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L'Epinomis. - On ne sait si l'auteur de cet ouvrage était Platon ou son disciple Philippe d'Oponte. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un texte qui intéresse à plus d'un titre l'histoire de l'astronomie.

L'auteur de l'Epinomis, par la voix des deux personnages qu'il met en scène, s'interroge pour commencer sur ce que sont les connaissances utiles pour atteindre la sagesse, et celles qui ne méritent aucune considérations. Au rang de ces dernières, il placera celles des techniciens, des devins et des artistes. Et la seule connaissance, finalement, qui aura grâce à ces yeux, sera celle du Nombre. Toute imperfection dans ce que font les hommes, note-t-il provient d'ailleurs d'une méconnaissance du Nombre. Or, le Nombre nous est enseigné, par un dieu bien spécial, le dieu Ciel (Ouranos). C'est du Ciel, en effet, que vient la connaissance que nous avons de l'un et du deux, du pair et de l'impair, née simplement du constat de la succession du jour et de la nuit. Quant au multiple, sa connaissance provient des différences qui apparaisent dans la succession des jours et des nuits et qui sont manifestes dans l'aspect changeant de la Lune. La Lune dont le cycle règle les mois, qui eux-mêmes scandent les années.

Au-delà du nombre, il y a les cinq polyèdres réguliers, les cinq solides, qui correspondent aussi aux cinq éléments dont tous les êtres sont constitués. Et plus particulièrement les vivants, mélanges complexes des éléments dont la proportion est aussi l'indice de degrés de perfection divers. Nous autres, mortels, surtout composés de terre, nous errons. Loin de connaître la sagesse, nos conduites sont désordonnées. Puis viennent trois catégories de démons. D'abord les nymphes et autres "génies aquatiques", qui sont autant d'entités associées à l'eau, et d'une importance particulière dans le religion grecque, puis leux deux catégories des démons aériens et éthérés, intermédiaires invisibles entres les dieux et nous, que nous pouvons cependant voir apparaître dans nos rêves et dans nos hallucinations. Viennent enfin les les astres, faits de feu, sont les plus parfaits des vivants. Ceux sont donc les dieux eux-mêmes.. L'immuabilité de leur mouvement le signe le plus évident de leur perfection : ils n'ont pas à modifier leur course, puis qu'elle est parfaite! Quant à savoir, si les astres sont réellement vivants, la question ne se pose même pas :

"Il n'est pas possible que la Terre, que le Ciel, que tous les astres sans exception, que toutes les masses absolument dont les astres sont constitués, réalisent avec toute l'exactitude que nous constatons, à moins qu'une âme ne soit jointe à chacun d'eux ou même n'existe en chacun d'eux, leur marche selon le cours, ou de l'année, ou des mois, ou des jours, et que tout absolument tourne ainsi au bien de nous tous absolument! " (Traduction : Léon Robin, 1950).
Vient ensuite le classement des astres en huit puissances distinctes : le Soleil, la Lune, "l'étoile du matin, qui est aussi l'étoile du soir", c'est-à-dire l'astre d'Aphrodite (Vénus), celui d'Hermès (Mercure) (tous deux guidés dans leurs cours par le Soleil), puis l'astre de Cronos (Saturne), celui de Zeus (Jupiter) et enfin celui d'Arès (Mars). Cette association des noms de certains dieux avec les planètes est toujours en usage aujourd'hui. Mais l'auteur n'est pas à son origine. Il se contente ici d'entériner les conceptions qui sont déjà celles de ses contemporains.

Enfin, la huitième puissance, curieusement placée dans son exposé entre la mention des planètes intérieures et celle des planètes extérieures, est le Cosmos. Il est formé des "étoiles fixes" (que l'auteur ne désigne jamais comme telles), dont le cours va à l'opposé des autres.

L'ouvrage se termine par une invitation à l'étude des mathématiques et de l'astronomie, seul chemin viable vers la Sagesse.

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Dictionnaire Le monde des textes
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