 |
Démonstration.
- Nous percevons un corps, et nous affirmons qu'il
est étendu, coloré, etc. Nous sommes témoins d'un
acte de probité, et nous prononçons qu'il est juste. De ce
principe,
que la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre,
nous concluons qu'un côté d'un triangle
est plus petit que la somme des deux autres et plus grand que leur différence.
Ces notions se présentent à nous avec une évidence
irréfragable; les posséder, c'est ce qu'on appelle savoir;
les transmettre aux autres avec la même autorité, c'est démontrer.
Les axiomes et les définitions
a priori sont des vérités
indémontrables,
évidentes par
elles-mêmes, principes fondamentaux de toute démonstration.
Faire passer l'évidence des principes dans les conséquences,
telle est l'oeuvre de la démonstration : on part de vérités
évidentes (par elles-mêmes ou par démonstration antérieure),
pour arriver à rendre évidentes des vérités
qui ne sont pas telles d'abord, et tout le mécanisme de la démonstration
consiste à prouver que celles-ci sont contenues dans celles-là.
La démonstration
affecte certaines formes soumises à des règles précises
et invariables, et dont l'ensemble constitue la théorie du Syllogisme.
La logique de Port-Royal résume ainsi,
d'après Pascal (De l'Esprit Géométrique),
les règles de la démonstration :
1°
prouver toutes les propositions un peu obscures,
en n'employant à leur preuve que les définitions qui auront
précédé, ou les axiomes qui auront été
accordés, ou les propositions qui auront déjà été
démontrées;
2°
n'abuser jamais de l'équivoque des termes, en manquant de substituer
mentalement les définitions qui les restreignent et qui les expliquent.
Les démonstrations
géométriques se présentent sous forme de théorèmes,
de problèmes, de réciproques,
de corollaires, etc.. Dans certains cas, où
la démonstration directe est impossible, on fait ce qu'on appelle
une démonstration par l'absurde, en prenant pour point de départ
une hypothèse contraire à la
proposition qu'on veut démontrer; on arrive à montrer que
cette hypothèse conduit nécessairement à quelque contradiction.
L'inconvénient de ce genre de démonstration, qu'on ne doit
employer que faute de mieux, c'est de prouver, non pas que les choses sont
d'une certaine façon et encore moins pourquoi, mais seulement qu'on
ne peut pas concevoir sans absurdité qu'elles soient autrement ( Apagogie).
(B-E.).
 |
En
bibliothèque- Aristote, Derniers
Analytiques, traité complet de la Démonstration; Pascal,
De l'Esprit Géométrique; Logique de Port-Royal,
IVe partie. |
|
|