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La Lune

Planète naine, satellite de la Terre
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La Lune- est l'unique satellite naturel de la Terre. A cause de l'absence quasi-totale d'atmosphère, la température du sol s'élève à plus de 100°C pendant la journée. La nuit, toute la chaleur accumulée est évacuée directement dans l'espace. La température descend alors au-dessous de -150°C. 
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Lune.
La Lune. L'hémisphère tourné vers la Terre  se partage entre« mers » (zones sombres) et
« continents » recouverts de cratères. Image : NASA/JPL. Rendu 3D : Celestia.

Notre satellite, composé de roche comme la Terre, est un astre mort depuis très longtemps. Sa surface ne s'est pas pratiquement pas modifiée depuis plus de 3,5 milliards d'années quand ont complètement cessé les effets du grand bombardement de météorites qui a touché tous les corps du Système solaire à ses débuts.  Les cicatrices de ces collisions forment de multiples cratères. Ceux-ci sont les plus nombreux dans ces terrains très anciens que sont les régions claires, dites terres ou continents. Les grandes zones foncées, plus jeunes, sont appelées mers bien qu'elles ne contiennent pas une goutte d'eau. Il s'agit en fait de vastes plaines de lave solidifiée. Les cratères y sont plus rares. 

Les appellations de terres et de mers appliquées à la Lune apparaissent pour la première fois sur une carte de la Lune déssinée par Hévelius en 1647, et sont l'écho d'une opinion ancienne qui voyait dans la Lune un reflet de la Terre. En 1651, la carte dessinée par Hévélius a jeté les bases d'une nomenclature lunaire que l'on a conservée pour l'essentiel. Les formations lunaires (mers, terres, cratères, etc.) portent officiellement des noms latins. les mesrs sont des maria (mare au singulier), les terres, des terrae (terra au singulier). Les cratères portent des noms de savants, de philosophes, etc.

La révolution de la Lune

Les phases de la Lune.
De tous les astres que nous voyons au firmament, la Lune, qui est le satellite de la Terre, est celui qui excite le plus notre admiration et notre étonnement par les formes diverses sous lesquelles il se présente à nos yeux, et même aussi par le retard journalier qu'il apporte dans son mouvement. A l'époque où la Lune passe au méridien vers minuit, nous voyons un disque brillant presque comparable à celui du Soleil, de même diamètre apparent, mais d'un éclat beaucoup moindre, qui éclaire toute la nuit : c'est la pleine lune que l'on note courramment, pour abréger, P. L. 

Le lendemain et les jours suivants, elle passe au méridien de plus en plus tard, avec la partie occidentale de son disque de plus en plus rongé, si bien que, sept jours après la première observation, elle ne nous offre plus qu'un demi-cercle, dont le diamètre est situé vers l'Ouest. Elle passe alors au méridien vers six heures du matin, n'éclairant plus que la seconde partie de la nuit, et visible encore le matin à l'Ouest, après le lever du Soleil : c'est le dernier quartier (D. Q.). 

Le disque de la Lune se rétrécit de plus en plus, et prend la forme d'un croissant dont la largeur diminue de jour en jour et dont les cornes sont dirigées vers l'Ouest. Vers le treizième jour, nous n'apercevons plus qu'un très mince filet de disque, puis le quatorzième jour nous ne voyons plus rien, car la Lune se lève en même temps que le Soleil, se couche fort peu de temps après : c'est la nouvelle lune (N. L.), et nous apercevons cet astre le soir, après le coucher du Soleil, sous le forme d'un faible croissant dont les cornes sont dirigées vers l'Est. Ce filet lumineux s'élargit de jour en jour et vers le vingt-deuxième jour, nous voyons un demi-cercle dont le diamètre est situé à l'Est, la Lune passant au méridien vers six heures du soir et brillant sur l'horizon
pendant la première moitié de la nuit : c'est le premier quartier (P. Q.). 

Le disque lumineux augmente de jour en jour, tandis que son passage au méridien retarde chaque fois de cinquante-deux minutes environ, si bien qu'après vingt-neuf jours et demi, nous revoyons la pleine lune, et les phases on changements d'aspect se reproduisent comma nous l'avons dit précédemment. Pendant les trois ou quatre jours qui précèdent et qui suivent la nouvelle lune, nous voyons, avec le filet lumineux bien éclairé, une lueur grisâtre connue sous le nom de lumière cendrée, qui éclaire faiblement le reste du disque lunaire. Au premier quartier, ainsi qu'au dernier quartier, la Lune qui nous montre la moitié de sa surface éclairée par le Soleil, tandis que l'autre moitié est obscure, est dite dichotome (divisée en deux parties égales). 

Ces phases résultent des positions respectives du Soleil, de la Lune et de la Terre, car c'est le Soleil qui illumine la Lune, et son aspect change suivant la partie éclairée que nous en voyons. Au moment de la pleine lune, cet astre passe au méridien vers minuit-: il est en opposition avec le Soleil. A la nouvelle lune, notre satellite passe au méridien en même temps que le Soleil : on dit qu'il est en conjonction. La conjonction et l'opposition sont nommées syzygies; le premier et le dernier quartier sont les quadratures (les rayons visuels menés de la Terre au Soleil et à la Lune font entre eux un angle de 90° on un quadrant); les quatre phases intermédiaires sont les octants. La durée exacte de la lunaison ou révolution synodique, ou l'intervalle de temps qui sépare deux phases consécutives de même nom est de 29j12h 44m2,9s.

Le mouvement propre de la Lune.
La Lune a un mouvement propre dirigé en sens contraire du mouvement diurne et que nous apercevons facilement à l'oeil nu, si nous observons les positions respectives de cet astre et d'une étoile voisine, pendant plusieurs heures consécutives d'une belle nuit-: nous voyons que la Lune se déplace vers l'Est d'une manière assez accusée (33' environ par heure), si bien que le lendemain la Lune, qui avait la même longitude qu'une étoile, s'en est écartée vers l'Est de 13°10'35"03; après une révolution sidérale, la Lune revient au méridien en même temps que l'étoile, soit en 27j7h 43m11,5s5.

Orbite. Distance à la Terre.
Si l'on observe chaque jour l'ascension droite et la déclinaison de la Lune et si l'on représente sur un globe céleste les positions de cet astre, on remarque que la courbe décrite par notre satellite sur le sphère céleste est un grand cercle incliné sur l'écliptique de 5° 8' 47" 9. La Lune se trouve donc alternativement au Nord et au Sud de l'écliptique, et son orbite traverse le plan de l'écliptique du Nord au Sud. c'est le noeud descendant Omega; puis du Sud au Nord: c'est le noeud ascendant anti-Omega. Nous voyons aussi que le diamètre apparent de la Lune est très variable; sa plus petite valeur est de 29'31"0, sa plus grande de 32' 56"7, et sa valeur moyenne 31'8"2. Dans le premier cas, la Lune est fort éloignée de la Terre : on-dit qu'elle est à l'apogée; dans le second, elle en est très rapprochée ou au périgée. Nous donnons dans let ableau suivant les valeurs moyennes des distances de la Lune à la Terre :
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Positions
de la Lune
Diamètre
de la Lune
Distance à la Terre
en rayons terrestres
équatoriaux
en kilomètres

Apogée
29'31"0
53 582 405 457
Distance moyenne
31'8"2
60 274 384 454
Périgée
32"56"7
56 964 363 249

Si l'on prend un point fixe pour figurer la Terre et si l'on porte dans les différentes directions où l'on voit cet astre des longueurs inversement proportionnelles aux diamètres apparents de la Lune, on voit que les positions de notre satellite figurent les différents points d'une ellipse dont la Terre occupe un des foyers; on peut évaluer la vitesse angulaire de la Lune pour chaque jour, et l'on reconnaît que cette vitesse est proportionnelle au carré du diamètre apparent. On en conclut donc la loi des aires de Kepler : les aires décrites par le rayon vecteur qui va de la Terre à la Lune sont proportionnelles aux temps employés à les décrire. L'ellipse décrite par la Lune autour de la Terre a une excentricité bien plus grande que celle de l'ellipse décrite par la Terre autour du Soleil. 

La rotation de la Lune

Les cartes les plus anciennes, comparées aux cartes et aux photographies actuelles, nous montrent la Lune sous un aspect permanent, à l'exception toutefois des régions qui avoisinent les bords de la Lune et qui varient un peu en raison du phénomène connu sous le nom de libration. Il en résulte donc que notre satellite nous présente toujours le même hémisphère, et qu'il tourne sur lui-même justement dans le temps qu'il emploie pour effectuer sa révolution autour de la Terre, soit 27j7h43m11s5, durée de sa révolution sidérale. L'égalité des deux durées doit être parfaitement rigoureuse, sans quoi depuis plusieurs millénaires que l'on observe cet astre, l'accumutation des révolutions de la Lune aurait rendu la différence sensible, et les cartes sélénographiques auraient représenté des régions différentes. La théorie de l'attraction confirme ce résultat, puisque la fluidité primitive de la Lune a fait prendre à ce globe, sous l'influence de l'attraction terrestre, la forme d'un ellipsoïde allongé dans le sens de la Terre ou réparti ses masses internes le long d'un axe dirigé vers la Terre, de telle sorte que l'excès de poids de l'hémisphère tourné vers notre globe doit toujours le faire retomber de notre côté.
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Lune : la face cachée.
L'autre côté de la Lune. L'hémisphère opposé à la Terre est pratiquement dépourvu de mers. 
On n'a qualifié ainsi que deux formations :  la mer du Génie (Mare Ingenii) et la mer de Moscou
(Mare Moscoviense). Tout le reste, ce sont des cratères.

Forme et dimensions réelles de la Lune

La Lune a une forme extrêmement proche d'une sphère, car les différents diamètres de son disque sont égaux, et la partie lumineuse est toujours terminée extérieurement par un arc circulaire, tandis que la ligne intérieure de séparation de la lumière et de l'ombre est une ellipse. Nous négligeons pour le moment des inégalités ou dentelures qui proviennent des aspérités de la surface, mais on n'a pas d'aplatissement notable dans un sens quelconque. (On regarde cependant le globe lunaire comme ayant la forme d'un ellipsoïde allongé dont le plus grand diamètre serait dirigé vers la Terre : cette forme proviendrait de l'action exercée par l'attraction terrestre sur le globe primitivement fluide de la Lune, et de plus elle expliquerait en même temps l'égalité parfaite de la durée de la rotation et de la révolution sidérale de notre satellite). 

Le diamètre apparent moyen de la Lune étant égal à 31'8"2 = 1868"2, tandis que la parallaxe moyenne horizontale équatoriale est de 57'2"7 (2 X 57'2"7 = 6845",4), il en résulte que les diamètres réels de la Lune et de la Terre sont entre eux dans le rapport des nombres 1868,2 et 6845,4; le diamètre de la Lune est donc un peu plus des 3/11 de celui de la Terre, ou il a pour valeur exacte la fraction 0,272957, soit 1,741 kil. La surface de la Lune, 38,000,000 km², est à peu près quatre fois celle du continent européen, soit la superficie totale des deux Amériques

Son volume, 22,105,740,000 kilomètres cubes, est le cinquantième de celui de la Terre. La masse est la quatrevingtième partie de celle de notre globe. Sa densité, 3,38 par rapport à l'eau, est 0,615 par rapport à celle de la Terre, et la pesanteur à sa surface est donnée par la fraction 0,1685 (gamma = g x 0,1685).

Nous avons dit que la distance moyenne de la Lune à la Terre est de 384,454 km; cette distance serait parcourue par le son (en supposant le chemin de la Lune à la Terre rempli d'air à 0°), en près de quatorze jours. Une balle de fusil conservant sa vitesse initiale de 500 m par seconde arriverait à la Lune en huit jours. Quant à la lumière, elle parcourt la distance entre la Terre etnotre satellite en une seconde un quart environ.

Géographie et topographie de la Lune

Grâce à la faible distance de la Terre à la Lune (qui est l'astre le plus rapproché de nous) et à la puissance de nos instruments astronomiques, nous pouvons voir la face de notre satellite couverte en certaines régions de grands espaces semblables à des plaines, et d'autres, très accidentés, et analogues aux montagnes terrestres.. 

Si quelques caractères généraux de la Lune sont analogues à ceux de notre Terre, beaucoup d'autres sont notablement différents, et d'abord du fait de l'absence d'atmosphère autour de la Lune. Ainsi, par exemple, le ciel  lunaire montre-t-il les étoiles en plein jour; on a partout des lumières crues et des ombres épaisses, un silence éternel dans des régions désolées, et des températures torrides succédant presque sans transition à des températures glacées.

La Lune à vu d'oeil.
Les principales taches de la Lune s'observent très distinctement à l'oeil nu. De larges portions, d'une teinte plus sombre que la lumière générale du disque, se découpent avec netteté sur un fond dont l'intensité lumineuse paraît elle-même inégalement répartie. Il n'est personne qui n'ait pu, sans pour cela faire une étude détaillée des taches visibles à l'oeil nu, se familiariser avec l'aspect que ces différences de teintes donnent au disque lunaire. 

Une opinion populaire très répandue et très ancienne voit dans la figure de la pleine Lune un visage ou un corps humain, car suivant l'imagination de l'observateur, c'est l'une ou l'autre de ces deux apparences qu'il se représente plus volontiers. « Les parties obscures et lumineuses, écrivait Arago, dessinent vaguement une sorte de figure humaine, les deux yeux, le nez, la bouche ». D'autres voient dans les mêmes taches une tête, des bras et des jambes, etc. De nombreuses traditions, à travers le monde, possèdent des mythes dans lesquels la forme des régions sombres est assimilée à celle d'un lièvre. Quoi qu'il en soit, dans le cours d'une lunaison, le disque n'étant entièrement visible que le jour de la pleine Lune, c'est cette époque qu'il faut choisir de préférence pour étudier la distribution générale des taches.
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Carte de la Lune.
Carte générale de la Lune (hémisphère visible depuis la Terre).

Remarquons d'abord que les grandes taches sombres occupent surtout la moitié boréale du disque, tandis que les régions australes sont blanches et très lumineuses : cependant, d'un côté cette teinte lumineuse se retrouve sur le bord nord-ouest, ainsi que vers le centre; et d'autre part, les taches envahissent les régions australes du côté de l'orient, en même temps qu'elles descendent, mais moins profondément, à l'ouest. Sauf une faible partie du bord nord-ouest, tout le contour de la Lune est blanc et lumineux et participe au ton des régions méridionales.

A l'Ouest et tout près du bord, on a une large tache grise, de forme ovale et régulière, isolée au milieu de la teinte plus lumineuse du bord : c'est la Mer des Crises. La situation de la Mer des Crises sur le contour occidental de la Lune, permet de la reconnaître, dès les premières phases de la lunaison, jusqu'à la pleine Lune : pour la même raison, elle est la première à disparaître à l'origine du décours.

Entre la Mer des Crises et le centre du disque, un large espace sombre, découpé à sa partie inférieure par une sorte de promontoire aigu, a reçu le nom de Mer de la Tranquillité. C'est au Sud de celle-ci que s'est posé l'équipage d'Apollo 11, qui le premier a foulé le sol lunaire. La Mer de la Tranquillité projette vers l'ouest deux appendices, dont le plus occidental et le plus grand forme la Mer de la Fécondité, tandis que l'autre, plus petit et plus rapproché du centre, est la Mer de Nectar.

Si maintenant de la Mer de la Tranquillité on remonte vers le nord, on trouve la Mer de la Sérénité, moins grande que la première, mais à peu près aussi régulière de forme que la Mer des Crises. Cette tache est traversée dans toute sa longueur par une raie brillante, à peu près rectiligne, et qui lui donne une certaine ressemblance avec la lettre grecque majuscule Phi. La Mer des Vapeurs, est comme un prolongement, vers le centre, de celle de la Sérénité.

Enfin la Mer des Pluies, de forme ronde, la plus vaste de toutes celles qu'on vient de passer en revue, termine au nord la série des taches grisâtres auxquelles on est convenu de conserver le nom impropre de « mers ». Il faut ensuite redescendre vers l'est pour trouver l'Océan des Tempêtes, dont les contours plus vagues vont se perdre, vers le sud, dans la Mer des Humeurs et dans la Mer des Nuées, à peu de distance d'un point lumineux, le cratère Tycho, d'où partent, dans toutes les directions, des sillons blanchâtres d'une grande longueur.

On distingue encore, au-dessus de la Mer de la Sérénité, et dans le voisinage du pôle boréal une tache étroite allongée de l'est à l'ouest, et connue sous le nom de Mer du Froid; sur la limite du bord nord-ouest, une tache d'une forme ovale fort allongée; c'est la Mer de Humboldt; et enfin sur le bord extrême du sud-ouest, la Mer Australe, dont on n'aperçoit qu'une partie.

Les mers lunaires

Nom latin (international) Nom français
Mare Anguis
Mare Australe
Mare Cognitum
Mer des Crises
Mare Fecunditatis
Mare Frigoris
Mare Humboldtianum
Mare Humorum
Mare Imbrium
Mare Insularum
Mare Marginis
Mare Nectaris
Mare Nubium
Mare Orientale
Mare Serenitatis
Mare Smythii
Mare spumans
Mare Tranquillitatis
Mare Undarum
Mare Vaporum
Oceanus Procellarum


Mare Ingenii
Mare Moscoviense
Mer des Anguilles
Mer Australe
Mer Connue
Mer des Crises
Mer de la Fécondité
Mer froide
Mer de Humboldt
Mer des Humeurs
Mer de Pluies
Mer des Îles
Mer Marginale
Mer du Nectar
Mer des Nuages
Mer Orientale
Mer de la érénité
Mer de Smyth
Mer Ecumante
Mare Imbrium
Mer des Vagues
Mer des Vapeurs
Océan des Tempêtes


Mer du Génie
Mer Moscovite (ou mer de Moscou) 

Toutes ces prétendues mers projettent, sur leurs rives ou dans leur prolongement, des taches sombres plus petites qui ont reçu les noms de « golfes » (sinus), de « lacs » (lacus) ou de « marais » (palus). Entre les Mers de la Sérénité et du Froid s'étendent le Lac des Songes et le Lac de la Mort. Les Marais de la Putréfaction et des Brouillards occupent la partie occidentale de la Mer des Pluies, dont la rive septentrionale forme un golfe arrondi connu sous le nom de Golfe des Iris ou des Arcs en ciel. Le Golfe de la Rosée est le prolongement vers l'extrême nord-ouest de l'Océan des Tempêtes.

Enfin, pour terminer cette nomenclature de base, citons encore le Marais du Sommeil à l'ouest de la Mer de la Tranquillité; le Golfe du Centre qui est le prolongement méridional de la Mer des Vapeurs; enfin le Golfe Torride qui s'avance jusque sur le bord méridional de la Mer des Pluies.

Quant aux grands espaces lumineux et brillants qui encadrent les taches grisâtres que nous venons de décrire, ce sont les « continents » ou terres. Riccioli, sur sa carte, leur avait donné des noms comme aux mers. Ils n'ont généralement pas été repris, on en a reporté les principaux sur notre carte pour mémoire.

Les formations lunaires.
Les « mers » et les « continents ».
Les astronomes, on l'a dit, ont donné le nom de mers aux grandes taches sombres qui couvrent la moitié septentrionale de la Lune et que l'on rencontre surtout à l'Ouest et à l'Est de la partie australe de l'hémisphère tourné vers la Terre (l'autre hémisphère est pratiquement dépourvu de mers). Ces mers lunaires sont des plaines composées de roches (laves solidifiées) relativement jeunes, tandis que les parties claires ou continents sont des régions montagneuses, criblées de nombreux cratères, et qui constituent les terrains les plus anciens de la Lune. 

L'origine des mers - Quelques centaines de millions d'années seulement après la formation de la Lune, d'énormes météorites ont bombardé sa surface et creusé de larges bassins, beaucoup plus grands que les cratères ordinaires.

La croûte de notre satellite s'est fissurée et une lave noire très fluide, venue des profondeurs, est remontée à travers les crevasses pour remplir complètement ces bassins. Au contact du froid de l'espace, cette lave de basalte a durcit et s'est figée. C'est elle qui forme aujourd'hui ces vastes plaines que sont en fait les mers lunaires.

Par la suite, sur la lave solidifiée de nouveaux météorites, plus petits et moins nombreux, ont encore ouvert quelques cratères. Le fond de certains s'est rempli de lave. D'autres montrent encore autour d'eux les débris clairs projetés par ces collisions.

Les cratères.
Quand nous étudions le globe lunaire dans un télescope de moyenne puissance avec un grossissement de 40 à 60 diamètres, lorsque la Lune ne nous présente qu'un faible fuseau, à quelques jours de la nouvelle lune, nous nous trouvons en présence d'un beau spectacle. Toutes les parties blanches ou brillantes du disque sont parsemées d'une multitude prodigieuse de cavités circulaires ou ovales, de dimensions variées, principalement sur les limites de la partie éclairée de la Lune et dans les régions centrales. Ce sont des espèces de coupes dont les bords, en forme de remparts, s'élèvent non seulement au-dessus du niveau du sol, mais encore au-dessus du fond de la cavité. Chacune d'elles est vivement éclairée du côté de la lumière, c.-à-d. à l'extérieur pour le demi-cercle tourné vers le Soleil, et à l'intérieur pour l'autre moitié de l'enceinte qui lui présente sa concavité. 

Au contraire, du côté de la moitié obscure du disque, on aperçoit des ombres épaisses qui indiquent à merveille la forme générale de tous les accidents du sol lunaire. Le fond même de la coupe est tantôt lumineux, tantôt dans l'obscurité, et, dans quelques-unes des cavités, on aperçoit nettement des éminences qui portent ombre sur le sol intérieur. Les dimensions varient beaucoup : certaines coupes paraissent de petits trous, tandis que d'autres sont comme de vastes cirques ou enceintes circulaires renfermant quelquefois à l'intérieur et sur les bords des cavités beaucoup plus petites. Nous voyons donc que le sol lunaire est couvert de dépressions et d'aspérités; ces dernières sont les montagnes de la Lune. Nous avons dit que certaines cavités sont circulaires, tandis que d'autres sont ovales; ces dernières doivent généralement leur apparence elliptique à un effet de perspective provenant de ce que chaque cercle se trouve tracé sur les diverses, parties d'un hémisphère, mais certaines de ces formations peuvent aussi être parfois réellement elliptiques. 

Les cavités lunaires de petites et de moyennes dimensions ont reçu le nom de cratères (par analogie avec les cratères des volcans auxquels on assimilait autrefois ces formations); les plus petits de ces cratères sont appelés craterlets; ceux qui ont une plus grande étendue sont des cirques. Les montagnes isolées, de forme plus ou moins pyramidale ou conique, qui s'élèvent à l'intérieur des cirques, sont des pics ou des pitons. Certains grands cirques à demi ensevelis et à fond plat sont appelés des plaines murées. Lorsqu'ils sont presque complètement engloutis on parle de formations fantômes. Les cratères résultent de l'impact de météorites au cours de la dernière période de la formation de la Lune, quand sa surface était enfin solidifiée; les les pics en leur centre s'expliquent par l'effet du rebond de la matière lunaire après l'impact.

Lune : rainures dans la région d'Hyginus.
Rainures dans la région d'Hyginus
(à la limite de la Mer des vapeurs et du Golfe du Centre).

Les montagnes.
Les chaînes de montagnes sont relativement peu nombreuses sur l'hémisphère visible de la Lune; la plupart se trouvent dans la partie septentrionale du disque. Les Alpes, le Caucase, les Apennins (600 km de longueur) sont les plus remarquables; nous citerons encore: les monts Hemus et Taurus, les Carpates, les monts Ourals, les monts Doerfel et Leibniz, les Pyrénées, les monts Altaï, les Cordillères, les monts d'Alembert, la chaîne de Tries necker, etc. ; les cirques de Ptolémée, Copernic, Tycho, Shickardt (256 km de diamètre), Clavius (228 km), Grimaldi (224 km), Eudoxus, Aristote, Descartes, etc. 

Les montagnes les plus élevées, d'après J. Schmidt, qui avait consacré trente-cinq années de recherches à l'établissement d'une bonne carte de la Lune, sont les suivantes : Curtius (8830 m), Newton (6900 m), Casatus (6470 m), Short (6360 m), Tycho (6120 m), Calippus (6040 m), Kircher (5680 m), Theophilus (5560 m), Gruemberger (5480 m). 

Les autres formations lunaires.
Le mers lunaires et le fond de certains cratères peuvent aussi révéler d'autres formations telles que de petits monticules appelés dômes ou intumescences, parfois surmontés de cratères, et des rainures ou crevasses. On peut également observer de longues traînées claires rayonner à partir de quelques cratères (par exemple Copernic et Tycho, dont l'un des rayonnements a plus de mille kilomètres de long) : elles correspondent à de la matière éjectée du cratère lors de l'impact météoritique à l'origine de celui-ci.

Les mers révèlent également des lignes de reliefs, hautes de seulement une centaine de mètres mais longues parfois de plusieurs centaines de kilomètres, appelées dorsales, et qui semblent s'être formées par des effets de compression lors du refroidissement de la Lune.



Thierry Lecault et Serge Brunier, Le Grand atlas de la Lune, Larousse, 2004.
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