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| Aperçu | Profession : gladiateur | Les gladiateurs dans les arts et la littérature |
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gladiateurs proprement dits étaient des hommes destinés à
donner aux Romains le spectacle de combats
singuliers ( Il est probable que
ces cruels divertissements ont pris naissance en Etrurie « aux plaisirs de la bonne chère on associa le spectacle d'hommes qui parfois tombaient sur les coupes et inondaient la table de leur sang. » (Silius Italicus, Puniques, Xl, 51 ).Les Romains imitèrent leurs voisins, et firent paraître les premiers gladiateurs dans des cérémonies funèbres. En 264 avant J.-C., Marcus et Décimius Brutus inaugurèrent cette pratique aux obsèques de leur père, et nous voyons dans Tite Live que leur exemple fut suivi. Longtemps l'effusion du sang passa pour être agréable aux dieux, puisque, Caligula étant tombé malade, plusieurs citoyens proposèrent de combattre les armes à la main pour obtenir son rétablissement. Mais, depuis longtemps déjà, c'était le peuple surtout que l'on se rendait propice en flattant ses goûts sanguinaires. Les combats de gladiateurs étaient devenus une institution nationale. Un des devoirs imposés aux magistrats lors de leur entrée en charge, ou à l'occasion d'un triomphe, d'une solennité religieuse comme les jeux décennaux, quinquennaux, les saturnales, était d'organiser à leurs frais des représentations. A la largesse du donateur se mesurait la faveur populaire, et les ambitieux, même lorsqu'ils s'y ruinaient, faisaient là un placement avantageux de leur fortune. Les gladiateurs s'offraient par paires (paria) ou couples. Quelques paires suffirent d'abord à contenter le peuple; mais, aux derniers temps de la République, c'est par centaines qu'on les offrait. Le Sénat limita César à 320 couples lorsqu'il était édile, non pour des raisons d'humanité, mais sous couleur de mesure somptuaire, en réalité par jalousie. Ce fut bien pis sous l'Empire. Trajan, en une seule fois, jette 10.000 captifs sur l'arène. Les plus détestables empereurs peuvent tout se faire pardonner quand ils régalent largement la plèbe de victuailles et de jeux; on accuse au contraire de lésine le donateur qui tient à ménager son personnel et arrête la lutte au premier sang. Par exception, Auguste put se permettre de sauver la vie à des combattants malheureux; Néron, avant d'être complètement perverti, eut aussi de ces velléités compatissantes, peut-être dans le but d'établir un contraste entre lui et Claude qui exigeait toujours la mort, tenant à étudier sur le visage des agonisants le passage de la vie au trépas. La présidence
des jeux était une prérogative à laquelle les princes
attachaient une extrême importance, car nulle solennité ne
les mettait sous les yeux d'une foule aussi considérable; nulle
part ils n'étaient plus à même de se montrer sous un
jour avantageux; aussi avaient-ils grand soin d'y prendre leur air le plus
affable. Le peuple n'entendait pas qu'on se montre indifférent pour
ses plaisirs; il avait trouvé mauvais que César, au lieu
de regarder, expédiait des affaires dans sa loge d'honneur, et Auguste
eut grand soin de profiter de la leçon. Un des griefs les plus graves
que l'on eût contre Domitien, c'était
de n'avoir pas laissé l'assistance manifester librement ses sympathies
pour tel ou tel genre de gladiateurs; on n'avait pas le droit de se montrer
hostile à l'arme pour laquelle tenait le prince. Titus,
au contraire, trouvait grand plaisir à voir le peuple prendre bruyamment
parti contre ses favoris. Chacun en effet manifestait ses préférences
pour le champion ou la classe de gladiateurs qu'il avait adopté,
et pariait pour lui; mais c'était affaire individuelle; il ne se
forma jamais, au sujet des gladiateurs, des partis assez puissants pour
troubler l'ordre public, comme on le vit plus tard, à Constantinople Les différentes espèces de gladiateurs Pour suffire à
une aussi énorme consommation d'existences humaines, Rome La plupart combattaient à pied, quelques-uns à cheval ou sur des chars. On distinguait les hommes pesamment armés et ceux qui l'étaient à la légère. Parmi les premiers se placent : le Gaulois, le Mirmillon, le Thrace, le Samnite, l'Hoplomaque. Parmi les seconds, le rétiaire, le suivant (secutor), sans doute aussi le vélite et le provocateur. Voilà ceux sur lesquels il règne le moins de doutes. Entre le Gaulois et le Mirmillon (ou Myrmillon), il y avait peu de différence; ils représentaient probablement deux variétés de la même arme : pesamment armés, bardés de fer, ils étaient opposés aux Rétiaires et aux Thraces ; le mirmillon, peut-être Gaulois dans l'origine, portait l'épée et le casque national, avec l'image d'un poisson pour cimier. Le Thrace (Thraex, parmularius) était armé de la sica, coutelas à lame recourbée comme une faux retournée, ou comme une défense de sanglier; son bouclier carré (parma) était plus étroit et plus court que le scutum. Il attendait l'attaque, courbé en deux ou agenouillé; Senèque compare un homme de petite taille au Thrace ainsi à l'affût et se rapetissant pour percer en dessous soit le Gaulois, soit le mirmillon, son adversaire naturel. L'hoplomaque, encore plus lourdement armé, avait des cuissards, des brassards, une cuirasse, le grand bouclier du fantassin; on suppose qu'il doit être confondu avec le Samnite, qui aurait pris ce nouveau nom sous l'Empire. Il passait pour le plus redoutable des adversaires, et n'avait guère que les yeux de vulnérables; aussi les combattants équipés de cette sorte, lorsqu'ils se mesuraient, ne dirigeaient leurs coups que sur la tête et cherchaient à faire pénétrer leur glaive par les trous de la visière. La spécialité du rétiaire était une des plus communes et des moins estimées. Lui seul, il allait nu-tête, vêtu de la tunique ou du caleçon (subligaculum), avait un large ceinturon, peut-être un bandage aux jambes, des manches de cuir ou un brassard métallique au bras gauche, et une épaulière (paterne). Il portait le trident du pêcheur de thon (fuscina), mais était surtout caractérisé par le filet (jaculum). L'habileté consistait pour lui à lancer ce filet sur la tête de son adversaire, généralement un mirmillon. Quand il l'avait enveloppé et réduit à l'impuissance, il l'enveloppait avec sa fourche. S'il avait manqué son coup, il prenait la fuite pour revenir à la charge et saisir une meilleure occasion; son agilité était merveilleuse. On a conservé un fragment d'une chanson qu'il disait sans doute avec accompagnement de l'orchestre. « Ce n'est pas à toi que j'en veux, Gaulois, pourquoi fuir? C'est un poisson que je cherche à prendre (Non te peto, piscem peto; quid me fugis, Galle?). »Les laquearii dont Isidore de Séville est seul à prononcer le nom étaient une variété des rétiaires; tout ce qu'on sait d'eux est qu'au lieu du filet ils se servaient d'un noeud coulant, le lazo des futurs gauchos. Voilà les types les mieux caractérisés. Quant aux autres, on en est réduit aux hypothèses. Le suivant (secutor) était-il chargé de harceler le rétiaire? Le vélite, avec le javelot ou peut-être la lance, et le provocateur, étaient-ils simplement employés aux exercices du début? On ignore tout du dirnachère, qui portait deux poignards; de l'andabate, qui se battait, paraît-il, à l'aveugle avec une visière sans trous. Les pagnarii passent pour avoir été les nains dont il était question plus haut, mais rien ne le prouve. Le cavalier avait l'armement du soldat à cheval; l'essédaire, Gaulois ou Breton, montait sur l'essedum, char de guerre celtique. Les catervarii étaient ceux qui se mesuraient par bandes. On appelait postulacii les gladiateurs supplémentaires que l'editor produisait sur la demande du peuple. Les suppositicii remplaçaient le champion mis hors de combat ou fatigué, lorsque, au mépris du règlement, on ne tenait pas son adversaire quitte après le premier engagement; il pouvait même arriver qu'on opposât successivement à un vainqueur deux et trois de ces nouveaux antagonistes. Nous ne rangerons pas parmi les gladiateurs les bestiaires, qui formaient une classe distincte et inférieure; primitivement armés comme eux, ils furent, sous Claude, privés du casque, du bouclier, des jambards, et durent aborder les bêtes avec l'épieu ou le glaive en agitant de la main gauche une étoffe aux vives couleurs, les bras et les jambes étant seuls protégés par un bandage. Ils n'aliénaient pas leur liberté, et par suite ne prêtaient pas de serment, mais se louaient moyennant salaire. La représentation Lorsque des combats
de gladiateurs allaient avoir lieu, des affiches peintes en couleur par
des écrivains spécialistes (scriptores) les annonçaient
en donnant le programme des diverses luttes, ainsi que les noms des combattants
avec désignation de leur arme, sans oublier la promesse d'arroser
l'arène. Ces annonces, placées sur les murs des maisons,
des édifices publics, aux portes des villes, envahissaient jusqu'aux
monuments funèbres, comme on le vit à Pompéi
Combat de gladiateurs. Le lendemain, la
foule venait prendre place sur les gradins; 87.000 spectateurs pouvaient
être assis commodément dans l'amphithéâtre
Flavien (Colisée Un moment solennel
était entrée des couples et leur défilé devant
la loge de l'empereur; ils prenaient leur plus fière attitude et
saluaient le prince au passage. Le célèbre salut : Ave,
Imperator, morituri te salutant, était-il la formule habituelle
et consacrée? Le seul exemple qu'on en cite se trouve dans
Suétone,
non pas d'ailleurs à propos d'un combat de gladiateurs classique,
mais d'une naumachie, et est adressé
à Claude qui répond par ces mots
: Salvete, vos. Salut à vous! Etait-ce l'usage que le prince
rendit aux combattants politesse pour politesse? Fut-ce une distraction
du césar? En tout cas, ces hommes l'ayant pris au mot, refusèrent
d'en venir aux mains sous prétexte que le salut équivalait
à un ordre de vivre, et il fallut que Claude les contraignit à
passer outre. L'Ave, Caesar, morituri, demeuré proverbial
pour quiconque marche à une perte certaine, sans illusion ni faiblesse,
a été popularisé au XIXe
siècle par une vaste toile du peintre Gérôme,
qui représente avec une vraisemblance satisfaisante la physionomie
de l'amphithéâtre, au
moment où le défilé a lieu devant la loge de Vitellius,
sous les yeux de la foule bariolée et fiévreuse ( « Tuez-le! - Le fouet! - Le fer chaud! - Pourquoi celui-ci est-il si lâche devant le glaive? - Pourquoi cet autre a-t-il si peur d'achever son homme? - Pourquoi tant de mauvaise grâce à mourir? »Le champion mis hors de combat restait, sans un soupir, sans une plainte, à la merci du vainqueur, jusqu'à ce que son sort fût décidé, et se contentait de lever un doigt pour demander grâce. Le donateur des jeux cédant ordinairement au public le droit de prononcer l'arrêt, les mouchoirs s'agitaient si la prière du malheureux était accueillie et les doigts se relevaient aussi, à ce qu'en suppose, mais les plus fiers déclinaient l'intervention du public, faisaient signe que leurs blessures étaient sans gravité et prenaient là le vrai moyen d'exciter l'intérêt du peuple, impitoyable pour les lâches. Le pouce renversé en arrière étant un arrêt de mort : le condamné n'avait plus alors qu'à tendre le cou et à se laisser achever sans témoigner la moindre faiblesse. Les vestales que Gérôme n'a pas manqué de faire figurer au premier rang, dans son tableau, n'avaient pas été les dernières à se prononcer. La vierge modeste, le pouce retourné, donne l'ordre de briser la poitrine du malheureux, étendu sur le sol (Prudence contre Symmaque). Pendant les pauses
de la représentation, on retournait à la pelle le sol ensanglanté;
des Noirs y répandaient du sable frais; des hommes, sous le masque
de Mercure Malgré le courage habituel aux acteurs de ces boucheries, tous n'y allaient pas de bonne volonté; les verges rougies, le fouet étaient nécessaires pour stimuler les récalcitrants; c'était le procédé employé, par exemple, contre les criminels sans expérience et sans armes défensives, que vers midi on poussait sur l'arène. De plus nobles victimes se refusèrent au métier, comme ces prisonniers saxons qui préférèrent se donner mutuellement la mort plutôt que de se battre en public. Malgré la surveillance la plus rigoureuse, on vit bien des suicides héroïques, entre autres celui d'un bestiaire, lié sur une charrette, qui se fit broyer la tête en l'engageant entre les rayons de la roue. La fin des jeux du Cirque Le christianisme |
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