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| Muses, Musae,
Camœnae,déesses
grecques des sciences et des arts. D'abord divinités de l'inspiration
poétique et musicale dans le Panthéon des anciens Grecs,
elles ont passé ensuite dans celui des Romains.
Leur nom , qui parait être en rapport avec celui de mania
= délire, et de mantis = prophète, s'applique, sous
la forme du singulier, au chant pris en lui-même et aussi à
la faculté créatrice qui le produit; mais ces deux emplois,
qui sont les premiers logiquement, sont postérieurs dans la réalité
au sens personnifié; celui-ci se rencontre déjà dans
les poèmes homériques, puis aussitôt chez Hésiode.
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Muses. Détails d'un sarcophage grec. On reconnaît de droite à gauche, Melpomène, Uranie et Terpischore. Musée du Louvre. Pour Homère,
la Muse est tantôt unique, tantôt multiple, mais dans les deux
cas d'une personnalité assez vague : les Muses chantent et ont la
science universelle. Dans une partie récente de l'Odyssée Leur culte est originaire de la Thrace Ce nombre est cependant loin d'être fixe; nous avons déjà dit que tout d'abord la Muse dut être conçue comme unique et l'idée de cette unité persiste dans la suprématie donnée à Calliope sur ses soeurs. Sur l'Hélicon, elles ont été d'abord trois, à qui les mythologues plus récents ont donné les noms allégoriques de : Melété (la Méditation); Mnémé (la Mémoire); Aoïdé (le Chant); à Delphes, elles sont trois encore et dénommées d'après les tons bas ou hauts de l'échelle tonique : Nété (la note basse); Mésé (la note moyenne); Hypaté (la note élevée). Delphes est le centre principal du culte d'Apollon, le dieu de la lyre, d'où la prédominance de la notion musicale dans la conception des Muses, alors qu'en Thrace y surabonde la notion poétique. Nous retrouvons ensuite le culte des Muses
à Athènes;
une des collines bordant l'Ilissus portait le nom d'Hélicon; et
sur la pente sud-ouest de l'Acropole
on leur avait de bonne heure élevé un sanctuaire. Elles sont
également en honneur à Sicyone Ce sont probablement les fantaisies personnelles de quelques auteurs qui ont fait grouper les Muses par quatre, cinq, six, sept ou huit; le chiffre sept est seul curieux parce qu'on l'interprétait, soit par les sept cordes de la lyre, soit par les sept planètes, ou aussi par les sept voyelles de l'alphabet grec. De ces variations celles qui sont intéressantes
à relever sont les variations consacrées par des monuments
artistiques. La statuaire à ses débuts parait s'être
arrêtée à la triade comme pour les Charites
(Grâces) et les Heures; les Muses les plus
célèbres dans ce genre, celles qui ont fourni le type classique,
sont les Muses de Praxitèle qui,
après la conquête de la Grèce
Développement du vase des trois Muses de la galerie Campana : Uranie, Calliope et Melpomène. Dessin de Chevignard. Sur les vases de l'époque suivante,
il est impossible de les distinguer nettement des Charites et des Heures,
vu que les artistes en varient le nombre et s'abstiennent de les déterminer
par des attributs. C'est seulement sur les vases à figures rouges
qu'on commence à les distinguer par des rouleaux de papyrus, des
tablettes, en les groupant avec Apollon et avec les poètes légendaires
Orphée,
Musée,
Linus,
en les mêlant à la lutte d'Apollon et de Marsyas,
sujet qui sera plus tard fréquemment traité sur les bas-reliefs
des sarcophages. Un monument célèbre par les discussions
auxquelles il a donné lieu entre archéologues est sorti en
1887 des fouilles pratiquées à Mantinée Les représentations de tout ordre
qui nous les donnent ainsi au complet sont extrêmement nombreuses;
parmi les bas-reliefs, il convient de citer, dans l'ordre des temps qui
les ont produits : 1° le bas-relief Chigi, aujourd'hui à Sienne Sur le sarcophage du Louvre il y a un effort évident pour déterminer chacune des Muses par un attribut spécial; celles de la tragédie et de la comédie sont reconnaissables à des masques; celle de la poésie lyrique, à la cithare; celle de la poésie astronomique, à la sphère; celle de la poésie bucolique et bacchique, à la flûte, etc. Nous les retrouvons plus nettement déterminées encore sur les fresques de Pompéi et d'Herculanum et dans des statues dont les plus remarquables sont au musée du Vatican. Toute une série de monnaies
frappées par Pomponius Musa a permis de restituer l'image des neuf
Muses que Marcus Fulvius Nobilior ramena d'Ambracie
Les Muses, par Nicolas Poussin, 1632. C'est seulement au déclin du paganisme
que nous les trouvons spécialisées dans les conditions suivantes
: 1° Clio représente l'histoire, avec
un rouleau de papyrus; 2° Calliope, la
Poésie épique, avec des tablettes ou un rouleau ; 3°
Polymnie,
la Pantomime, sans attributs, drapée dans son manteau; 4° Euterpe,
la Poésie bacchique, avec les flûtes longues; 5° Terpsichore,
la Poésie lyrique légère, avec la lyre; 6° Erato,
la Poésie dithyrambique, avec la cithare; 7° Melpomène,
la Tragédie, avec le masque grave; 8° Thalie,
la Comédie, avec le masque grimaçant; 9° Uranie,
l'Astronomie, avec le globe. Ce sont les noms que leur donne Hésiode
dans la Théogonie A Rome, les Muses grecques absorbent dans leur individualité brillante les Camènes qui, chez les poètes latins, ne gardent de leur modeste origine que le nom et pour tout le reste reproduisent les Muses helléniques. (J.-A. H.). |
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