence
du Soleil au-dessus de l'horizon (jour naturel), comme le faisaient autrefois
les Romains, dont le jour commençait, on l'a dit, au lever du Soleil
et finissait à son coucher, une heure était seulement la
douzième partie du jour. Ces dernières heures étaient
inégales; parce qu'on divisait toujours le jour en douze parties,
et la nuit en douze autres parties, quelle que fût la longueur de
l'un et de l'autre. (Barré / D.V. / Brisson).
En
Grèce, la division du jour en cinq parties évoquée
plus haut resta en usage pendant toute l'Antiquité. Cependant, la
division du jour en heures n'était pas inconnue et fut couramment
utilisée pour les travaux astronomiques. Anaximandre ,
suivant les uns Anaximène ,
d'après les autres, l'avait faite connaître en même
temps que le cadran solaire babylonien, par lequel la jour était
partagé en 12 parties ou heures d'égale longueur. Romains,
eux, ne commencèrent à employer la division du jour en 12
heures qu'à l'époque où ils eurent à leur tour
connaissance du cadran solaire, c.-à-d. vers 291 av. J.-C. Plus
tard, quand Scipion Nasica (159 av. J. C.), eut
fait construire une clepsydre publique, l'un des officiers du préteur
fut chargé d'observer cet instrument, et d'annoncer la troisième,
la sixième et la neuvième heure, l'usage s'étant alors
introduit de partager le jour, ainsi que la nuit, en quatre parties, de
3 heures chacune. Leurs heures, suivant un usage qui était déjà
celui des Égyptiens
ou des Chaldéens
étaient consacrées, chacune, à une divinité
en relation avec les astres.
Chez
les anciens peuples qui partageaient le nycthémère en 24
heures, plusieurs comptaient ces 24 heures de suite, de une à 24.
Les heures étaient égales entre elles : ces heures égales
sont désignées par Galien
sous le nom d'heures équinoxiales. D'autres, tels que les Grecs
et les Romains, quand ils adoptèrent cette manière de diviser
le jour, formaient deux groupes consécutifs, de 12 heures
chacun, l'un pour le jour proprement dit, c'est-à-dire pour le temps
où le Soleil est visible sur l'horizon; l'autre pour la nuit, c'est-à-dire
pour le temps compris entre le coucher et le lever de cet astre. Dans ce
second système, les heures étaient nécessairement
inégales. En effet, non seulement elles ne pouvaient avoir la même
longueur dans les pays situés sous des latitudes différentes,
mais encore, dans le même lieu, elles augmentaient depuis les équinoxes
jusqu'aux solstices, et décroisaient depuis les solstices jusqu'aux
aux équinoxes. II n'y avait égalité entre les heures
du jour et celles de la nuit que deux fois par an, le 21 mars et le 23
septembre, parce que, à ces deux dates, le jour et la nuit ont la
même durée. Pour éviter la confusion qui pouvait résulter
de ces deux manières de compter les heures, Ptolémée
avait soin, quand il calculait ses observations, de convertir les heures
du second système, qu'il appelait temporaires en heures équinoxiales.
La différence qui existe entre les deux espèces d'heures
a été observée pour la première fois par les
astronomes de l'école d'Alexandrie .
Latitude
(Nord et Sud)
|
Exemples
(latitudes approximatives)
|
Jour
le plus long
|
Jour
le plus court
|
|
0°
|
Équateur,
Libreville, Kampala, Nairobi, Singapour,
Îles Galápagos,
Quito
|
12 h 00 mn
|
12 h 00 mn
|
|
5°
|
Bogota, Cayenne, Abidjan,
Douala, Kinshasa,
Dar-es-Salaam, Bruneï,
Djakarta,
|
12 h 17 mn
|
11 h 43 mn
|
|
10°
|
Panama, Caracas, Recife,
Conakry, Luanda, Addis-Abeba, Djibouti, Mayotte, Ho-Chi-Minh, Port Moresby,
îles Marquises
|
12 h 35 mn
|
11 h 25 mn
|
|
15°
|
Guatemala, Martinique,
La Paz, Brasilia, Dakar, Lusaka, Khartoum, Sanaa, Manille, Bangkok
|
12 h 53 mn
|
11 h 07 mn
|
|
20°
|
Mexico, Antananarivo,
Djeddah, Réunion, Bombay,
Hanoï, Nouméa
|
13 h 13 mn
|
10 h 47 mn
|
|
25°
|
Tropiques (23°
27'), Miami, La Havane, São Paulo, Johannesbourg, Louxor, Riyad,
Qatar, Karachi,Taï-Peï
|
13 h 34 mn
|
10 h 26 mn
|
|
30°
|
Nouvelle Orléans,
Porto Alegre, Durban,
Le Caire, Koweit, Shanghaï,
Lhassa
|
13 h 56 mn
|
10 h 04 mn
|
|
35°
|
Los Angeles, Santiago,
Buenos Aires, Rabat, Le Cap, Chypre, Téhéran, Kaboul, Tokyo,
Sydney, Wellington,
|
14 h 22 mn
|
09 h 38 mn
|
|
40°
|
Denver, New-York, Valdivia,
Madrid, Ankara, Bakou, Tachkent, Pékin, Melbourne
|
14 h 51 mn
|
09 h 09 mn
|
|
45°
|
Montréal, Turin,
Sébastopol, Almaty
|
15 h 26 mn
|
08 h 34 mn
|
|
50°
|
Vancouver, Winnipeg,
îles Falklands, Kerguelen, Paris, Luxembourg, Prague, Kharkov, Volgograd,
|
16 h 09 mn
|
07 h 51 mn
|
|
55°
|
Cap Horn, Belfast, Copenhague,
|
17 h 07 mn
|
06 h 53 mn
|
|
60°
|
Anchorage, îles
Orcades du Sud et Shetland du Sud, îles Shetland, Bergen, Stockholm,
Saint-Pétersbourg
|
18 h 30 mn
|
05 h 30 mn
|
|
65°
|
Fairbanks, Reykjavik,
Arkhangelsk
|
21 h 09 mn
|
05 h 21 mn
|
|
66° 33'
|
Cercles polaires,
Rovaniemi, Détroit de Béring,
Sation Dumont-Durville,
|
24 h 00 mn
|
00 h 00 mn
|
Durées
du jour le plus long et du jour le plus court de l'année pour différentes
latitudes.
|
|