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Les Romains
appelaient magistratus l'autorité politique, la relation
qui existe dans l'Etat entre les dirigeants et les
dirigés. Ils n'avaient pas, à l'origine, l'idée de
la spécialisation du commandement ; le magistrat l'exerçait
dans les divers ordres politique, administratif, judiciaire, etc. Le pouvoir
qui lui était départi en vertu de sa fonction s'appelait
potestas;
de bonne heure, on en distingua l'imperium,
commandement militaire donnant un pouvoir exécutif absolu.
D'abord tout le pouvoir de la magistrature
fut concentré aux mains du roi, lequel déléguait son
autorité soit d'une manière générale, soit
pour des cas définis à des fonctionnaires ou employés.
Ce pouvoir passa intégralement des rois aux préteurs
et consuls; la constitution républicaine
se prémunit contre un abus en rendant la magistrature suprême
élective, annuelle et en la donnant simultanément à
deux collègues investis de droits égaux. Ce principe de collégialité
excluant l'unité de titulaire fut appliqué à toutes
les magistratures successivement créées, sauf la dictature
pour laquelle on se réserva de reconstituer momentanément
le pouvoir absolu aux mains d'un magistrat unique en cas de danger public.
Peu à peu, le pouvoir des magistrats
fut partagé entre un plus grand nombre de fonctionnaires qui se
spécialisèrent: la questure, la
censure
furent créées pour les affaires financières et administratives;
le préteur collègue inférieur fut adjoint aux consuls
et exerça leurs attributions judiciaires. La plèbe avait,
en 494, reçu des magistrats spéciaux, tribuns
et édiles, dont l'autorité ne s'étendait
pas théoriquement à l'ensemble du peuple (populus),
mais s'imposa pratiquement à l'Etat entier.
Il faut encore citer les magistratures inférieures, triumviri
monetales, triumviri capitales, decemviri
litibus judicandis, puis des magistratures exceptionnelles, telles
que les commissions qui organisaient les colonies
et les deux célèbres collèges des Decemviri legibus
scribendis (451 et 450) et des Triumviri reipublicae constituendae
(43).
On divisait les magistrats en majores
et minores; les premiers étaient les consuls,
préteurs
et censeurs qui seuls avaient droit à
la chaise curule .
Les magistratures étaient invariablement gratuites et, en principe,
remises à l'élection du peuple. On admit un ordre dans la
possession successive (cursus honorum); on débutait dans
la carrière politique par la questure, puis venait l'édilité,
la préture, le consulat. En 180, la loi Villia annalis consacra
cette coutume en fixant pour chaque office un minimum d'âge.
Au temps de l'Empire ,
on distingua les magistrats du peuple romain et ceux du prince;
les premiers élus par le Sénat, mais sur présentation
de l'empereur; les seconds délégués
du prince, auxquels on appliqua, par analogie, ce nom de magistrats qui
ne leur appartenait réellement pas, finirent par absorber tout le
pouvoir effectif; les principaux étaient les préfets
de la ville, du prétoire, des vigiles,
de l'annone, du trésor (œrarium).
(Le nom de magistrat s'est conservé
en France
pour désigner les fonctionnaires de l'ordre judiciaire; en Angleterre ,
pour les juges de paix et employés supérieurs de police;
en Allemagne ,
pour les autorités municipales.) |
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