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Une des premières
tâches de l'Empire romain fut
l'organisation des frontières. Il définit son territoire
et en assura la défense contre l'ennemi extérieur. Auguste
s'efforça de lui donner des frontières naturelles, cours
d'eau ou montagnes, et, dans son testament, il conseilla de s'en tenir
là. Les guerres de conquête cessent donc; la politique sera
surtout défensive. Cependant Claude annexa
la Bretagne ,
Trajan
la Dacie
et la Mésopotamie. Mais on revint ensuite à la tradition
du fondateur. On s'efforça d'avoir une frontière continue,
protégeant l'Empire soit par des barrières naturelles, soit
par des retranchements, qui définissaient une ligne communément
désignée sous le nom de limes. Comme l'indique Marquardt,
le but semble avoir été d'isoler l'Empire, non moins que
de le défendre.
«
Ces retranchements étaient tels qu'ils semblaient avoir pour objet
moins de défendre les frontières contre une invasion nombreuse
que d'empêcher en général toute communication. Dans
une vue semblable, on imposa entre autres conditions de paix aux tribus
des Quades, des Marcomans,
des lazyges et des Buriens qui habitaient au-dessus du Danube l'obligation
de laisser au Nord de la frontière un certain nombre de milles inhabités
et déserts, même de n'avoir aucun bateau sur le fleuve, alors
que la flottille romaine du Danube surveillait les communications par eau;
et la rigueur de la police exercée aux frontières au regard
des personnes et des marchandises apparaît dans des cas nombreux
appartenant à des époques très différentes,
d'où l'on peut conclure à l'existence de certaines règles
appliquées pendant toute la durée de l'Empire. Les étrangers
ne peuvent franchir les frontières que de jour, après avoir
déposé leurs armes et sous une escorte militaire qu'ils doivent
payer; de temps en temps même l'accès des frontières
était interdit à quiconque n'apportait pas des dépêches
à l'empereur. Au contraire, la circulation
des marchandises est libre, mais sous certaines conditions. »
Les précautions prises pour isoler
l'Empire des pays voisins contribuent à manifester son homogénéité,
derrière ses frontières, naturelles ou artificielles.
Au Nord, en Europe ,
c'est la ligne du Rhin et du Danube qui le sépare des peuples germains
et slaves. Les marécages des bouches
du Rhin étaient gardées par les Bataves,
vassaux des Romains. A la hauteur de Cologne ,
grande colonie et place d'armes,
Agrippa
avait cantonné les Ubiens et les
Tongres, ennemis des Suèves et des
Cattes, qui défendront le passage du fleuve. Sur la répartition
des forces militaires dans l'Empire, nous renvoyons aux articles Armée
romaine et Auguste. A partir de l'embouchure
du Main, la frontière passait sur la rive droite du Rhin et un retranchement
allait joindre le coude du Danube, couvrant les Champs décumates .
A partir de ce point la frontière suivait le Danube jusqu'à
la mer Noire, sauf pendant la période où fut constituée
au Nord du fleuve la province de Dacie .
De fortes colonies romaines avaient été établies dans
cet angle saillant de la Pannonie ,
dans les vallées de la Save et de la Drave, de manière à
couvrir l'Italie
du côté vulnérable. Sur le Danube même nous trouvons
les places de Taurunum (Semlin) et Sirmium, puis les villes de la Mésie .
Nous avons déjà indiqué sommairement l'extension de
l'influence romaine autour de la mer Noire.
En Asie ,
la frontière était flottante; l'ascendant de l'Empire
s'étendait sur les pays du Caucase ,
mais non sur sa domination directe. L'Arménie
lui échappa plusieurs fois. Nous avons dit comment la Mésopotamie
fut disputée avec les Parthes, puis
les Perses. La limite de la Syrie était
le désert, Palmyre
servant d'avant-poste.
En Afrique ,
de même, la frontière méridionale est formée
par le désert; on avait multiplié les postes au débouché
des vallées. Pour toutes ces questions des limites précises
et successives de chaque province, il faut se reporter aux articles spéciaux
(Syrie, Egypte ,
etc). |
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