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| Solon. -
Législateur et poète athénien, né à
Athènes
(ou à Salamine La première occasion qu'il eut de
se mêler aux affaires publiques et de montrer la grandeur de son
caractère fut la guerre d'Athènes contre Mégare
à propos de l'île de Salamine, dans les dix dernières
années du VIIe siècle. Les
Athéniens, découragés par leurs échecs et la
longueur de la guerre, avaient édicté un décret qui
défendait sous peine de mort de demander, soit par la parole, soit
par écrit, la continuation de la guerre; Solon, indigné d'une
pareille lâcheté, se présenta sur la place publique
et, feignant d'être atteint de folie, chanta (ce que ne défendait
pas le décret) un poème sur Salamine où il réveillait
le courage de ses concitoyens : cet artifice eut un tel succès que
le décret fut rapporté et la guerre reprise; c'est par l'adresse
de Solon également que Salamine fut reprise aux Mégariens
et que la conquête fut confirmée par les Spartiates chargés
de juger entre les deux parties; Solon allégua en effet devant eux
les oracles Peu après, vers l'an 600; ce fut
encore sous l'influence de Solon que la guerre sacrée amphictyonique
contre Cirrha pour la défense du temple de Delphes
fut décidée. Les Cirrhéens, coupables d'impiété
envers le sanctuaire, furent réduits en esclavage, et leur territoire
consacré à Apollon La guerre avec Mégare avait cependant repris, Nisée et Salamine avaient été perdues, et le peuple, effrayé par des apparitions et des signes de la colère céleste, fit venir le Crétois Epiménide pour purifier la ville et apaiser les dieux. Cette nouvelle tentative pour calmer les luttes politiques eut peu de succès, et bientôt Athènes se trouva de nouveau divisée entre plusieurs partis également acharnés : la tyrannie des Eupatrides et la violence déréglée des passions populaires avaient créé trois partis : les habitants de la montagne (Diacrioi), qui voulaient un gouvernement populaire; ceux de la plaine (Pediaioi), qui tenaient pour un gouvernement oligarchique; et ceux de la côte (Paraloi), qui préconisaient une solution mixte; les pauvres, accablés de dettes, étaient réduits à engager leurs champs, à vendre leurs enfants, à tomber eux-mêmes dans l'esclavage et cherchaient à se soulever contre les riches : tel était le résultat de la législation de Dracon, devenue intolérable. Dans ces conjonctures, tous les yeux se tournèrent vers Solon, qui paraissait seul capable d'imposer une organisation nouvelle : il appartenait, à la vérité, aux Eupatrides, mais il n'avait pris aucune part à l'oppression des riches, et, d'autre part, il ne pouvait être soupçonné de partialité pour les pauvres; il fut nommé archonte en 591 d'un accord unanime; il montra aussitôt sa sagesse et sa modération en refusant la tyrannie qu'on lui offrait : son but principal fut de combler l'abîme qui séparait les nobles du peuple, de briser la tyrannie des premiers, de relever les seconds, et de donner à tous une part dans le gouvernement dans la cité. Les réformes de Solon portèrent sur quatre points : il fit une réforme économique, la seisachthia, une réforme de la constitution, une réforme de la législation et une réforme de la monnaie, des poids et mesures. La seisachthia ou décharge partielle des dettes, rendit la liberté à ceux qui s'étaient vendus comme esclaves et sauva ceux qui étaient écrasés par ce qu'ils devaient; les petits propriétaires de champs en profitaient également. La réforme constitutionnelle reposait sur des principes déjà anciens et substituait la richesse à la naissance, la timocratie à l'aristocratie : les droits politiques dépendaient des charges des citoyens; les quatre classes de citoyens qui existaient auparavant furent maintenues; les Pentacosiomédimnes, les Hippeis, les Zeugites, les Thètes; cette division, qui a été souvent attribuée à Solon, ne date pas de lui. La première classe comptait un revenu de plus de 500 médimnes, la seconde 300, la troisième 200, et la quatrième, au-dessous, ne payait pas d'impôt ; on ne sait pas exactement comment était estimé dans cette organisation le capital immobilier (industrie et commerce), ni comment il se rattachait aux différentes classes. Un grand pas dans le sens de la démocratie
était fait par la réforme qui permettait au peuple entier
de prendre part à l'assemblée générale, et
par l'organisation du tribunal populaire de l'Héliée. Pour
balancer le pouvoir donné ainsi au peuple, Solon décida que
les magistrats ne pouvaient être pris que dans les trois premières
classes; il organisa, en outre, deux conseils que Plutarque
appelle « les ancres de la république », le Sénat
et l'Aréopage : le premier composé de 400 membres qui préparaient
les lois, et le second composé de tous les archontes sortant de
charge. Les tables de Solon contenaient une législation traitant
toutes les matières, religieuses, politiques, civiles, criminelles,
commerciales, etc. : il conserva les lois de Dracon
pour un certain nombre de matières, en particulier l'assassinat
et le meurtre; les lois furent gravées sur des tables de bois (axones Solon ne se figurait pas avoir fait des
lois éternelles : il s'était efforcé d'accommoder
plutôt les lois à l'état des choses existant, que les
choses aux lois. Plutarque prétend,
avec peu d'apparence de raison, que Solon voulait imposer ses lois à
Athènes pour une période de cent ans; Hérodote
doit être plus près de la vérité quand il raconte
que le législateur fit jurer aux Athéniens de respecter ses
lois pendant dix ans. On a voulu appuyer cette affirmation du fait que
Solon se serait ensuite absenté pendant dix années, Voyageant
pour éviter qu'on pût lui demander de modifier lui-même
sa législation et pour permettre aux Athéniens de s'y habituer
: les dates historiques ne paraissent pas confirmer cette histoire, car
il semble prouvé que Solon ne quitta pas Athènes pour voyager
avant l'année 571. Il se rendit d'abord en Égypte, où
il s'entretint avec les prêtres d'Héliopolis Solon revint à Athènes en 561; il y trouva, le peuple aussi peu satisfait que les Eupatrides de sa législation : les premiers avaient espéré l'abolition absolue des dettes et le partage des terres, les seconds se trouvaient lésés profondément dans leurs prérogatives; les anciennes dissensions intestines avaient déjà repris, et Pisistrate se préparait à s'emparer de la tyrannie. Solon chercha par tous les moyens à contrecarrer son entreprise, et à prévenir le peuple contre les ruses de Pisistrate; mais les Athéniens ne voulurent pas l'écouter, et, en 560, Pisistrate se rendit maître du pouvoir. Il en usa d'ailleurs avec modération et maintint sagement les lois de Solon. Celui-ci vécut dès lors dans le repos, universellement estimé, et revint à l'étude de la philosophie et à la culture de la poésie. Nous possédons des fragments de
ses poésies en vers élégiaques |
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