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Gémistos (Georgios), dit Gémiste Pléthon. - Philosophe byzantin du XVe siècle, si attaché à l'école platonicienne qu'il changea lui-même son nom de Gémiste en celui de Pléthon parce que le dernier se rapprochait davantage de celui du maître. Envoyé en 1438 au concile de Florence, réuni pour faire cesser le schisme d'Orient, il s'opposa de toutes ses forces à la réunion des deux Églises. Plus tard, chassé de son pays et réfugié en Italie, il se prononça pour les Latins, à la grande colère de ses amis de Constantinople. Au reste, ses convictions religieuses ne paraissent pas avoir été bien sincères ni bien profondes, car on assure que dans un livre publié après sa mort, et qui fut détruit par Gennade, patriarche de Constantinople, comme hostile à la religion chrétienne (la Législation ou les Lois, imité des Lois de Platon), il se prononçait ouvertement pour le paganisme. Accueilli à Florence par les Médicis, il réussit à leur faire partager son admiration enthousiaste pour Platon, et il fut le fondateur de cette célèbre académie platonicienne qu'illustra après lui Marsile Ficin. Il mourut à un âge avancé, à une époque qu'un ne peut fixer. 

Georges Gemiste, écrivain brillant, orateur éloquent, passa de son vivant pour un grand homme : en réalité, son oeuvre se réduit à fort peu de chose et ses idées philosophiques sont sans valeur.  Il exerça une certaine influence en suscitant par la publication de son livre : De Plalonicae atque Aristotelicae philosophiae differentia (en grec, Venise, 15321540; avec traduction latine, Bâle, 1574; Paris, 1541), la grande querelle entre les partisans de Platon et ceux d'Aristote, à laquelle prirent part Gennade et Théodore Gaza, qui passionna au plus haut point les esprits, et que l'autorité du cardinal Bessarion ne parvint pas à apaiser. 

Tout en invoquant par-dessus tout le nom de Platon, Gémiste s'inspirait surtout de l'école d'Alexandrie, et il s'appropriait son interprétation du platonisme : il était plus près de Plotin et de Proclus (Néo-Platonisme) que du véritable Platon. Il s'inspirait aussi, à l'exemple de ses maîtres alexandrins, du stoïcisme, dont il mettait la morale au-dessus même de celle des chrétiens (De Virtutibus; Anvers, 1552). Bien plus, voulant lui aussi concilier toutes les doctrines dans un éclectisme mystique et confus, il crut retrouver les doctrines de l'ancien Orient et publia les Oracula magica Zoroastris (Paris, 1538-1599). Il avait déjà publié en 1549 un traité : Zoroastrorum et Platonicorum dogmatum compendium, dont le titre seul peut donner l'idée de la manière dont il comprenait la critique et l'histoire. Signalons encore un Libellus de fato, et un commentaire sur l'Introduction de Porphyre, sur les Catégories et les Analytiques d'Aristote. , ainsi qu'un Traité d'Astronomie, qui est resté inédit. (V. B.).


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