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Mars
est l'une des trois planètes telluriques
du Système solaire. C'est la plus
petite et la plus éloignée du Soleil.
Elle partage également nombre de caractéristiques avec les
petites
planètes, parmi lesquelles ont pourrait aussi la ranger. Surnommée
la planète rouge, Mars doit sa couleur de rouille à la présence
à sa surface de nombreuses roches riches en fer oxydé. Les
pôles
sont recouverts de calottes blanches composées, comme sur Terre,
de glace.
Dans
le passé, Mars a attiré l'attention pour de nombreuses raisons.
Sa couleur rouge éclatante, lui a conféré une
valeur symbolique particulière dans de nombreuses sociétés.
Cela explique que l'on découvre des mentions de Mars dans les plus
anciens documents astronomiques connus. En Mésopotamie, en Chine,
ils remontent à plus de 4000 ans. Avec l'apparition des premières
lunettes astronomiques, ce sont les détails que l'on a commencé
à distinguer à la surface de Mars qui signalé sa singularité.
La planète
possédait des calottes de glace, mais aussi des continents et, semblait-il
des océans, et peut-être même une végétation
changeante au fil des saisons... Un monde à
la fois semblable et différent de la Terre, un monde avec son atmosphère
qui était parfois le siège de tempêtes et d'autres
phénomènes météorologique qui nous sont si
familiers. Un monde, en somme, propice à tous les emballements de
l'imagination. Certes, l'exploration spatiale, depuis les années
1970, a transformé notre vision de la planète, et on ne croit
plus depuis belle lurette, comme on s'en était persuadé à
la fin du XIXe siècle, qu'il y ait des canaux sur Mars, pour y réguler
la circulation des eaux. Et les Martiens, aujourd'hui, ne se rencontrent
plus que dans les ouvrages de science-fiction. Mais en a-t-on vraiment
terminé avec tous les fantasmes suscités par cette planète? .
L'hémisphère sud de Mars, au
sol très ancien, est couvert de nombreux cratères
creusés par des météorites .
Au nord de la planète, au contraire, la surface a été
rajeunie par les coulées de laves d'immenses volcans aujourd'hui
éteints. Plusieurs de ces volcans, tel le plus grand du Système
solaire, Olympus Mons, dépassent les 20 km d'altitude.
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Bord
du cratère martien Victoria, exploré par le robot Opportunity.
Le
promontoire au premier plan a été surnommé le Cap
Saint-Vincent.
Surce
: NASA/JPL/Cornell.
Bien que son atmosphère,
principalement composée de gaz carbonique, soit très ténue,
Mars connaît des climats comparables à ceux de notre planète.
Des nuages de glace se forment parfois sur les flancs des montagnes en
été. Des brumes apparaissent au-dessus des pôles en
hiver. Parfois le vent soulève d'énormes tempêtes de
sable visibles depuis la Terre. En toutes saisons,
la planète reste un monde très froid. La température
moyenne y est de -23°C.
L'eau
cachée de Mars - L'analyse d'une roche martienne grâce
étudiée grâce au robot de la sonde Opportunity ( L'exploration
de Mars )
a révélé des indices jugés solides de l'existence
passée d'eau liquide en quantités importantes à la
surface de Mars. La conclusion des chercheurs de la Nasa, qui ont fait
cette annonce début mars 2004, repose sur la convergence de plusieurs
indices révélées par l'étude de cette roche
baptisée El Capitan : la présence dans la roche étudiée
de sulfates de fer et de magnésium, qui ne se forment normalement
sur Terre, que dans de l'eau liquide, ajoutée à l'observation
de morphologies en principe caractéristiques des roches sédimentaires
(des strates qu'une activité éolienne pourrait, il est vrai,
aussi expliquer), ainsi que celle de petites cavités interprétées
comme le résultat de la croissance d'anciens cristaux, tout cela
concorde donc assez pour penser qu'il y a probablement plus d'un milliard
d'années la région de Meridiani Planum où s'est posée
la sonde a pu être recouverte d'eau.
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El
Capitan. (Image : NASA/JPL/Cornell).
Peut-être
plus probantes encore sont les comparaisons de divers clichés pris
depuis 1999 par les caméras de l'orbiteur de la mission Mars Global
Surveyor, de Mars Odyssey et de Mars Express, qui montrent des changements
à la surface de Mars qui pourraient s'interpréter comme des
traces laissées par des écoulements d'eau très récents.
Pour un responsable de la Nasa, "ces observations fournissent à
l'heure actuelle la preuve la plus forte que de l'eau liquide coule encore
occasionnellement à la surface de Mars".
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Changements
observés à l'intérieur d'un cratère de la Terra
Sirenum.
Le
premier cliché date de 2001, le second de 2005; la troisième
image montre un agrandissement de la traîné claire apparue
dans l'intervalle.
(Image
: NASA/JPL/Malin Space Science Systems ).
Ces
découvertes, qui semblent significatives, n'en sont pas pour autant
une surprise. On disposait déjà d'indications de présence
d'eau sous forme de vapeur dans l'atmosphère martienne et sous forme
de glace aux pôles. Il était également déjà
possible de déduire des diverses traces d'épanchements et
de ravinements repérées en de nombreux endroits que des masses
liquides - mais était-ce de l'eau? - avaient joué un rôle
dans la géologie passée de Mars. Simplement, il restait encore
à assembler les différentes pièces de ce puzzle.
Ainsi,
selon les conceptions actuelles, quand les volcans de Mars étaient
encore en activité, ils libéraient dans l'atmosphère
d'énormes quantité de gaz carbonique et de vapeur d'eau.
Ces gaz provoquent un effet de serre. Le climat de la planète rouge
était donc plus chaud qu'actuellement. L'atmosphère était
riche en vapeur d'eau et il se formait des nuages qui retombaient en pluie,
comme sur Terre. L'eau a ainsi dû être impliquée dans
la formation du plus grand canyon du Système solaire, la Vallée
Marineris.
Mais
lorsque les volcans se sont éteints, l'atmosphère de Mars
n'a plus été renouvelée. Elle s'est peu a peu évanouie
dans l'espace. Beaucoup de vapeur d'eau a ainsi été perdue.
Les fleuves ont disparu. L'effet de serre lui a diminué et le climat
s'est refroidi. L'eau qui subsistait est alors devenue glace. Elle reste
désormais cachée, croit-on, dans le sous-sol ou sous la forme
de banquises polaires.
Une
atmosphère sous catalyse - Grâce aux conditions d'observation
très favorables présentées par Mars lors de son opposition
de 2003, des études conduites à l'aide du télescope
James Clerk Maxwell (Hawaii), ont pour la première fois mis en évidence
la molécule de peroxyde d'hydrogène
(H202)
dans l'atmosphère martienne. Les chercheurs s'attendaient à
ce que sur Mars, comme sur la Terre, la présence
de catalyseurs dans l'atmosphère joue un rôle clé dans
les cycles chimiques les plus importants. Un rôle justement attribué
par less modèles théoriques au peroxyde d'hydrogène.
Cette molécule qui est le composant actif de notre "eau oxygénée"
pourrait donc ainsi bien commander à la logique du fonctionnement
chimique de l'atmosphère martienne. On notera au passage que la
présence de cet antiseptique, ajoutée au rayonnement UV qui
frappe l'atmosphère de Mars et à l'absence d'eau à
la surface de la planète contribue encore à faire douter
que des micro-organismes aient pu se développer à la surface
de notre voisine.
Satellites : Phobos
et Deimos
Mars possède deux très petits
satellites
de forme irrégulière, Phobos et Deimos. leur composition
apparemment très différente de celle de Mars contribue à
faire penser qu'il s'agit d'astéroïdes
capturés. Leur densité et leur couleur extrêmement
sombre rappelle les chondrites carbonées
(météorites de type C). La roche dont sont constitués
ces satellites, supposée poreuse et riche en carbone, pourrait également
contenir de l'eau.
Phobos
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Deimos
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Troyens
On sait depuis 1990 que Mars possède
plusieurs troyens. Le premier découvert
est Eurêka (Astéroïde n° 5261), un objet qui rappelle
les astéroïdes de type A. Un autre en 1998 (classe S ou D),
un autre en 1999 (avec des caractérises qui le rapprocheraient de
Phobos), et trois autres encore, découverts en 2001. Tous précèdent
la planète sur son orbite de 60° (point
de Lagrange L5), sauf celui de 1999, qui la suit, écartée
de la même distance angulaire (point de Lagrange L4).
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En
librairie - Francis Rocard, Planète
rouge, Mars : mythes et explorations, Dunod, 2003. - Pierre Lagrange,
Hélène Huguet, Sur Mars (le guide du touriste spatial),
EDP Sciences, 2003. - Philippe Morel et al. Au plus près de Mars,
Vuibert, 2003. - Serge Brunier, Observer Mars (avec une carte de Mars,
niveau débutant à amateur confirmé), Bordas, 2001.
- François Costard, La planète Mars, PUF (QSJ), 2000.
- Charles Frankel, La vie sur Mars, Le Seuil, 1999.
Eugène
Antoniadi, La planète Mars, Burillier.
Romans
: Ray Bradbury, Chroniques martiennes, Gallimard, 2001; Fredric
Brown, Martiens, go home!, Gallimard, 2000;
H.G.
Wells, La Guerre des mondes, Gallimard, 1998.
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