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| L'histoire des Latins (c'est-à-dire
des anciens habitants du Latium On a proposé d'admettre qu'Albe
était la cité du peuple conquérant qui aurait graduellement
soumis le reste du Latium Les Romains La victoire ne profitait qu'aux Romains. Après la guerre faite en commun contre les Samnites pour le protectorat de la Campanie, les Latins protestèrent. Ils demandèrent aux Romains ce qu'elle venait d'accorder aux plébéiens, la fusion complète des deux peuples, l'égalité politique et le partage des magistratures. C'était la fin du dualisme romano-latin. Mais il ne pouvait plus se terminer par une transaction tenant la balance égale. La cité du Tibre l'emportait de beaucoup sur la confédération latine. Les demandes apportées au Sénat par les deux préteurs latins Annius de Sotie et Numisius de Circeii furent dédaigneusement rejetées et la guerre latine éclata (340); d'un côté les Latins et les Campaniens qui avaient continué seuls la guerre contre les Samnites, de l'autre les Romains alliés aux Herniques et aux Samnites; Ostie, Laurentum, Ardée se prononcèrent pour Rome; Fundi, Formies restèrent neutres; en revanche, Signia, Setia, Velitrae, Circeii, malgré la présence de colons romains, embrassèrent le parti latin. Les deux consuls Decius Mus et Manlius se portèrent en Campanie par la montagne et remportèrent une sanglante victoire sur les pentes du Vésuve, aux bords du Veseris. L'armée latine se rallia à Vescia, chez les Aurunces, et fut battue de nouveau. Mais le dictateur Crassus échoua devant Antium, un consul devant Pedum (339). En 338, la victoire du consul C. Maenius sur l'Astura et la prise de Pedum par son collègue Furius Camillus terminèrent la guerre. L'une après l'autre les cités latines se soumirent. La confédération fut dissoute et le Sénat romain prit toutes ses mesures pour en empêcher la reconstitution. Les habitants de chaque cité se virent interdire de faire des assemblées générales, de faire la guerre, d'acquérir des propriétés, de contracter mariage (commercium et conubium) dans une autre cité. Les villes voisines de Rome reçurent le droit de cité romaine : Lanuvium, Aricie, Pedum, Nomentum et peut-être Gabies; Tusculum le reçut, mais sans le droit de suffrage; Velitrae l'obtint un peu plus tard. Tibur et Praeneste gardèrent leur indépendance nominale, mais perdirent une grande partie de leur territoire; Velitrae et Antium perdirent tout, Privernum les trois quarts; des colonies romaines y furent établies. La nation latine disparaît ainsi et graduellement s'achève son absorption dans la nationalité romaine. Tout ce que nous savons des Latins, de leurs moeurs, de leur religion, de leurs institutions, est inséparable de l'étude des moeurs, religion et institutions romaines. Il est remarquable que, sauf dans les légendes albaines, il ne soit jamais question d'un gouvernement monarchique les cités avaient un magistrat suprême électif appelé dictateur. On ignore leur constitution intérieure et l'organisation de leur ligne fédérale. Après la conquête romaine, elles durent conserver leurs lois sous le régime municipal. Le nom latin ne disparut pas avec la nationalité et il continua d'être usité pour désigner des catégories particulières de membres de l'Etat romain; la formule socii et nomen Latinum, alliés et Latins, est constamment employée dans l'histoire romaine ultérieure. Mais il ne faut pas oublier que ce nom de Latins s'appliquait non seulement aux Vieux Latins, mais aussi aux habitants des colonies dites latines . Le nomen Latinium comprend maintenant
ce qui restait des anciens peuples latins non encore agrégés
à la cité romaine et ceux qui avaient reçu le jus
Latii comme les colonies de nom latin; mais, parmi les peuples du nom de
latin, il s'établit aussi des différences : les uns conservèrent
quelques-uns des privilèges de l'antique alliance conclue par Sp.
Cassius; les autres, qui peut-être furent d'abord les habitants des
douze colonies latines fondées depuis 268, n'eurent pas le droit
de battre monnaie, si ce n'est des pièces de cuivre, et ne gardèrent
le jus commercii qu'avec des restrictions. De là une distinction
entre le Latium Ce fut en effet une des habiletés de la politique romaine de s'assurer l'appui des meilleurs éléments des cités latines en octroyant le droit de cité romaine à quiconque avait exercé une charge dans une des cités latines; on le leur donnait également quand ils émigraient à Rome en laissant dans leur cité natale un descendant mâle. Aussi les Latins furent-ils désormais fidèles auxiliaires des Romains. recrutant la moitié de leurs armées, de leurs colonies; les guerres de Pyrrhus et d'Hannibal attestèrent la fusion des deux peuples. Elle fut consommée quand la loi Julia et la loi Plautia Papiria donnèrent à toute l'Italie le droit de cité romaine; le droit civil distinct qu'avaient conservé certaines villes disparut alors. Mais le droit latin (jus Latii) ne disparut pas alors. Il continua de désigner une condition politique inférieure au droit de cité proprement dit et fut conféré par les empereurs à une quantité de cités des provinces. Même après l'admission de tous les sujets libres dans la cité romaine par Caracalla (212), il y eut encore ce qu'on appela Latini Juniani, descendants d'esclaves que des citoyens romains avaient affranchi sans observer les prescriptions légales. Cotte dernière distinction fut abolie par Constantin. (A.-M. B.). |
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© Serge Jodra, 2007. - Reproduction interdite.