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Volonté.
- Considérée dans sa manifestation, la volonté est
le pouvoir de prendre une détermination; dans sa nature, c'est la
liberté spontanée éclairée et conseillée
par l'intelligence. Vouloir, c'est se diriger
soi-même au lieu de se laisser diriger; c'est, à la place
d'une détermination qui vient du dehors, en prendre une qui vient
de nous; c'est user de nos facultés pour atteindre un but. La volonté
a dû s'éveiller en nous spontanément; il faut que nous
ayons voulu spontanément, pour savoir que nous pouvons vouloir;
mais il suffit d'un seul fait pur nous l'apprendre à toujours, et
pour que la conscience nous atteste que, même quand nous ne voulons
pas, nous pouvons toujours vouloir. La volonté se confond avec l'existence
et la causalité du moi;
aussi, comme dit Descartes, elle est ce qu'il
y a en nous de plus proprement nôtre, ou plutôt elle est nous-même,
et constitue pour ainsi dire à elle seule la personne humaine. C'est
par la volonté que l'humain est réellement cause et responsable;
c'est ce qui la distingue de la sensibilité
et de l'intelligence, qui sont de leur nature fatales. C'est par suite
de cette différence qu'on oppose la volition
qui est libre et imputable, au désir qui
est instinctif, spontané, non imputable
en lui-même. L'être humain a la volonté, pour qu'il
tende lui-même à son bien; il en résulte qu'elle est
en rapport constant avec les autres facultés, dont elle subit l'influence
et sur lesquelles elle réagit d'une manière puissante.
Ce rapport
l'a fait souvent confondre avec ce qui n'est pas elle. Platon
ne la distinguait pas du désir; Malebranche
eut le même tort; les Cartésiens
ne l'ont pas toujours assez distinguée de l'entendement.
Pour Condillac et son école, la volonté
était la réunion de la sensation agréable ou désagréable,
du besoin, du malaise, de l'inquiétude, du désir, de la passion,
de l'espérance, et du phénomène
spécial que l'espérance, jointe à la passion, détermine.
La confusion est facile à éviter : les autres facultés
sont au moi, la volonté est le moi lui-même; c'est à
elle seule qu'appartient, dans la variété des éléments
de notre nature, cette unité si manifestement proclamée par
la conscience. (R.).
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En
bibliothèque - Debs,
Tableau
de l'activité volontaire, 1844. |
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