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D'une
manière générale, les Grecs
donnaient le nom de tyrans (turannoi)
aux chefs d'Etats ou de cités qui tenaient leur pouvoir, non de
l'hérédité ou du jeu normal des institutions, mais
d'un acte de violence, et qui l'exerçaient sans limite ni responsabilité.
Deux périodes
doivent être distinguées dans l'histoire de la tyrannie en
Grèce.
La première
de ces périodes correspond à peu près au VIIe
et au VIe siècle av. J.-C. Les tyrans
de cette époque furent presque partout, dans la Grèce propre
et dans les colonies ,
des chefs populaires qui mirent fin à la puissance de l'oligarchie
: soutenus par la foule, qui souffrait depuis longtemps du despotisme
et de l'avidité des familles riches, ils s'emparèrent du
pouvoir par surprise : tels furent Cypselus
à Corinthe.
Théagène à Mégare,
Orthagoras et Clisthènes à Sicyone ,
Pisistrate
à Athènes,
Polycrate à Samos ,
Phalaris à Agrigente,
Gélon à Syracuse .
Ces
tyrans furent presque tous « des hommes doués de qualités
brillantes, qui furent estimés de leurs contemporains, non seulement
parce qu'ils pratiquèrent une politique modérée, mais
aussi parce qu'ils firent preuve d'un véritable dévouement
au bien public, d'un zèle éclairé pour l'ordre et
les bonnes moeurs, et parce que souvent ils encouragèrent vivement
les lettres et les arts » (Schoemann).
Plus tard, au IVe,
siècle, d'autres tyrans soumirent à leur autorité
certaines villes de la Grèce
et surtout de la Sicile ;
ils profitèrent de l'anarchie dans laquelle
était tombé le gouvernement de ces villes; leur pouvoir s'appuyait
le plus souvent sur des armées ou des bandes de mercenaires; tels
furent Jason de Phères en Thessalie ,
Denys
de Syracuse ,
et, au IIIe siècle. Nabis de Sparte.
Ces tyrans furent souvent des despotes odieux et cruels : de là
vint le sens général que le mot tyrannos;
prit alors dans la langue grecque et dont
a hérité le mot français tyran.
(J. Toutain). |
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