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| Dictionnaire | |
Généralisation
. - La généralisation est l'opération intellectuelle
par laquelle l'esprit forme des idées
générales, en dégageant le général du
particulier, et à l'en séparant, afin de le voir séparément.
La généralisation est de deux sortes, médiate et immédiate.
Dans le premier cas, l'esprit part des notions concrètes et individuelles
des êtres ou des faits; puis, par l'abstraction
et la comparaison volontaire, il forme ensuite
les notions générales d'espèce,
de genre, de classe, etc.
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1° L'expérience ne nous offre que des objets on des êtres particuliers : tel ou tel chêne, tel ou tel cheval. Par l'abstraction, nous détachons de ces objets une ou plusieurs qualités qui n'existent pas séparément dans la réalité.Plus le nombre de qualités abstraites prises pour former une idée générale est restreint, plus il y a d'objets particuliers auxquels cette idée générale est applicable. D'où cette formule que l'extension et la compréhension d'une idée générale sont en raison inverse l'une de l'autre. En effet, l'extension d'une idée générale se mesure au nombre d'êtres qu'embrasse cette idée; la compréhension, au nombre des propriétés qu'il a fallu considérer pour former l'idée générale. La compréhension renferme le nombre de qualités communes aux individus contenus dans une classe; l'extension, le nombre de ces individus. La généralisation immédiate ne résulte pas de la comparaison; elle ne doit rien à la volonté. C'est une opération de la raison qui consiste à s'élever au nécessaire et à l'absolu, au moyen du contingent et du relatif : ainsi, à l'occasion de l'idée d'un temps limité, nous concevons nécessairement l'idée du temps sans limite. Cette sorte de généralisation donne un résultat tout différent de la première. Par celle-ci on obtient des principes qui résultent de recherches volontaires, longues et laborieuses; dans le second cas, certains principes nous apparaissent d'eux-mêmes et comme malgré nous; ils ont pour caractères d'être spontanés, nécessaires, universels. Ce ne sont plus des idées générales, mais universelles. La généralisation a une triple utilité : 1° elle simplifie la connaissance en nous permettant de réunir en une seule idée un grand nombre d'idées particulières;Les philosophes ont été, de tout temps, très divisés sur le point de savoir quelle est la véritable nature des idées générales. Ce problème a reçu trois solutions différentes : celle des réalistes, qui enseignent que les idées générales correspondent à des réalités distinctes; celle des nominalistes, pour qui les idées générales ne sont que des noms, des souffles de voix, flatus vocis; enfin, celle des conceptualistes, pour qui les idées générales sont des formes de la pensée humaine correspondant aux rapports qui existent entre les êtres et qui sont réels comme les êtres eux-mêmes, quoiqu'ils en soient inséparables. (R. / NLI). |
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