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Etrurie, Etruria. - Région de l'Italie ancienne, qui correspond à peu près à la Toscane actuelle, entre l'Apennin, la mer Tyrrhénienne, la Ligurie, le Latium, avait pour bornes la Macra au Nord, le Tibre au Sud. On la divisait en 12 lucumonies, qui avaient pour chef-lieux Caere, Tarquinies, Veies, Vulsinies, Cortone, Vétulonies, Clusium, Perusia, Ruselles, Arretium, Volaterres. Populonie. Plus tard, elle eut pour villes principales Florence, Pise, Lucques. 

Ses habitants étaient nommés  indifféremment Étrusques, Tyrrhéniens ou Tusques. C'est à tort qu'une tradition les faisait venir de la Lydie. Au XIe siècle avant J.-C., ils furent asservis par les Rasena, qu'on croit venus de la Rhétie. Ceux-ci fondèrent dans leur pays une confédération de 12 cités (nommées plus haut); ils en avaient déjà auparavant fondé une autre plus au Nord, dans le bassin du Padus (Brixia, Vérone, Mantoue, Felsine ou Bononia, Melpum, Hadria, etc.), et vers 800 avant J.-C. ils en fondèrent une 3e, plus au Sud, entre le Vulturne et le Silare (Nole, Vulturne, Atelle, Acerres, etc.). Les 3 ligues, bien qu'indépendantes, étaient unies par un lien fédéral. Vulsinies était le chef-lieu général de la confédération : c'est là que se tenaient les assemblées générales. Les trois confédérations avaient longtemps fleuri, celle du Nord par l'agriculture, celles du centre et du sud par le commerce maritime. L'opulence, la mollesse, les vices qui en sont inséparables, préparèrent leur chute. 

De 587 à 521 les invasions gauloises brisèrent la confédération du nord et ne laissèrent indépendantes que quelques cités des Rasena. A partir de 424 les Samnites rompirent de même la confédération du Sud en prenant Vulturne (Capoue). La ligue du centre fut celle qui résista le plus longtemps. Une de ses lucumonies, Tarquinies, donna deux rois à Rome (Tarquin l'Ancien, et Tarquin Le Superbe), et même, le lars (ou roi) de Clusium, Porsenna, conquit Rome un instant, 607 av. J.-C.; une autre des cités étrusques, Véies, la mit à deux doigts de sa perte, 485-477; mais enfin Rome prit le dessus, conquit Véies, 395, assujettit Faléries. Tarquinies, Caere, 385-352, et soutint trois grandes guerres contre les Étrusques unis aux Samnites ou aux Gaulois, 313-304, 302-299, 296-283 : après avoir subi de sanglantes défaites à Sutrium, à Pérouse, au lac Vadimon, l'Etrurie fut contrainte à subir le joug. 

Au IVe siècle de l'empire, l'Étrurie, sous le nom de Tuscie ou Toscane, fut une des huit provinces du diocèse d'Italie. Elle forma au IXe siècle un duché particulier. 

Le peuple étrusque est un des plus singuliers de l'Antiquité. Ses prêtres avaient une haute réputation ; ils employaient certaines formules secrètes; ils inventèrent les augures, l'art des aruspices, l'art des expiations; c'est d'eux que les Romains empruntèrent les noms de leurs dieux et presque toute leur religion, surtout les cérémonies du culte. Leur religion semble avoir été cruelle et sanguinaire : ils immolaient des victimes humaines, qui pour la plupart étaient des prisonniers de guerre. Les sépultures étaient très soignées, et l'on a retrouvé dans les tombeaux des Étrusques nombre d'antiquités précieuses, qui prouvent que chez eux l'industrie était portée très loin, surtout pour l'art de la poterie, du vernis, de la teinture : on estime particulièrement les vasesétrusques, le plus souvent rouges et ornés de peintures noires. Les constructions de ce peuple, solides et colossales, ont donné naissance à l'ordre toscan, qui a pour caractère des pilastres carrés un peu lourds. On a beaucoup d'inscriptions en langue étrusque. L'empereur Claude avait écrit une Histoire d'Étrurie, dont on regrette la perte. On doit à Ottfried Muller (1828) et à Lepsius (1842), d'intéressants travaux sur les Étrusques. 

Étrurie (Royaume d'). - Par le traité de Lunéville, 1801, l'ancien grand-duché de Toscane fut enlevé là Ferdinand III, de la maison d'Autriche, pour être érigé en royaume sous le titre de Royaume d'Étrurie, et fut donné par échange au fils unique de l'infant Ferdinand, duc de Parme au jeune Louis de Parme, que la guerre avait prive de ses États. Ce prince fut installé la même année (1801), mais il mourut bientôt après (1803). Après la mort de Louis, le royaume d'Étrurie fut gouverné, par sa veuve, Marie-Louise, fille de Charles IV, roi d'Espagne, qui administrait comme tutrice de son fils en bas âge, Louis II. En 1807, la royaume d'Etrurie fut absorbé dans l'empire francais, et forma les trois départements de l'Arno, de l'Ombrone et de la Méditerranée : en 1809, ce pays fut donné à Élisa, sœur de Napoléon, qui prit le titre de grand-duchesse de Toscane. En 1814, il fut restitué à l'archiduc Ferdinand III. 

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