Le Système solaire
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Mercure

Planète naine
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Mercure.
Une des images de Mercure transmises par la sonde Messenger, le 14 janvier 2008. Elle montre une partie de la surface de la planète qui était restée hors d'atteinte de la sonde Mariner 10. (Source : Messenger / Nasa).
Mercure est la planète la plus proche du Soleil. Ses dimensions la rangent dans le groupe des planètes naines, au même titre que la Lune ou les principaux satellites des planètes géantes. C'est un corps rocheux très dense. Cela, ajouté à l'existence d'un champ magnétique, fait penser que Mercure possède un gros noyau de fer, au moins partiellement fondu, et qui représenterait les deux-tiers de sa masse.
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Mercure.
Détails de la surface de Mercure obtenus par la sonde Messenger.
 (Source : Messenger / Nasa).

La planète a révélé sur les images transmises par la sonde Mariner 10 une surface sombre fortement cratérisée comme celle de la Lune, signe de l'ancienneté de son sol. Sa formation la plus marquante est un cratère de 1300 km de diamètre, le bassin de Caloris dont la structure entourée de nombreux anneaux rappelle celles du bassin Valhalla sur Callisto, ou même la mer Orientale sur la Lune. Le creusement du bassin Caloris, il y a 3,8 milliards d'années, par l'impact d'un gros météorite a eu des répercussions sur l'ensemble de la planète. Des éjectats ont été projetés sur près de mille kilomètres à la ronde. Et on attribue aussi à cet événement l'apparition sur toute la planète d'immenses plissements, appelées escarpement lobés. Ils ont couramment plusieurs kilomètres de haut et des centaines de kilomètres de long.
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Mercure : Discovery Rupes
Discovery Rupes, un des escarpements observés à la surface de Mercure
par Mariner 10.

Mercure est pratiquement dépourvue d'atmosphère. Du gaz très dilué est cependant présent près de la surface et pourrait être apportés par le vent solaire, ou libéré lors de l'impact de micro-météorites. Cela en fait un monde surchauffé de jour (plus de 400° C) et glacial la nuit (-200° C), dès que la chaleur accumulée par les roches a été rayonnée dans l'espace. En 1991, des études radar ont révélé l'existence de zones très claires près du pôle nord de la planète. L'hypothèse a été émise que ces reflets puissent provenir de glace qui subsisterait dans les profondeurs de certains cratères que la lumière solaire ne peut atteindre du fait de leur haute latitude. Pour l'instant, l'issue de cette question n'est pas très claire. 

La planète Mercure fait partie des cinq planètes connues de toute Antiquité; mais elle a été sans doute la dernière découverte et identifiée. Mais le fait que Mercure ne s'écarte que très peu du Soleil rend cette planète difficilement visible, et très peu de temps le matin avant le lever du Soleil, ou plus souvent le soir après son coucher quand l'atmosphère est très pure. L'angle formé par les rayons visuels qui vont de l'oeil de l'observateur au Soleil et à la planète est au plus de 28° : dans les circonstances les plus favorables, le lever ou le coucher de Mercure ne diffère pas de ceux du Soleil de deux heures de temps. Comme la planète est alors très près de l'horizon, elle n'est visible que par un temps fort clair.

Cela explique dans une large mesure la méconnaissance dans laquelle la planète est traditionnellement restée. Copernic se plaignait en mourant de ne l'avoir jamais vue; l'astronome Delambre ne l'avait aperçue à l'oeil nu qu'une seule fois. Le télescope améliore, bien sûr la situation. On observera ses phases, ses passages devant le Soleil, et l'on spéculera sur sa surface et son éventuelle atmosphère. Mais Mercure ne cessera pas d'être un astre furtif, mal connu, et délaissé, même à l'ère spatiale.

Mercure : cratères.
Gros plan sur les cratères qui criblent la surface de Mercure.
Image obtenue par  la sonde Mariner 10 qui a survolé Mercure trois fois, en 1974 et 1975.
(Source : NSSDC / Mariner 10).

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