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Démiurge. - Chez les anciens philosophes, il semblait répugner à la perfection de la divinité, qu'elle-même eût mis en quelque sorte la main à l'oeuvre pour former le monde. Déjà Anaxagore, en reconnaissant une intelligence supérieure aux principes matériels, laissait à ceux-ci le soin de composer, en se rapprochant et se réunissant, tout l'univers.

Aristote dira que la pensée divine, ayant besoin d'un objet digne de sa perfection, ne le trouve qu'en elle-même, et dédaigne de s'abaisser jusqu'à des choses imparfaites; et les Épicuriens ajouteront que rien ne serait plus contraire à la béatitude des dieux que de s'occuper de la nature et de l'humain. Toutefois, comme la divinité doit être considérée non seulement en elle-même, mais dans ses rapports avec les choses, cette seconde considération amena l'esprit à l'idée d'un démiurge, sorte de dédoublement de Dieu, et qui, comme un ouvrier, accomplit la besogne d'organiser le monde. 

C'est l'amour (eros), disait Platon; d'autres diront l'intelligence (nous), ou bien l'âme du monde. C'est encore Dieu, ou plutôt un Dieu, inférieur cependant à la pure essence de la divinité, et qui se souille, semble-t-il, par son contact avec la matière. Plus tard la tâche du démiurge à l'égard du monde physique sera remplie à l'égard du monde moral par un divin médiateur, qui sur les ruines du vieil homme, bâtit une humanité nouvelle, couvre de la grâce et non plus de la nature, fille du ciel et non plus de la terre, et participant ainsi à la perfection de Dieu. (C. Adam).

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