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Claude est
un
empereur romain
de 41 à 54. Fils de Drusus l'Ancien et
d'Antonia la Jeune, Ti. Claudius Nero Drusus Germanicus est né à
Lyon le 1er août 744 de Rome (10
av. J.-C.); il était frère cadet du célèbre
Germanicus.
Pendant son enfance, il fut en proie à de nombreuses maladies, qui
le rendirent faible de corps et d'esprit, au point que sa mère l'appelait
« une erreur de la nature, un être incomplet, seulement ébauché.
» Il semble, d'après Suétone,
que tous les siens, Antonia sa mère, Livie
sa grand-mère,
Auguste son grand-père
adoptif, Tibère son oncle, l'aient tenu
en très médiocre estime. Il fit cependant des études
sérieuses, car il se piqua toujours de littérature et de
grammaire.
Plus tard, quand il fut empereur, il profita de son autorité souveraine
pour introduire pendant quelque temps trois nouvelles lettres dans l'alphabet
latin, l'antisigma, le digamma éolique, et une troisième
lettre inconnue, probablement un i consonne (lettres claudiennes); il avait
composé en latin des
Mémoires en huit livres, une
Apologie
de Cicéron et plusieurs autres ouvrages
historiques en grec; on connaît par les célèbres tables
de bronze trouvées à Lyon en 1528 le texte du discours qu'il
prononça en 48 sur l'admission des Gaulois au sénat; il est
plein d'érudition historique. Tout cela prouve que, si Claude a
manqué de fermeté dans la conduite de sa vie, il était
loin de manquer de valeur intellectuelle.
Bien que faisant partie de la famille impériale
par le fait du mariage de sa grand-mère Livie avec Auguste,
il fut toujours tenu à l'écart. Auguste ne lui accorda d'autre
charge que le sacerdoce augural; Tibère
lui conféra seulement les ornements consulaires; son neveu Caligula
fit enfin de lui un consul suffect (37). Rien ne semblait donc le désigner
à l'empire quand il y arriva, à cinquante ans, d'une manière
bien imprévue. Au moment où Caligula était mis à
mort, il s'était réfugié dans un pavillon du Palatin;
un soldat de la garde prétorienne le découvrit par hasard,
le tira de sa cachette et le salua empereur au moment même où
Claude se jetait à ses genoux; il dut le suivre au camp des prétoriens.
Cependant le sénat et les consuls songeaient d'abord si peu à
lui qu'on parlait de restaurer la république; mais, comme les prétoriens
tenaient à leur empereur, le sénat ratifia bien vite, leur
choix. Claude avait promis à chaque prétorien 15 000 sesterces;
il est le premier qui soit arrivé à l'empire par l'influence
des soldats et par la corruption à prix d'argent, exemple qui devait
trouver tant d'imitateurs.
Le nouveau césar, gauche, timide,
indécis, a été pendant treize ans le jouet de ses
affranchis et de ses femmes. Ce fut surtout le règne des affranchis
: Claude leur abandonna l'administration de la cour et les services de
l'Etat. Quatre d'entre eux jouèrent presque le rôle de vice-empereurs
et acquirent des fortunes énormes, Pallas, Narcisse, Polybe, Calliste.
Comme le dit énergiquement Tacite (Annales,
XII, 3),
«
rien ne leur paraissait difficile avec un prince qui n'avait ni affection
ni haine qui ne lui fût suggérée ou prescrite ».
Il faut savoir cependant que même
avec ce gouvernement d'affranchis, plus d'une mesure excellente émana
de Claude. Ainsi une vive impulsion fut imprimée aux travaux publics
: Rome fut dotée de deux nouveaux aqueducs, l'aqua Claudia et l'Anio
novus, travail énorme qui ne coûta pas moins de 5 millions
de sesterces; à Ostie, aux embouchures du Tibre, deux immenses jetées
furent lancées en pleine mer et éclairées d'un phare
pour former une rade artificielle; on entreprit le dessèchement
du lac Fucin dans le pays des Marses. La législation romaine s'enrichit
aussi de plus d'une réforme heureuse : assimilation du meurtre de
l'esclave à un homicide; amélioration de la condition juridique
de la mère de famille, etc. Enfin Claude eut le sentiment exact
du rôle civilisateur de l'empire quand il eut la hardiesse de tenir
tête aux préjugés étroits de l'aristocratie
romaine et de faire entrer au sénat de Rome les premiers citoyens
de la Gaule chevelue.
Ce règne n'a pas manqué non
plus de succès militaires. En 43, l'empereur commença en
personne la conquête de la Bretagne en soumettant la partie méridionale
de l'île. Son général Corbulon arrêta les Germains
sur les bords du Rhin; en 51, l'impératrice Agrippine
fonda sur la rive gauche du fleuve, dans le pays des Ubiens,
où elle était née, une colonie militaire qui reçoit
son nom, Colonia Agrippina : c'est aujourd'hui la grande ville de Cologne.
En Orient, la Thrace fut réunie à l'empire; en Afrique, on
créa les provinces de Maurétanie
Césarienne et de Maurétanie Tingitane.
Le grand malheur de Claude fut de s'être
laissé dominer par ses femmes. Il avait déjà été
marié deux fois, quand il épousa la trop célèbre
Messaline; cette femme sans pudeur poussa l'audace jusqu'à épouser
sous les yeux de son mari un noble romain, Silius.
Claude voulut bien ouvrir alors les yeux sur ses scandales et il la laissa
assassiner par Narcisse. L'année suivante (49), il épouse
Agrippine,
fille de Germanicus, par conséquent
sa propre nièce; pour conclure ce mariage, il fallut faire passer
un sénatus-consulte autorisant les unions des nièces avec
leurs oncles paternels. Aussitôt, sous l'influence de la nouvelle
impératrice et de l'affranchi Pallas auteur de ce mariage, le faible
empereur, oubliant les droits de son propre fils Britannicus,
né de Messaline, fit entrer par adoption dans la gens Claudia le
jeune Néron, né d'un premier mariage
d'Agrippine. Après cet acte, Claude devenait inutile; on pouvait
même craindre qu'il ne rendit ses droits à son fils. Agrippine,
eut recours à une célèbre empoisonneuse, Locuste,
pour se débarrasser de lui au cours d'une maladie, en mettant du
poison dans un plat de champignons, son mets favori (54).
On peut dire que les malheurs de Claude
n'étaient pas finis; car, si Néron
s'empressa de mettre au rang des divi l'empereur défunt,
Sénèque fit bien rire à ses dépens en racontant
dans un pamphlet cruel, l'Apokolokyntosis
ou la Métamorphose en citrouille, les aventures ridicules
de l'âme de Claude après sa mort. Il faut savoir que Sénèque
avait été exilé par Claude en Corse pendant huit ans
et qu'il était sur de ne pas déplaire à Agrippine.
Claude a été consul suffect en 37, consul ordinaire en 42,
43, 47, 51. Parmi ses enfants, il n'y a à rappeler que ceux qu'il
a eus de Messaline, un fils Briitannicus, une fille Octavie, mariée
à Néron. (G. L.-G.). |
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