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Une Basilique (Basilica,
s.-ent. aula, demeure royale) était un édifice public
qui, chez les anciens Romains ,
servit de lieu de séances aux tribunaux, et de rendez-vous d'affaires
aux négociants; les rhéteurs venaient quelquefois y déclamer
des vers ou des harangues; les orateurs s'y exerçaient à
la déclamation. Les Athéniens
avaient aussi appelé Portique royal
le tribunal où siégeait l'archonte-roi. Vitruve
dit que les basiliques étaient des salles qui faisaient partie du
palais des rois, et où ceux-ci rendaient la justice. Selon Tite-Live,
il n'y avait pas de basiliques à Rome, lors de l'incendie qui détruisit
un grand nombre d'édifices du Forum, sous le consulat de Marcellus
et de Laevinus (212 av. J.-C.). La première basilique fut construite
au Forum, l'an 186 av. J.-C., par Caton l'Ancien
pendant sa censure; on la nomma Basilica Porcia, du nom de la famille de
son fondateur. Les basiliques se multiplièrent assez vite, puisque
Pline
dit que de son temps on en comptait 18. Parmi les monuments de ce genre,
les auteurs mentionnent le plus fréquemment :
1°
la Basilica Fulvia, bâtie par le censeur Fulvius en l'an 573 de Rome
(180 av. J.-C.);
2°
la Basilica Sempronia, oeuvre du censeur T. Sempronius (170 av. J.-C.);
Donat et Nardini la placent entre le quartier Toscan et le grand Vélabre;
3°
la Basilica Opimia, située un peu plus haut que le Comitium;
4°
la Basilica Aemilia, appelée aussi Regia Pauli, élevée
au Forum par Aemilius Paulus, l'an 720 de Rome (33 ans av. J.-C.);
5°
la Basilica Pompeii, près du théâtre de Pompée;
6°
la Basilica Julia, bâtie par Jules César,
en face de la basilique Aemilia, achevée et restaurée par
Auguste;
7°
la Basilica Caii et Lucii, fondée par Caïus et Lucius, petits-fils
d'Auguste;
8°
la Basilica Ulpia ou Trajani, élevée sur le Forum de Trajan,
et dont les restes précieux ont été découverts
à la suite de fouilles ordonnées par Napoléon
ler en 1812. Pausanias dit que la charpente
était en bois
de cèdre revêtu de bronze, les plafonds et le toit
en bronze doré. Le pavé était en marbre, les colonnes
en granit, et les murailles incrustées de marbre blanc;
9°
la Basilica Alexandrina, construite sous Alexandre
Sévère dans le Champ de Mars ;
10°
la Basilica Constantiniana, bâtie par Constantin
le Grand.
Les simples particuliers élevaient
parfois des basiliques; telle était celle du sénateur Latéranus,
contemporain de Néron, laquelle, transformée
en église par Constantin,
devint la basilique de St-Jean-Latran. De tous ces édifices, bâtis
généralement avec magnificence, il ne reste plus rien, sinon
les fondations des basiliques de Trajan et de
Constantin, quelques portions de colonnes et de murs.
Il y avait aussi des basiliques dans les
villes de province; on en a retrouvé de très belles à
Otricoli et à Pompéi .
Cette dernière, découverte en 1813, a plus de 60 m de longueur,
sur 25 de largeur; elle offre encore à peu près au complet
les murs extérieurs, les rangs de colonnes qui soutenaient l'édifice,
et le tribunal des juges.
Le lieu qu'on choisissait pour l'érection
d'une basilique était généralement un Forum, et Vitruve
conseille de prendre l'endroit le mieux abrité contre le mauvais
temps; car toutes les anciennes basiliques, et même un bon nombre
des plus modernes, étaient ouvertes de tous cotés, et protégées
seulement par un péristyle
de colonnes. Quand les Romains
eurent pris le goût du bien-être ils fermèrent la basilique
par des murailles; mais la construction garda au dehors une extrême
simplicité; on ne vit presque jamais ni archivoltes
aux fenêtres cintrées, ni colonnes,
ni sculptures .
Toute basilique était une galerie quadrangulaire, deux ou trois
fois plus longue que large; deux rangs de colonnes, le plus souvent d'ordre
corinthien, supportant des arcades, la divisaient
en trois nefs (la basilique de Trajan
en avait cinq). A l'une des extrémités de la nef centrale,
toujours plus large et plus haute que les nefs collatérales, s'élevait
le tribunal du juge. On voit, en outre, à la basilique de Pompéi ,
des chalcidiques ou petites chambres
destinées aux juges ou aux transactions particulières des
négociants.
Sous les empereurs,
quand la justice ne se rendit plus sur le Forum même, on plaça
le tribunal dans un hémicycle qui termina la basilique, afin que
le bruit de l'intérieur ne pût interrompre les magistrats
: cet hémicycle contint les sièges des juges, dont le nombre,
dit Pline, s'éleva quelquefois à
130, ceux des avocats, et, sur les côtés appelés ailes,
des places réservées pour les parties et pour les personnages
de distinction. On l'orna de statues
et autres ouvrages de sculpture. Une barrière
ou balustrade s'élevait entre la partie de l'édifice livrée
au public et l'enceinte réservée aux gens de loi : le rez-de-chaussée
de la basilique appartenait aux plaideurs et aux gens d'affaires; mais,
sur les nefs latérales, moitié
moins élevées que la nef centrale, régnait une galerie
pour les promeneurs. Cette galerie intérieure était bordée
d'un mur assez élevé pour empêcher de voir dans la
nef centrale de la basilique. Un côté était réservé
aux hommes et l'autre aux femmes. L'escalier
qui y conduisait était à l'intérieur. Des fenêtres
cintrées éclairaient l'édifice. Les plafonds des basiliques
étaient testudinés, c.-à.-d. en forme de carapace
de tortue ;
c'est ce que nous nommons des plafonds à voussures.
Vitruve
s'applaudit d'avoir voûté en maçonnerie
la basilique de Fano, ce qui prouve que ce n'était pas l'usage.
Les basiliques étaient précédées d'un narthex
ou portique décoré d'arcades
que supportaient des colonnes, et fermé au moyen de rideaux.
Les basiliques
chrétiennes.
D'après cette description des basiliques
romaines ,
iI est facile de reconnaître que leur forme devait être appropriée
facilement à l'exercice du culte chrétien ,
et elle fut, en effet, adoptée par l'Église
depuis le IVe siècle jusqu'au XIe.
L'hémicycle du fond devint la place de l'évêque et
du clergé; deux petites absides, le
diaconicum ou secretarium, qui servit de trésor, et l'oblatorium
ou prothesis, destiné à la bénédiction du pain
et du vin, rappelèrent les petites chambres en ailes des Romains.
Les bas côtés de l'édifice,
fermés par des rideaux ou par un mur à hauteur d'appui, furent
assignés, celui de gauche (en regardant l'autel)
aux hommes, et celui de droite, parfois plus étroit, aux femmes;
la nef centrale fut réservée aux
membres de l'Église et aux dignitaires. Au-dessus des nefs latérales
on conserva un triforium, galerie pour
les religieuses et les veuves. Les trois nefs ouvrirent sur un vestibule
intérieur ou narthex, et sur un porche
ou vestibule extérieur, précédé d'un atrium
ou parvis, et là se tinrent les catéchumènes et les
pénitents.
Il existe, à Rome ,
des églises qui ont la disposition basilicale : Saint-Jean-de-Latran
(défiguré par des constructions modernes), Saint-Georges-in-Velabro,
Sainte-Agnès, Saint-Laurent-hors-des-murs, Saint-Clément,
Sainte-Marie-Majeure, Sainte-Marie-Transtévérine, Saint-Paul-hors-des-Murs.
II en est de même de Saint-Apollinaire à Ravenne, de Saint-Zénon
à Vérone ,
de Saint-Ambroise à Milan .
Paris
offre quelques
églises en basiliques,
Saint-Philippe-du-Roule, Saint-Vincent-de-Paul ,
Notre-Dame-de-Lorette ,
Sacré-Coeur ,
e tc.
Au Moyen âge ,
le nom de basilique ne s'appliquait pas seulement aux églises;
il indiquait encore une chapelle sépulcrale,
un autel, une châsse, un reliquaire (peut-être
parce qu'on leur donnait la figure d'une église, et même un
monastère.
On le donne aujourd'hui, par extension, aux plus importantes églises
de la chrétienté.
(B.). |
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