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Trompés
par le mouvement apparent des astres, les astronomes ont considéré
la Terre ,
durant de longs siècles, comme occupant le centre du monde. Certains
penseurs de l'Antiquité, tels Aristarque,
par exemple, ont réfuté cette position centrale, et admettaient
qu'elle puisse tourner autour du Soleil .
D'autres, tels que les Pythagoriciens, supposaient
qu'elle tournait, ainsi que le Soleil et les autres planètes, autour
d'un mystérieux feu
central. Mais il était très difficile d'échapper à
ce qui s'imposait comme une évidence,
et aussi, dans la physique à l'oeuvre
depuis Aristote, comme une nécessité.
Il faudra attendre
la Renaissance ,
pour que Copernic remette à l'ordre du
jour l'idée que la Terre est un astre, une planète
comme les autres, qui tournerait autour du Soleil. Il a exposé ce
point de vue le livre I de son De Revolutionibus orbium cœlestium.
Il a, dans le même livre, montré en outre que la Terre tourne
sur elle-même et, dans le livre III, il a confirmé, en le
précisant, le phénomène
de la précession
des équinoxes ,
déjà signalé, celui-là, par Hipparque,
un siècle et demi avant notre ère. Reste que, comme le pressentent
certains auteurs, à l'image de Giordano Bruno,
pour que ce nouveau système du monde soit acceptable, une nouvelle
physique doit être élaborée. Ce sera l'oeuvre du XVIIe
siècle. Beaucoup de noms devraient
être mentionnés ici. On retiendra surtout celui de Galilée,
qui va commencer à construire cette nouvelle science
autour des notions de la relativité
du mouvement et du principe d'inertie. Newton
en parachèvera les concepts en y ajoutant
ceux de force et d'attraction
universelle.
La forme et les
dimensions de la Terre.
Reconnaître
en la Terre une planète n'est qu'un aspect de la découverte
de notre globe. Sa forme et ses dimensions ont également été
débattues depuis l'Antiquité grecque ( L'histoire
de la géodésie ).
La croyance à la sphéricité de la Terre a été
professée dès le VIe
siècle av. J.C. par l'école
de Pythagore. Elle ne s'est répandue
toutefois qu'après avoir reçu l'adhésion de Platon
et d'Aristote : la Terre était généralement
considérée, avant eux, comme un disque aplati ( La
géodésie dans l'Antiquité ).
Contrairement à l'idée reçue,
la sphéricité de la Terre reste admise au Moyen âge
par la plupart des auteurs. Le point de vue fondamentaliste sur ce point
d'un Lactance, d'un Saint
Augustin, ou d'un Cosmas Indicopleuste, qui
s'en tiennent à l'image de la Terre plate qui résulte de
la lecture littérale des textes bibliques
est peu représentatif.
Quoi qu'il en soit,
les voyages maritimes entrepris à partir du XVe
siècle sont venus lever les derniers
doutes. C'est ici que se placent les audacieuses entreprises de Vasco
de Gama et de Christophe Colomb, notamment,
et qui préparent les grandes circumnavigations (Magellan,
Drake,
Cook,
etc.), en même temps qu'elles inaugurent un vaste mouvement de découverte,
de cartographie et d'exploration des océans et des continents, dont
on pourrait dire qu'il ne s'est toujours pas achevé, l'exploration
de la Terre depuis l'espace ayant aujourd'hui pris le relais. Par ailleurs,
au XVIIIe
s. de grandes expéditions géodésiques,
destinées à mesurer le méridien à l'équateur
(dirigée par La Condamine) et à
la latitude du cercle arctique (conduite par Maupertuis)
ont
montré que notre planète est, abstraction faite des inégalités
de sa surface, un sphéroïde de révolution légèrement
aplati vers les pôles ( La géodésie
aux XVIIe et XVIIIe
siècles ).
La structure
et l'évolution de la Terre.
L'intérieur
de la Terre, sa structure, dont la connaissance vont de pair avec celle
de son passé, a également été l'objet ancien
de spéculations nombreuses. Dès que l'on a dépassé
l'idée que l'intérieur de la Terre était la demeure
des défunts ( Enfers ,
etc.), il a fallu composer une fois encore avec la lecture littérale
de la Bible ,
qui restera jusqu'à la fin du XIXe
siècle le principal obstacle aux
avancées de la géologie (et de la biologie!). Il a ainsi
fallu d'abord admettre (en contradiction avec celle, inférieure
à dix mille ans, que donnaient les Écritures) d'inscrire
le passé de notre planète dans une chronologie longue (plusieurs
millions d'années ,
puis plus tard, plusieurs milliards) . Il a fallu aussi vaincre un second
obstacle, contre lequel, cette fois on ne eut rien : l'impossibilité
d'accéder aux régions profondes de la Terre (et aussi à
son passé le plus lointain). On a dû se contenter de déchiffrer
les indices laissés à la surface ou près de celle-ci
(fossiles, montagnes, volcans, sources, tracé des côtes, superposition
des couches de terrains, etc.).
Deux grandes théories
se sont ainsi affrontées à partir de la fin du XVIIIe
siècle. Celle de Werner
(Neptunisme, 1792)
qui imaginait que l'intérieur de la Terre était fait d'eau,
et que l'eau était aussi l'agent des transformations géologiques,
et celle de Hutton (Plutonisme, 1795),
qui attribuait ce même rôle au feu niché dans les régions
profondes de notre planète. Après bien des discussions, dans
laquelle intervenaient également des arguments d'ordre cosmogonique ,
après aussi une longue période de stagnation, un nouvelle
image s'est imposée, qui a fait table rase de la plupart des conceptions
anciennes. Son point de départ remonte à Alfred
Wegener, qui en 1912,
avait proposé sa théorie de la dérive des continents.
Une théorie, finalement, acceptée, sous une forme d'ailleurs
nouvelle, appelée la théorie de la tectonique des plaques,
seulement à partir de la fin des années 1960. |
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