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L'idée
de nécessité
appartient à la fois à la logique
et à la métaphysique. Le type
de la nécessité logique, c'est le principe
d'identité : ce qui est est; A = A ;
une même chose ne peut à la fois être et n'être
pas. A ce point de vue est nécessaire toute idée, toute proposition
dont le contraire ne peut être conçu ou affirmé sans
contradiction.
Par exemple, il est nécessaire, selon les principes de l'arithmétique,
que 2+2 = 4; qu'un triangle ait trois côtés,
car la nécessité dite géométrique
ou mathématique n'est elle-même
qu'un cas particulier de la nécessité logique. C'est une
nécessité de ce genre que Spinoza
place à l'origine des choses. Il faut, pour en approfondir la notion,
se reporter non seulement à la théorie scolastique
de la modalité des propositions,
laquelle distingue quatre modes : possible,
contingent,
impossible et nécessaire, mais encore à la théorie
kantienne ( Criticisme)
des jugements analytiques et synthétiques
( Analyse,
Synthèse).
Seuls en effet les jugements analytiques, ceux dans lesquels l'attribut
ne fait que répéter totalement ou partiellement le sujet,
sont logiquement nécessaires. C'est pourquoi, selon Kant,
la question de savoir si Dieu existe nécessairement,
comme le prétend la fameuse preuve de saint
Anselme qu'il nomme argument ontologique,. revient à savoir
si la proposition: l'être-parfait
existe, est un jugement analytique ou synthétique.
Les autres types
de nécessité ne paraissent pas avoir été aussi
nettement définis. Tout d'abord, dans l'ordre intellectuel, liant
parait accorder aux jugements synthétiques à priori, tels
que le principe de substance, le principe de
causalité,
etc., une nécessité
sui generis, rationnelle
mais non logique, nullement dérivée
du principe d'identité, mais se rattachant plutôt aux conditions
de l'unité synthétique de la pensée.
D'autre part, au point de vue réel ou objectif, les métaphysiciens
ont généralement admis une nécessité physique
ou causale en vertu de laquelle d' «-une
cause
déterminée suit nécessairement un effet déterminé
». Ex determinata causa necessario sequitur determinibus effectus;
et de même beaucoup d'entre eux admettent aussi une nécessité
morale
ou téléologique en vertu de
laquelle une fin commande et suscite elle-même les moyens de sa propre
réalisation. Il semble que Leibniz élargissait
la nécessité morale au point d'y faire rentrer toute nécessité
irréductible au principe d'identité et relevant du principe
de raison suffisante, tandis que d'autres la restreignent
à la seule nécessité du devoir, à cette nécessité
pratique qui constitue proprement l'obligation morale.
En somme, l'idée
de nécessité ne fait qu'un avec l'idée de loi.
On connaît la célèbre définition de Montesquieu:
Les lois sont les rapports nécessaires
qui dérivent de la nature des choses. Mais les lois sont l'objet
essentiel de l'intelligence. Toute philosophie
intellectualiste est donc une philosophie de la nécessité.
Aussi les philosophes qui combattent l'intellectualisme se sont-ils surtout
attaqués à l'idée de nécessité.
(E. Boirac).
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En
bibliothèque -
Charles
Secrétan, Philosophie de la liberté. - Boutroux,
De
la contingence des lois de la nature. - Fouillée,
la
Liberté et le Déterminisme. - Brunsvick, la Modalité
du jugement. |
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