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Maîtresse
de l'Occident, Rome tourna son ambition vers l'Orient. Philippe
V, roi de Macédoine ,
qu'elle avait forcé de renoncer à l'alliance d'Hannibal
en
203,
fut battu par Flamininus à Cynoscéphales
en 197,
et contraint de renoncer à la suprématie de la Grèce ,
dont les Romains proclamèrent l'indépendance pour masquer
et préparer leurs desseins ( La
Conquête romaine de la Grèce ).
Antiochus
le Grand, qui, conseillé par Hannibal,
tenta de s'y opposer, fut vaincu à Magnésie en 190.
Persée, fils de Philippe, qui, voulut renouveler la lutte avec Rome,
fut défait à Pydna
en 168,
et la Macédoine fut divisée en 4 républiques,
soumises aux Romains. Ils étendirent aussi leur puissance sur l'Égypte ,
et les peuples de la Gaule Cisalpine ,
qui s'étaient soulevés, les Liguriens
et les Vénètes furent subjugués.
La troisième guerre Punique,
commencée en 149,
se termina en 146
par la prise et la destruction de Carthage ,
dont le territoire fut réduit en province romaine. Le peuple romain,
émancipé de son tuteur nécessaire, la crainte, comme
parle saint Augustin (de Civitate Dei,
I ), s'abandonna sans aucune retenue à cet appétit de domination,
entre toutes les passions des humains la plus enivrante, peut-être.
«
La discorde, l'avarice et l'ambition, filles ordinaires de la prospérité,
se développaient surtout après la ruine de Carthage »,
dit aussi Salluste.
La Macédoine
subit le même sort que Carthage
en 148,
et la Grèce
devint aussi une province romaine ( La
Grèce sous la domination de Rome ),
sous le nom d'Achaïe en
146. Le consul Cépion mit fin à un soulèvement des
Lusitaniens
contre la domination de Rome en faisant assassiner leur chef Viriathe en
140.
La résistance héroïque de Numance
amena la destruction de cette ville en 133.
Deux révoltes des esclaves en
Sicile ,
138-132
et 104-101,
furent noyées dans le sang d'un million de ces malheureux. A la
lutte entre les patriciens et les plébéiens, dans laquelle
les premiers furent dépouillés de leurs prérogatives
par les seconds, succéda celle des riches et des pauvres. Les riches
formaient la nouvelle aristocratie des nobles
(nobiles), composée des anciennes familles patriciennes et
des hommes nouveaux (homines novi), admis aux magistratures.
L'administration des provinces conquises fut pour cette noblesse un moyen
d'augmenter ses richesses, avec lesquelles le luxe et la corruption des
moeurs s'introduisirent à Rome .
Le contact avec la Grèce vaincue porta surtout un coup mortel à
l'ancienne simplicité romaine.
La loi
agraire, proposée en 133
par T. Gracchus, et renouvelée par son
frère Caius, qui tenta aussi de faire accorder le droit de cité
à tous les peuples de l'Italie ,
succomba avec ce dernier, en 121,
par la victoire du parti aristocratique sur les plébéiens.
La corruption et la vénalité se manifestèrent ouvertement
pendant la guerre contre Jugurtha, qui fraya
la route des honneurs à un nouveau démagogue, Marius.
Le besoin qu'on eut de lui contre les Teutons
et les Cimbres,
qu'il défit en 102
et 101,
le rendit tout-puissant, et lui permit de faire triompher la faction démocratique.
Il tint une conduite équivoque pendant la Guerre sociale, que Sylla
termina victorieusement en 88.
La rivalité qui couvait entre ces deux habiles capitaines éclata
alors à l'occasion de la guerre contre Mithridate,
dont ils se disputèrent le commandement. Sylla le reçut du
Sénat,
et Marius se le fit donner par le peuple. Mais ce dernier, que son compétiteur
avait forcé, en s'emparant de Rome, de se réfugier en Afrique ,
rentra dans Rome
en 87,
tandis que Sylla était en Orient, et l'anarchie
populaire y régna jusqu'en 82,
où le vainqueur de Mithridate le remplaça
par une sanglante dictature.
Les guerres civiles.
Le mal qui rongeait
la république était trop profondément
enraciné pour que les lois par lesquelles
Sylla
avait voulu restaurer l'ancienne puissance
aristocratique
pussent être efficaces.
Pompée, qui
termina par un succès la guerre contre Sertorius
en Espagne ,
la guerre contre Spartacus en Italie ,
la guerre contre les pirates et la seconde guerre contre Mithridate,
rétablit la puissance des tribuns du peuple
pendant son consulat avec Crassus, en 70.
Cicéron
fut proclamé père de la patrie pour avoir déjoué,
en 63,
la conspiration de Catilina,
qui fut défait et tué en 62.
Mais la république succomba
par le pouvoir illimité auquel parvinrent, à la tête
de leurs armées, les généraux
qui achevèrent de rendre Rome maîtresse du monde ancien.
Un premier triumvirat
se forma en 60
entre Pompée, César
et Crassus. Mais la mort de Crassus, tué
en 53dans
une expédition contre les Parthes
( La Perse ancienne ),
rompit l'union entre César et Pompée. Après avoir
achevé la conquête de la Gaule ,
où il était entré en 58,
César, que son rival avait fait rappeler, passa le Rubicon
en 49,
et marcha sur Rome ,
d'où Pompée s'enfuit avec le Sénat.
La bataille de Pharsale ,
gagnée en 48
par César sur Pompée, qui fut assassiné lorsqu'il
abordait en Égypte ,
éleva le vainqueur à la dictature,
qu'il se fit déférer à vie en 45,
après avoir défait Pharnace en Asie
en 47,
et anéanti le parti de Pompée à Thapsus en Afrique
en
46,
et à Munda
en Espagne
en 45.
Mais il fut assassiné en 44.
Une nouvelle guerre civile, suscitée par Marc-Antoine
et Lépide
contre les meurtriers de César, éclata aussitôt. Antoine
perdit près de Modène en 43
une bataille où les deux consuls Hirtius
et Pansa furent tués.
Le jeune Octave,
neveu et héritier de César, qui avait
accompagné les consuls, se fit donner le
consulat. Il marcha à la rencontre de Marc-Antoine
et de Lépide, et conclut avec eux, cette
même année 43,
un triumvirat, qu'ils ensanglantèrent par les plus cruelles proscriptions.
Le parti républicain, rallié autour de Brutus
et de Cassius, fut
deux fois vaincu à Philippes
en 42
par Octave et Antoine, qui se partagèrent entre eux le territoire
de la république. Lépide,
à qui ils n'avaient laissé que l'Afrique, en fut ensuite
dépouillé, par Octave. Antoine, qui avait épousé
Octavie, soeur d'Octave, l'abandonna pour s'unir à Cléopâtre.
Une rupture éclata alors entre les deux triumvirs,
et la bataille navale d'Actium ,
gagnée par Octave en 31,
et suivie de la mort d'Antoine à Alexandrie ,
et de la réduction de l'Égypte
en province romaine, laissa le vainqueur maître absolu de la république.
Elle fut remplacée par l'empire
en 29,
lorsqu'Octave, à sa rentrée triomphante
à Rome, reçut le titre d'lmperator.
Octave
réunit en sa personne toutes les magistratures
suprêmes de la république,
et reçut du Sénat, en 27,
le nom d'Auguste. Il exclut de ce corps
tous les membres qui ne lui étaient pas entièrement dévoués,
et consolida son autorité par l'organisation d'une armée
permanente. Cette révolution, dit Tacite,
ne déplut ni à la noblesse ni aux provinces qui, fatiguées
des divisions du Sénat et du peuple, leur préférèrent
un ordre stable. Parvenu au but de son ambition, Auguste s'attacha à
réparer les maux, dont il était en partie l'auteur. Son règne
fut le siècle classique de la littérature
romaine. La langue latine, arrivée
à sa plus haute perfection produisit ses plus admirables chefs-d'oeuvre.
Sans être comparable à la littérature
des Grecs sous le rapport de l'invention, la littérature des
Romains se distingue par un caractère tout particulier, par la grande
idée de Rome qui respire dans toutes ses oeuvres, chez Virgile
dans la poésie comme chez Tite-Live
dans la prose.
Le Haut-Empire
: d'Auguste à la fin du principat.
L'Espagne
septentrionale, la Gaule
occidentale, la Rhétie ,
la Vindélicie ,
le Norique ,
la Pannonie
et la Mésie
furent ajoutées par Auguste à la
domination romaine. Mais la Germanie
ne put être subjuguée. L'empire
s'affermit par le despotisme sous la dure
tyrannie
de Tibère.
Consuls,
sénateurs,
chevaliers,
tous se précipitèrent à l'envi dans la servitude,
au témoignage de Tacite. La Cappadoce
et la Commagène
furent alors réduites en provinces romaines. La conquête de
la Bretagne ;
commencée sous Claude, fut poursuivie sous
Néron.
Avec ce tyran, qui ouvrit le temps des persécutions
contre les chrétiens ,
s'éteignit la famille d'Auguste.
Après trois
usurpations militaires, une nouvelle famille, qui a donné à
Rome trois empereurs, 69-96,
monta sur le trône avec Vespasien. Jérusalem
fut prise et détruite par les armes romaines en 70;
une insurrection des Bataves fut réprimée
et la conquête de la Bretagne
achevée. Mais Domitien fut obligé
d'acheter la paix des Daces par un tribut. Avec Nerva,
élu empereur en 96,
commença pour l'empire romain,
une période heureuse, qui dura jusqu'à la mort de Marc-Aurèle,
en 180.
La Dacie ,
la Mésopotamie, l'Arménie
et une partie de l'Arabie furent conquises. Hadrien
acheva de donner à l'empire une constitution monarchique.
Marc-Aurèle mourut pendant une guerre contre les Marcomans
et autres peuples germaniques. Commode,
fils de Marc-Aurèle, conclut avec eux une paix aux conditions défavorables.
-
Prisonniers
barbares faisant leur soumission à Marc-Aurèle.
Bas-Relief
de l'arc de triomphe élévé à cet empereur
sur
la Voie Flaminienne (musée du Capitole).
L'extinction de la
famille des Antonins fut suivie d'une époque
d'anarchie, pendant laquelle les prétoriens
et les légions disposèrent
de l'empire livré au despotisme
militaire. Les
Goths, les Francs,
les Alamans et les Burgondes
commencèrent à pénétrer dans les territoires
soumis aux Romains, qui eurent aussi à soutenir la guerre contre
les Perses. Sous Valérien
et Gallien, une foule d'usurpateurs, qu'on a
appelés les 30 tyrans en souvenir de ceux d'Athènes ,
se tirent proclamer empereurs de 253
à 267.
Pendant les 5 années du règne d'Aurélien,
270-275,
l'empire fut rétabli momentanément dans ses limites, et redevint
redoutable à ses ennemis.
Le Bas-Empire
: de Dioclétien à la chute de Rome.
La fiction de la
forme républicaine s'était maintenue
sous le principat, nom sous lequel on a désigné l'empire
depuis Auguste jusqu'à Dioclétien;
mais à l'avènement au trône de ce dernier (284)
commence une nouvelle époque. Ce prince donna à l'État
une organisation complètement monarchique,
empruntée à l'Orient. Pour résister aux Barbares,
qui s'avançaient de tous côtés, il associa Maximien
à l'empire, et les deux Augustes s'adjoignirent
deux Césars, chargés de partager
avec eux le gouvernement, et destinés à leur succéder.
Sous Dioclétien,
les victoires remportées sur les Perses
reculèrent les bornes de l'empire en Asie ,
et dans le même temps, les Chrétiens connurent des persécutions.
La division de l'empire amena des
guerres intestines. Constantin, dit le
Grand, se convertit au christianisme
en reconnaissance de la défaite du tyran Maxence
(312).
Il rendit en 315 un
édit autorisant le libre exercice de la religion chrétienne
qui était déjà répandue dans toutes les provinces.
Resté seul maître de l'empire en 323,
il en transféra le siège de Rome
à Byzance
en 329.
Il donna à l'état une constitution basée sur la centralisation
et sur la séparation entière des fonctions civiles et militaires.
Quatre préfectures furent créées :
1re
Préfecture des Gaules ,
comprenant 5 diocèses.
2e
Préfecture d'Italie ,
comprenant 4 diocèses.
3e
Préfecture
d'Illyrie ,
comprenant 2 diocèses.
4e
Préfecture
d'Orient, comprenant 5 diocèses.
Les villes de Rome
et de Constantinople
ne dépendaient d'aucun des 4 préfets, et avaient chacune
leur préfet de la ville. Lors de la division de l'empire
en Empire d'Occident et Empire d'Orient, les deux premières préfectures
formèrent l'Empire d'Occident, et les deux dernières, l'Empire
d'Orient. Constantin, en mourant, partagea
l'empire entre ses trois fils. Le dernier prince de sa famille, Julien,
abandonna la foi chrétienne, et échoua dans le dessein de
rétablir le polythéisme .
Théodose,
dit le Grand, arrêta par ses victoires les envahissements des Goths,
maintint l'empire intact sous son règne, et proscrivit le culte
païen. L'empire avait déjà été divisé
en 564
par Valentinien, qui, gardant pour lui l'Occident,
avait abandonné l'Orient à son frère Valens.
Le partage que Théodose fit à sa mort, en 395,
entre ses deux fils, Honorius, à qui
il laissa l'Occident, et Arcadius, qui eut l'Orient,
fut définitif. |
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