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Gracchus (Tiberius Sempronius). - Personnage romain, père des Gracques, d'une famille plébéienne, fut deux fois consul (177 et 163 av. J.-C.), vainquit les Hispaniens et les Ligures, soumit la Sardaigne et fut honoré du triomphe. Il est célèbre par son éloquence et par sa grandeur d'âme : ennemi personnel des Scipions, il n'en défendit pas moins Scipion l'Africain ainsi que Scipion l'Asiatique contre les accusations des tribuns. Il obtint en reconnaissance la main de Cornélie, fille de Scipion l'Africain : il en eut les Gracques, que leur mère éleva elle-même avec le plus grand soin.
Les Gracques. - On nomme ainsi deux frères, fils du précédent :
Tibérius Gracchus. - L'aîné, né en 162 av. J.-C. Nommé questeur en 137, il suivit le consul C. Hostilius Mancinus en Espagne, et sauva, en traitant avec les Numantiens, l'armée romaine que l'inhabileté du consul avait mise en danger. Élu tribun en 133, il fit passer, malgré l'opposition violente des patriciens, une loi agraire qui limitait la possession des terres usurpées sur le domaine public et distribuait aux citoyens pauvres les terres détenues illégalement; en outre, il leur distribuait les richesses qu'Attale, roi de Pergame, avait léguées en mourant au peuple romain. Mais le sénat, craignant son influence, le fit assassiner au milieu de ses partisans, au bout de l'année, au moment où il allait se faire réélire.

Caïus Gracchus. - Frère de Tibérius, plus jeune que lui de 10 ans. Le Sénat, dans le but de l'éloigner, l'avait nommé questeur en Sardaigne (126), mais il s'empressa de revenir à Rome dès qu'il fut sorti de charge. Il fut nommé tribun en 123 et réélu avec acclamation I'année suivante. Pendant les deux ans qu'il exerça cette charge, il fit passer aussi une loi agraire, appela les peuples de l'Italie au droit de suffrage, fit transférer aux chevaliers le pouvoir judiciaire, pourvut aux embellissements de Rome, créa plusieurs colonies afin de donner des terres aux citoyens indigents, et conduisit lui-même une de ces colonies à Carthage. Écarté du tribunat par les intrigues des sénateurs, il ourdit un complot contre eux. Caïus ayant réuni ses partisans dans le Forum, le consul Opimius s'y rendit avec des hommes armés, et voulut dissoudre l'assemblée. Un combat s'ensuivit, dans lequel le peuple, qui. était sans armes, fut facilement vaincu. C. Gracchus se vit forcé de fuir dans le temple de Diane, puis il se réfugia dans un bois voisin. Il y fut tué par ordre d'Opimius, ou, selon d'autres, se fit donner la mort par un esclave, en 121 av. J.-C. Sa tête avait été mise à prix : le meurtrier qui l'apporta y avait coulé du plomb pour la rendre plus lourde. 

Cicéron loue l'éloquence des Gracques : il relève surtout chez Caïus l'élévation, la force et la passion. Plutarque a écrit La Vie des Gracques.
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