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Dictionnaire
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| Syracuse
(ital. Siracusa) est une ville maritime de la Sicile La ville antique, fondée dans l'îlot
d'Ortygie, avait bientôt débordé sur la grande terre
et mesurait 33 kilomètres de tour à l'époque de Strabon.
Elle comprenait, en dehors d'Ortygie, les trois grands quartiers d'Achradine,
au bord de la mer, dans la presqu'île, avec le Forum, le Sénat,
le prytanée, le temple de Zeus Sous Achradine et Tycha s'étendent
les catacombes, creusées dans le
tuf coquillier. Elles communiquent avec l'église
San Giovanni, bâtie en 1182 (souvent restaurée) sur une crypte
du IVe siècle et renfermant le tombeau
de saint Marcien. Plus loin, vers le Nord-Ouest, on voit les tours massives
du fort antique d'Euryale, des tombes taillées dans le roc, des
passages souterrains. Un mur au Nord, un aqueduc fortifié au Sud
rattachaient Euryale à l'Achradine, englobant, non seulement Tycha
et Néapolis, mais le faubourg des Épipoles. Dans la banlieue
méridionale coule l'Anapos, ruisseau chanté par Théocrite
et entouré de papyrus de 4 m de haut; il reçoit les eaux
de la fontaine Cian, l'antique Cyané, nymphe
Syracuse d'hier et d'aujourd'hui : les ruines du théâtre grec et le front de mer. Photos : © Thierry Labat, 2009. Si l'on en croit les historiens de l'Antiquité,
Syracuse aurait été fondée vers 734 av. J.-C. par
des Corinthiens que conduisait l'héraclide Archias, de la famille
des Bacchiades;
elle aurait été renforcée de colons doriens et locriens.
La cité primitive était confinée dans l'île
d'Ortygie, sous le patronage d'Artémis Les discordes civiles sur lesquelles nous
sommes mal informés laissèrent d'abord le pouvoir aux mains
des propriétaires fonciers, les Gamores, d'origine dorienne; ils
avaient pour tributaires et quasi-serfs les Killikyriens, descendants des
sicules ( En 480, Gelon s'illustra par la défaite
des Carthaginois à Himera. Il eut pour successeur son frère
Hiéron
Ier(478-467),
protecteur d'Eschyle, de Pindare
et de Bacchylide, avec lesquels rivalisèrent
les comiques natifs de Syracuse, Epicharme
et Sophron. Le troisième frère, Thrasybule, ne régna
qu'un an et fut chassé à cause de sa cruauté. La démocratie
remplaça la tyrannie; elle se mit à l'abri des citoyens trop
influents par une mesure analogue à l'ostracisme
athénien, qu'ici on nomma pétalisme, attendu qu'on
votait avec des feuilles d'olivier. Des luttes se produisirent entre les
vieux citoyens et les nouveaux, dont beaucoup se retirèrent à
Messine; une révolte des Sicules groupés par Doucetios fut
réprimée (451). Un conflit avec les colonies ioniennes de
Sicile, alliées d'Athènes, fut interrompu par la pacification
de 424.
Plan de l'ancienne Syracuse. En 416, Égeste, menacée par
Syracuse, appela les Athéniens qui dirigèrent contre Syracuse
la mémorable expédition de Sicile; la disgrâce d'Alcibiade
et l'incapacité de Nicias la firent échouer; Syracuse, assiégée
du printemps de 414 à septembre 413, finit par l'emporter avec l'aide
du chef spartiate Gylippe : les généraux athéniens
Nicias et Démosthènes furent égorgés, 7000
Athéniens périrent dans les Latomies, ou furent vendus comme
esclaves. Ce succès eut des conséquences imprévues;
dans Syracuse, la démocratie avancée prit le dessus avec
Dioclès contre le parti oligarchique
dirigé par Hermocrate (411); on s'absorbait dans les discordes civiles
lorsque surgit un nouveau péril étranger. Egeste menacée
avait appelé les Carthaginois qui prirent et ruinèrent les
grandes villes de Selinonte (409), Himera, Agrigente Devant cette menace, Denys l'Ancien se
fit donner le commandement en chef et affermit bientôt une tyrannie
militaire (406). Il ne put sauver Gela et Camarina dont les habitants se
retirèrent à Leontini, mais il traita avec le général
carthaginois Himilcon, en abandonnant à Carthage Quand Himilcon vint l'assiéger en
396, Denys s'empara de son fort de l'Olympiéon (au Sud de l'Anapos)
et incendia sa flotte. Une nouvelle guerre aboutit au traité qui
fixa au fleuve Halycus la frontière gréco-punique. Denys
ne réussit cependant pas à étendre sa monarchie sur
l'Italie méridionale, et lorsqu'il transmit le pouvoir à
son faible fils, Denys le Jeune (367), celui-ci ne put le maintenir; il
finit par être même expulsé de Syracuse par son beau-frère
Dion; la garnison d'Ortygie résista une année et ne capitula
qu'affamée (356). Dion visant à la monarchie fut assassiné
(353) et, après des troubles sanglants, on rappela Denys (346).
Deux ans plus tard, Timoléon le fit abdiquer derechef et défit
son adversaire,
Hicetas, qu'appuyaient les Carthaginois;
il démolit la citadelle et rétablit les institutions libres,
rappela les exilés et de nouveaux colons ; il en vint 60000. La
constitution démocratique de Dioclès fut remise en vigueur;
les tyrans expulsés des cités secondaires et une invasion
punique repoussée (340).
Temple de Minerve transformé en église. La grande démocratie urbaine de
Syracuse ne put organiser de régime stable. En 317 s'installa un
nouveau tyran, Agathocle; il se maintint jusqu'en
289, malgré une terrible guerre contre Carthage Son royaume comprenait, avec Syracuse,
les cités vassales d'Acrae, Helorus, Netum, Megara, Leontini auxquelles
il joignit Tauromenium. Malheureusement après la mort de Hiéron
Il (216), son petit fils Hiéronyme rompit avec Rome pour s'allier
à Carthage
Ruines de Syracuse. En 212, Marcellus surprit la porte Trogile,
à l'Ouest d'Achradine, et se rendit maître des quartiers de
Tycha et Neapolis; le commandant du fort d'Euryale capitula. Une armée
de secours carthaginoise ne put enlever les lignes romaines et fut décimée
par les fièvres. Hippocrate mourut, Bomilcar
repartit et Épicyde se retira à Agrigente Syracuse ne se releva pas de ce désastre;
elle demeura principale ville de Sicile, résidence des gouverneurs
romains. Sextus Pompée lui fut hostile;
Auguste
établit une colonie romaine |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.