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Mercure
est la planète
la plus proche du Soleil. Ses dimensions la rangent
dans le groupe des planètes naines, au même
titre que la Lune
ou les principaux satellites des planètes
géantes. C'est un corps rocheux très dense. Cela, ajouté
à l'existence d'un champ magnétique, fait penser que Mercure
possède un gros noyau de fer, au moins partiellement fondu, et qui
représenterait les deux-tiers de sa masse.
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Détails
de la surface de Mercure obtenus par la sonde Messenger.
(Source
: Messenger
/ Nasa).
La planète a révélé
sur les images transmises par la sonde Mariner 10 une surface sombre fortement
cratérisée comme celle de la Lune, signe de l'ancienneté
de son sol. Sa formation la plus marquante est un cratère
de 1300 km de diamètre, le bassin de Caloris dont la structure entourée
de nombreux anneaux rappelle celles du bassin Valhalla
sur Callisto, ou même la mer Orientale
sur la Lune. Le creusement du bassin Caloris, il y a 3,8 milliards d'années,
par l'impact d'un gros météorite a eu des répercussions
sur l'ensemble de la planète. Des éjectats ont été
projetés sur près de mille kilomètres à la
ronde. Et on attribue aussi à cet événement l'apparition
sur toute la planète d'immenses plissements, appelées escarpement
lobés. Ils ont couramment plusieurs kilomètres de haut et
des centaines de kilomètres de long.
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Discovery
Rupes, un des escarpements observés à la surface de Mercure
par
Mariner 10.
Mercure est pratiquement dépourvue
d'atmosphère. Du gaz très dilué est cependant présent
près de la surface et pourrait être apportés par le
vent
solaire, ou libéré lors de l'impact de micro-météorites .
Cela en fait un monde surchauffé de jour (plus de 400° C) et
glacial la nuit (-200° C), dès que la chaleur accumulée
par les roches a été rayonnée dans l'espace. En 1991,
des études radar ont révélé l'existence de
zones très claires près du pôle nord de la planète.
L'hypothèse a été émise que ces reflets puissent
provenir de glace qui subsisterait dans les profondeurs de certains cratères
que la lumière solaire ne peut atteindre du fait de leur haute latitude.
Pour l'instant, l'issue de cette question n'est pas très claire.
La
planète Mercure fait partie des cinq planètes connues de
toute Antiquité; mais elle a été sans doute la dernière
découverte et identifiée. Mais le fait que Mercure ne s'écarte
que très peu du Soleil rend cette planète
difficilement visible, et très peu de temps le matin avant le lever
du Soleil, ou plus souvent le soir après son coucher quand l'atmosphère
est très pure. L'angle formé par les rayons visuels qui vont
de l'oeil de l'observateur au Soleil et à la planète est
au plus de 28° : dans les circonstances les plus favorables, le lever
ou le coucher de Mercure ne diffère pas de ceux du Soleil de
deux heures de temps. Comme la planète est alors très près
de l'horizon, elle n'est visible que par un temps
fort clair.
Cela
explique dans une large mesure la méconnaissance dans laquelle la
planète est traditionnellement restée. Copernic
se plaignait en mourant de ne l'avoir jamais vue; l'astronome Delambre
ne l'avait aperçue à l'oeil nu qu'une seule fois. Le télescope
améliore, bien sûr la situation. On observera ses phases,
ses passages devant le Soleil, et l'on spéculera
sur sa surface et son éventuelle atmosphère. Mais Mercure
ne cessera pas d'être un astre furtif, mal connu, et délaissé,
même à l'ère spatiale .
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