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Ostrogoths, Wisigoths |
| Aperçu | Les Ostrogoths | Les Wisigoths | L'Espagne wisigothique* |
| Les
Goths
étaient une population germanique,
l'une des plus puissantes et celle qui a joué le rôle le plus
considérable dans l'invasion des Barbares.
On les pense originaire des bords de la Baltique Quoi qu'il en soit,
leur histoire ne commence à être véritablement connue
qu'à partir du IIIe
siècle ap. J.-C., époque
à laquelle ils s'étaient établis au Nord de la mer
Noire Les Goths entrèrent
en lutte avec l'Empire romain. Caracalla
les combattit. En 251,
ils dévastèrent la Mésie En 269,
les Goths équipèrent, dit-on, 2000 bateaux et 320.000
hommes; partis des bouches du Dniestr A cette époque, les Goths se divisèrent en deux grands groupes, les Wisigoths ou Goths de l'Ouest, les Ostrogoths ou Goths de l'Est. Ces noms sont ignorés d'Ammien Marcellin et de Zosime, historiens du grand empire gothique; toutefois, ils parlent de Greutungi (Greutunges) et Thervingi (Thervinges) qu'on assimile généralement aux Ostrogoths et Wisigoths. Les Ostrogoths étaient
établis dans les steppes sablonneuses de l'Est; les Wisigoths
habitaient les régions boisées des pentes des Carpathes La première
dynastie paraît au milieu du IIIe
siècle, sous le règne de Gordien.
Son premier roi, que les écrivains
romains nomment Ostrogotha, eut pour successeur Kniva, vainqueur
de Decius. En 321,
il est question du roi Rausimuth qui combat Constantin
(321)
; celui-ci poursuivit les Goths au Nord du Danube et imposa la paix à
leur roi Ariarich en 336.
Le successeur de celui-ci, Geberich, vainquit les
Vandales
et les chassa de la Dacie Les Wisigoths
étaient subordonnés, mais unis seulement par un lien assez
lâche aux Ostrogoths, sujets directs
d'Ermanarich. L'empire gothique du IVe
siècle était donc en principe
celui des Ostrogoths. Lorsqu'il s'écroula devant les Huns,
la scission devint complète. Tandis que jusqu'alors les deux fractions
du peuple goth avaient vécu côte à côte, elles
se séparèrent. Les Ostrogoths se soumirent aux Huns et restèrent
au Nord du Danube -
L'Europe vers l'an 500. Les Ostrogoths La famille royale des Amales les gouvernait.
Le grand roi Hermanarich, qui vit la ruine
de l'empire gothique, était un Amale. Lorsqu'il eut succombé
à l'invasion des Huns (375)
et se fut suicidé, sort successeur Withimer ayant été
vaincu et tué, les Ostrogoths
se soumirent aux Huns, tandis que les Wisigoths
se réfugiaient dans l'Empire romain.
Les premiers demeurèrent au Nord du Danube Théodoric, détenu comme otage à Constantinople, avait été élevé à la cour de l'empereur Léon Ier, qui, charmé de sa grâce, l'avait traité presque comme un de ses enfants. Devenu tout Romain de goût et d'esprit, il était resté Barbare de caractère, d'où, pendant les règnes de Zénon et de Basiliscos, une suite de brouilles et de réconciliations, de violences contre l'Empire et de sévices comme l'expulsion des Bulgares. Les honneurs qu'il avait reçus ne pouvaient contenter ni son ambition ni les besoins de son peuple. Excité par Frédéric, héritier royal des Ruges, il contraignit l'empereur à lui permettre de supplanter Odoacre et de s'établir dans la Péninsule. Malgré une énergique résistance et après avoir tenu trois ans dans Ravenne assiégée, Odoacre dut se résigner à traiter. Fidèle aux procédés barbares, Théodoric l'assassina dans un banquet, et c'est ainsi qu'il devint maître de l'Italie (493). Il revêtit aussitôt le costume romain et se fit proclamer par les Goths roi des Ostrogoths et des Romains. D'abord impitoyable à l'égard des partisans d'Odoacre, il distribua des terres à son peuple, puis il se mit à gouverner comme un excellent césar. Il maintint l'ancienne hiérarchie et confia le plus souvent les emplois civils à des Romains, les commandements militaires, ainsi que le gouvernement des provinces, à des Goths; il fut économe et rendit une exacte justice. Quoique arien, il laissa en repos les catholiques. Avec la paix, l'agriculture refleurit enfin.
Des manufactures impériales se rouvrirent. Il affecta de protéger
les lettres et les arts, fit bâtir à Rome
son palais, restaura divers monuments et entreprit de dessécher
les marais Pontins Déférent dans la forme, Théodoric garda son indépendance vis-à-vis de l'empereur, dont il avait obtenu la restitution des insignes impériaux. A défaut de sympathie, il imposa le respect à la cour de Constantinople et contraignit Anastase, successeur de Zénon, à le reconnaître. Dans ses rapports avec les rois barbares,
Théodoric n'employa les armes que là ou la ruse et la diplomatie
avaient échoué. Il chassa les Bulgares
de la partie de la Pannonie Des troubles religieux signalèrent
la fin de son règne, lorsque, les ariens
ayant été persécutés par les empereurs, il
usa de représailles contre les catholiques;
il dépêcha à Constantinople
le pape Jean ler
qui, n'ayant rien obtenu, fut, à son retour, jeté dans une
prison où, durement traité, il succomba (526).
Il avait, dit-on, préparé un édit prescrivant la fermeture
de toutes les églises catholiques d'Italie, quand il mourut à
Ravenne,
la même année que le pape Jean. Il était devenu, en
vieillissant, inquiet, soupçonneux, voyant partout des complots,
et il avait été jusqu'à faire périr, entre
autres, Boèce et Symmaque.
Page de l'Edit de Théodoric. (Lois applicables aux Romains et aux Goths en l'an 512). La fille de Théodoric,
Amalasonte
(Amalaswinth), lui succéda elle tenta de rétablir la paix
publique, mais fut chassée quatre ans plus tard par une révolution
de palais, et Justinien profita de cette circonstance
pour remettre la main sur l'Italie. Le royaume ostrogothique,
tombé en décadence, succomba sous les coups de Bélisaire
et de Narsès (534-553).
Les Ostrogoths passèrent alors
en Norique L'oeuvre des Barbares avait donc finalement échoué. C'est sans doute qu'elle était toute personnelle à des rois fort au-dessus de leurs sujets. Les Romains acceptaient par force, sans s'y résigner au fond, leur domination; l'Église, très puissante, s'accommodait mal d'un pouvoir hérétique; enfin, l'empereur d'Orient ne pouvait considérer ni comme un délégué un prince dont l'action lui échappait, ni comme un collègue un Barbare et un Arien. Les Wisigoths Après la défaite
des Ostrogoths par les Huns,
les Wisigoths, conduits par des chefs
de la famille royale des Baltes, franchirent le
Danube
Fibule wisigothique (musée de Nuremberg). La fusion des Wisigoths
avec leurs sujets latinisés avait été préparée
au VIe
siècle. Retardée par leur
adhésion à l'arianisme, elle
fut facilitée par leur conversion au catholicisme
(586),
et vers 650
les anciennes législations distinctes des Wisigoths et des Romains
furent remplacées par un code unique commun aux populations de toute
origine. Ce droit reposait sur les lois d'Euric
(466-485),
revisées par Léovigild (569-580)
et Récared (Récarède) (586-601).
L'édit de Récared (publié sous le nom d'Antigua
d'après un palimpseste de Paris),
forma le noyau de la Lex Wisigothorum Après la ruine
du royaume des Wisigoths, leurs institutions
demeurèrent en vigueur dans la région pyrénéenne
où ils se maintinrent. Au XIIIe
siècle, Ferdinand
III de Castille faisait traduire en castillan la loi des Wisigoths
pour servir de Fuero juzgo (forum judiciale, code de justice).
L'absorption du peuple gothique dans ses sujets latins d'Espagne
et de Languedoc
Rois wisigoths : Chindawinth, Receswinth et Égica. (Codex Vigilanus, 976 ). |
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