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Plotin

Plotin, philosophe néoplatonicien, né en 205 de J.-C. à Lycopolis (Assiout, en Haute-Égypte), s'attacha à l'âge de 28 ans au philosophe Ammonius Saccas, dont il suivit les leçons à Alexandrie pendant 11 ans, accompagna en 244 l'empereur Gordien dans une expédition contre les Perses, voulant puiser à sa source la philosophie des Orientaux; vint, après l'avènement de Philippe l'Arabe et vers l'âge de 40 ans, se fixer à Rome, y ouvrit une école de philosophie où afflua bientôt un immense concours, et obtint le respect de ses contemporains par ses vertus ainsi que par sa science. Il se retira dans sa vieillesse en Campanie et y mourut en 270. Il avait, dit-on, obtenu de l'empereur Gallien la permission de bâtir dans la Campanie une ville où il devait réaliser la république idéale de Platon, et qui aurait porté le nom de Platonopolis; mais des envieux firent échouer ce projet. Plotin s'était proposé de fonder l'éclectisme en prenant pour base la doctrine de Platon et s'effoçant de concilier avec elle les autres doctrines des philosophes, mais il ne tarda pas à tomber dans le mysticisme.

Le but de la philosophie, selon lui, c'est l'union intime,sans intermédiaire, de l'âme humaine avec l'être divin, ce qu'il appelle l'unification ou simplification (hénosis, haplosis) : on y arrive par la contemplation et par l'extase; Plotin prétendait avoir plusieurs fois joui lui-même de la vue de Dieu. Il reconnaissait dans la divinité une sorte de trinité, distinguant en elle trois états ou hypostases : l'Un, c.-à-d. Dieu en soi et sans attributs, l'Intelligence (noûs),, et l'Ame universelle (psychê); la 1re de ces trois personnes est la plus parfaite : les deux autres en procèdent. Dieu, par sa providence, a tout ordonné et gouverne tout; les êtres sont sortis de son sein par un sorte d'émanation, que Plotin appelle procession; la création est une chute, la matière est le principe du mal et n'est digne que de nos mépris: aussi Plotin avait-il honte d'être logé dans un corps et ne voulut-il jamais permettre de prendre son portrait.

Ce philosophe avait laissé sur sa doctrine 54 Traités, que son principal disciple, Porphyre, se chargea de réviser et de publier; il les rassembla en six sections, composées chacune de neuf morceaux, et qu'il nomma pour ce motif Ennéades (c.-à-d. neuvaines). Le style en est souvent obscur; mais ou y trouve le spiritualisme le plus élevé et la morale la plus pure : les Pères de l'Eglise, surtout S. Basile et S. Augustin, s'en sont souvent inspirés. (A19).



Editions anciennes - Les Ennéades de Plotin ont paru d'abord uniquement en latin, traduites par Marsile Ficin, Florence, 1492, in-f.; elles furent ensuite imprimées à Bâle, 1580, grec-latin. Fr. Creuzer qui déjà en 1814 avait publié le livre de Pulchritudine, a donné en 1835 les Ennéades entières, avec la trad. de Ficin, des variantes et des commentaires, Oxford, 3 v. in-4; elles ont été réimpr. par MM. Didot, Paris, 1855, gr. in-8, et par Kirchhoff, Leipzig, 1836, 2 v. in-18 (grec seul). Quelques morceaux des Ennéades ont été trad. en anglais par Th. Taylor; Engelhardt a mis en allemand la 1re Ennéade, Erlang., 1820-23, 2 v. in-8. Bouillet en a donné une trad. française complète; Paris, 1857-61, 3 vol. in-8, ouvrage couronné par l'Académie française. La Vie de Plotin a été écrite par Porphyre.
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