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On
donne le nom de Platoniciens aux philosophes qui ont suivi les doctrines
de Platon. L'école philosophique, fondée
dans Athènes
par Platon vers 388 av. J. C. et représentée par ses continuateurs
directs a pris plus spécialement le nom d'Académie.
Elle tirait son nom d'un jardin
qui avait appartenu primitivement à un certain Académus,
et dans lequel Platon donnait ses leçons.
Ceux,
dit Cicéron (Académiques,
I 4), qui, suivant l'usage institué, par Platon, continuèrent
à s'assembler et à s'entretenir dans l'Académie, empruntèrent
leur nom à ce lieu.
C'est ainsi qu'il se transmit successivement,
1° à l'école de Speusippe,
neveu et disciple immédiat de Platon, dite Ancienne Académie
(Academia
vetus); 2° à celle d'Arcésilas,
ou Moyenne Académie
(Academia media);
3° à celle de Carnéade ou
Nouvelle Académie
(Academia nova).
Quelques-uns,
ajoute Bouillet, admettent une quatrième
et même une cinquième Académie, dont les chefs seraient
Philon
et Antiochus; ceux-ci se rapprochèrent
de la véritable doctrine de Platon, et tâchèrent de
la concilier avec le stoïcisme
L'Ancienne
Académie.
L'Ancienne Académie,
dans
la personne de Speusippe, de Xénocrate,
de Polémon, de Cratès
et de Crantor, paraît avoir suivi assez
fidèlement la tradition platonicienne. Cependant, on reproche à
Speusippe et à Xénocrate d'avoir rétrogradé
vers les idées pythagoriciennes.
La seule opinion de quelque importance que Speusippe semble avoir été
le premier à émettre, est relative à l'union des sciences
et à la possibilité de les rattacher les unes aux autres.
En prétendant que, pour bien définir quelque chose que ce
soit, il faut, en raison de cette solidarité universelle, tout savoir,
afin d'être capable de donner toutes les ressemblances et toutes
les différences de la chose définie, peut-être Speusippe
assigna-t-il à la science des conditions trop difficiles à
remplir et déposa-t-il par là dans l'Académie
les germes du scepticisme qui s'y développa
avec Arcésilas.
La
Moyenne Académie.
C'est à l'aide des témoignages
souvent peu concordants de Cicéron, de
Diogène
Laerce, de Sextus Empiricus et de Plutarque,
qu'il faut essayer de se rendre compte de la doctrine d'Arcésilas.
A la fois platonicien et sceptique, c'était peut-être comme
préparation à l'enseignement des doctrines platoniciennes,
qu'il attaquait par le doute, et par un mode de discussion qui rappelait
la manière de Socrate, les opinions dogmatiques
des autres écoles, et notamment celles du stoïcisme,
qui venait de prendre naissance avec Zénon de
Citium ,
son condisciple sous Polémon. Toutefois
le résultat le plus clair de cette habitude de disputer parait avoir
été le doute poussé fort loin, puisque, au témoignage
de Cicéron, Arcésilas allait jusqu'à nier qu'on pût
rien savoir, pas même qu'on ne sait rien (Acad., I, 12), et
qu'il ajoutait que rien de ce que perçoivent les sens et l'esprit
n'est certain (de Orat., III, 18).
La
Nouvelle Académie.
Ce que Carnéade,
fondateur de cette école, ajouta de plus remarquable au scepticisme
de la précédente, ce fut la doctrine du probabilisme
(eulogistia).
Sans croire plus qu'Arcésilas à
la certitude d'aucune notion, Carnéade admettait une vraisemblance
ou probabilité (piqanon)
plus ou moins grande, dont il reconnaissait trois degrés. C'est
à propos de cette opinion, comparée à celle des Pyrrhoniens,
qui n'admettaient pas même que certaines choses fussent plus vraisemblables
que d'autres, que Montaigne a émis ce
singulier jugement :
"L'advis
des Pyrrhoniens est plus hardy, et quant et quant plus vraysemblable."
(Essais, liv. II, chap. XII).
Ce fut sous cette forme et dans cette mesure
que les doctrines de l'Académie passèrent à Rome ,
où, enseignées d'abord par Carnéade
lui-même, qui faisait partie de l'ambassade envoyée en 155
av. J C. par les Athéniens, elles
arrivèrent, par l'intermédiaire de Clitomaque,
de Lacyde, de Philon de Larisse et d'Antiochus
d'Ascalon, à Cicéron qui en
a été le plus brillant interprète, et qui, outre ce
qu'il en dit dans de nombreux passages de ses autres ouvrages, leur avait
consacré spécialement son livre des Questions académiques,
dont nous ne possédons qu'une partie.
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Ajoutons que les astronomes de l'Ecole
Platonicienne notèrent de nombreuses observations célestes
qui, plus tard, servirent à Hipparque
et à Ptolémée. Le plus
célèbre astronome de cette École, Eudoxe
(409-356 av. J.-C.), de Cnide ,
compta l'année de 365 jours 6 heures et inventa, croit-on, le cadran
solaire horizontal. (B-E.). |
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