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Théodore

Théodore de Cyrène, philosophe grec qui vivait vers 325 av. J.-C., embrassa les doctrines d'Aristippe, professa sur les dieux des opinions hardies qui lui valurent le surnom d'Athée et qui le firent exiler de Cyrène, vint se fixer à Athènes, mais y déplut également par son impiété et fut, dit-on, condamné par l'Aréopage à boire la ciguë. Il avait composé un Traité des Dieux, où il prétendait prouver qu'il n'y a pas de divinité.
Théodore, évêque de Mopsueste, en Cilicie, appelé ordinairement Théodore de Mopsueste, parfois Théodore d'Antioche, né à Antioche vers 350, mort en 428, un peu avant le commencement de la grande querelle théologique entre Cyrille et Nestorius. L'Eglise de Syrie lui donna le titre glorieux d'interprète. En effet, il fut le représentant éminent de la méthode exégétique désignée sous le nom d'École d'Antioche. Le nom de son père est inconnu ; mais on sait qu'il était riche et qu'il occupait une haute position à Antioche. En sa jeunesse, Théodore fut l'ami et le compagnon d'études de Jean, surnommé plus tard Chrysostome; ils suivaient ensemble les leçons du célèbre rhéteur Libanius, et ils paraissent s'être livrés aux plaisirs profanes que la ville d'Antioche offrait aux jeunes gens. Jean fut converti par Basile, et il convertit Théodore. Ils se retirèrent dans l'école monastique où Diodore de Tarse enseignait et à laquelle Basile était déjà attaché. 

Théodore se donna à l'étude et aux pratiques ascétiques, avec la ferveur d'un prosélyte récent; mais il n'était pas encore âgé de vingt ans, et il ne put soutenir longtemps la règle qu'il s'était imposée. Il s'était résigné difficilement au célibat; séduit par la beauté d'une jeune fille, nommée Hermione, il résolut de l'épouser, et provisoirement retourna à son ancien genre de vie. Les prières et les larmes de ses amis l'éloignèrent de cette route et l'empêchèrent de violer son voeu. Néanmoins, il garda une sympathie profonde pour ceux qui préféraient au célibat l'état de mariage. Il resta en étroites relations d'études avec Diodore, jusqu'à ce que celui-ci eût été promu au siège de Tarse (378). Il fut ordonné prêtre de l'Église d'Antioche en 383; il était alors âgé de trente-trois ans. Quelques années après, il se retira à Tarse, auprès de Diodore; et il y demeura jusqu'à ce qu'il fût lui-même appelé au siège de Mopsueste (392). Son long épiscopat ne paraît pas avoir été marqué par aucun incident extraordinaire. En 394, convoqué à un concile de Constantinople, il prêcha devant Théodose le Grand, qui l'admira comme le plus grand des théologiens. Théodose le Jeune le tint en pareille estime. Même dans les milieux où sa méthode et ses tendances devaient susciter plus tard les plus ardents adversaires, l'orthodoxie de Théodore ne fut l'objet d'aucune suspicion formelle, pendant sa vie. 

Après sa mort, cette vénération alla croissant dans les Églises de Syrie. Théodoret le considérait comme le docteur de l'Église universelle; Ibas d'Edesse écrivait à Maris une lettre restée célèbre, remplie des louanges de Théodore; Jean Chrysostome professait pour lui une admiration illimitée. Cependant du côté de l'Occident, Marius Mercator, dès 431, dénonçait Théodore de Mopsueste comme l'auteur de l'hérésie pélagienne (Pélage). En effet, il avait pris parti contre Augustin, dans un de ses traités. Par la suite, Marius Mercator étendit l'accusation, en prétendant que Théodore était la précurseur du nestorianisme. Toutefois, le concile d'Ephèse, qui avait condamné Nestorius nominativement, n'avait pas mentionné Théodore, quoique sa décision contînt une réprobation implicite de la doctrine de Théodore. Les Nestoriens se retranchèrent donc derrière les écrits de Théodore et les firent grandement circuler. Dès lors, les adversaires dirigèrent contre eux d'incessantes attaques. Parmi les plus ardents, Hésychius, évêque de Jérusalem, Rabulas d'Edesse, Cyrille d'Alexandrie. Au VIe siècle, cette longue entreprise de haine aboutit à la condamnation des Trois-Chapitres, cent vingt-cinq années après la mort de Théodore. (E.-H. Vollet).



En bibliothèque - Théodore de Mopsueste fut un auteur prodigieusement fécond. Facundus dit que ses œuvres sont innombrables, et il cite une lettre de Jean d'Antioche prétendant que le seul nombre de ses écrits polémiques dépasse 10 000. Un catalogue de ses ouvrages traduits en syriaque a été donné par Ebedjésu, métropolitain nestorien de Soba, en 1318 (Assemani, Bibl. Orient., III, 4). L'ensemble de ces traductions formait 41 tomes. Malheureusement, la plupart des écrits originaux sont perdus. Voici ce qui en reste : Commentaires sur les douze petits prophètes (Rome, 1832; Berlin, 1834); Commentaire sur l'Epître aux Romains (Rome, 1840); traduction latine des Commentaires sur les Épîtres aux Galates, aux Éphésiens, à Philémon, faussement attribués à Hilaire de Poitiers (Paris, 1852); Fragments des Commentaires sur le Nouveau Testament (Zurich, 1847); Liturgie Theodori interpretis (Paris, 1746); des fragments du traité De Incarnatione et de quelques autres écrits cités dans les actes des conciles relatifs à la condamnation des Trois Chapitres
Plusieurs autres personnages historiques ont porté le nom de Théodore; on mentionnera :
Théodore de Césarée, dit Ascidas, d'abord moine à Jérusalem, vint vers 536 à Constantinople, où il s'acquit les bonnes grâces de Justinien et de l'impératrice Théodora, qui le fit archevêque de Césarée, eut une part essentielle à la condamnation des Trois-Chapitres, présenta le résumé de la doctrine de Théodore de Mopsueste, d'Ibas d'Edesse, de Théodoret de Cyr, et fut l'âme des intrigues et des mesures violentes relatives à ce débat théologique, mais vit son crédit baisser après la mort de l'impératrice, et finit par être privé de son siée et excommunié par le concile tenu à Conslantinople en 563.

Théodore de Pharan, ainsi nommé de la ville de Pharan en Arabie dont il était évêque, vécut sous Héraclius. Il passe pour l'auteur du Monothélisme.

Théodore, lecteur de l'église de Constantinople au VIe s., composa une Histoire en 2 livres, qui s'étend de la 20e année de Constantin au règne de Julien. Elle a été imprimée en grec par Robert Estienne, Paris, 1544; en grec et latin, Genève, 1612; avec les notes de Valois, Paris, 1673; et en partie traduite en français par Cousin.

Théodore Studite (S.) , né à Constantinople en 753, fut moine, puis abbé (795) du monastère de Saccudion, près de Constantinople, fut persécuté par Constantin V pour avoir refusé de communiquer avec lui depuis son divorce, se réfugia lors de l'invasion des Barbares, au couvent de Stude (dans Constantinople même), qui ne comptait alors que douze religieux et qui, sous sa conduite, en réunit au delà de mille; fut banni par Nicépbore pour s'être opposé aux Iconoclastes, Mais réintégré sous Michel I; trouva un nouveau persécuteur dans l'iconoclaste Léon V, qui le fit emprisonner et flageller, et fut une dernière fois rendu à la liberté par Michel Il  (820). Il mourut six ans après, laissant plusieurs ouvrages.

Théodore Prodrome, moine grec du XIIe s., est auteur du roman de Rhodanrhe et Dosiclès d'un dialogue de l'Amitié exilée de la  Galéomachie, tragédie burlesque et de plusieurs autres ouvrages. On a souvent publié l'Amitié exilée; Rhodanthe a été éditée par Gaulmin, avec une traduction latine, Paris, 1625, et traduit en français par Godard de Beauchamps. On trouve dans les Notices des Mss. un autre de ses écrits . Amarantus ou les Amours d'un vieillard, dialogue satirique.

Théodore, pape de 642 à 649, était Grec de naissance. Il montra de la vigueur contre le Monothélisme. - Il y eut encore un autre pape du nom de Théodore; Romain de naissance, fut élu en 898, mais mourut après un pontificat de 20 jours.

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