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Pensée.
- C'est tantôt le principe intelligent
lui-même ( intelligence),
tantôt et plus souvent l'acte dans lequel il se manifeste, pris dans
le sens le plus général, et sans acception d'objet
ni de degré. On veut dire par là que le nom de pensée
désignera aussi bien un souvenir qu'une perception
présente, un jugement qu'une simple conception.
Descartes
va plus loin : en donnant pour point de départ à sa philosophie,
et pour base à toute certitude, le fait
de l'existence personnelle, je suis, attesté
par la conscience, je pense, il est tout disposé
à envelopper sous cette désignation commune toutes les formes
de l'activité morale, et même à faire de la pensée
le fond même de notre être :
"Qu'est-ce
que je suis? dit-il (2eMédit.);
une chose qui pense. Qu'est-ce qu'une chose qui pense? C'est une chose
qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut,
qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent."
Qu'on dise que c'est
le même principe qui sent, pense et veut, à la bonne heure;
mais c'est confondre mal à propos les différentes fonctions
de ce principe que de les ramener ainsi à un type unique. Toute
science
vit de distinctions, et les distinctions les meilleures sont celles qui
correspondent le plus exactement aux différences
que présentent dans la nature les phénomènes
ou groupes principaux de phénomènes. Or, quoi de plus différent
qu'une sensation, une pensée, une résolution
volontaire? La même nécessité d'analyse doit faire
distinguer dans la pensée, suivant la nature des objets auxquels
elle s'applique et les conditions dans lesquelles elle s'exerce, les modes
secondaires de la conscience, de la perception extérieure, de la
mémoire,
de la liaison, et les différentes fonctions du raisonnement;
à un autre point de vue, les opérations de plus en plus compliquées
de la simple conception, du jugement et du
raisonnement. (B-E.). |
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