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| Arrière-plans | ||
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| Le
guerres puniques
Première
guerre punique.
La guerre finie, Carthage voulut licencier
ses armées qui lui coûtaient cher à entretenir. Les
mercenaires, avant de partir, réclamèrent l'arriéré
de leur solde, et comme on faisait mine de vouloir en retenir une partie,
ces soldats de tous pays et de toutes langues se révoltèrent;
sous les ordres d'Autarite, de Zarzas et de Spendius, ils se rassemblèrent
à Tunis, à 20 kilomètres des murs de Carthage Deuxième
guerre punique (219 à 201).
Troisième
guerre punique.
« La terre qui les produit n'est qu'à trois journées de Rome. »A partir de ce jour, il termina invariablement tous ses discours par ces paroles : « Delenda quoque Carthago, j'ajoute qu'il faut que Carthage soit détruite ».Il y avait alors à Carthage trois factions rivales : le parti de l'alliance romaine, dont le chef était Hannon; celui de l'alliance numide Ceux-ci débarquèrent à
Utique « Je vous loue de votre prompte obéissance à exécuter les ordres du sénat; connaissez à présent ses dernières volontés : il vous commande de sortir de Carthage qu'il a résolu de détruire, de vous établir dans le lieu que vous choisirez, pourvu que ce soit à quatre-vingts stades de la mer. »A peine les ambassadeurs eurent-ils fait connaître au peuple cette suprême et inique exigence, qu'un immense cri de vengeance et de rage fit explosion : les chefs des diverses factions, tout à l'heure prêts à s'entre-tuer, s'embrassèrent. Hommes, femmes et enfants, tout le monde se prépare à la résistance. Les ateliers fabriquent chaque jour cent quarante boucliers, trois cents épées, cinq cents piques, mille traits et des machines; les femmes donnent leurs parures; on tisse des cordages avec leurs cheveux; on prend les poutres des maisons pour en fabriquer des vaisseaux; Hasdrubal et les trente mille bannis qui composaient son armée campée à Néphéris et menaçaient la ville, furent rappelés en toute hâte. Lorsque le consul, attendant patiemment la réponse, s'avança du côté de la ville, il trouva les portes closes et un peuple prêt à mourir pour Carthage Les consuls Manilius et Censorinus, suivant ces instructions à la lettre, se partagèrent la tâche de donner l'assaut. Manilius a pour mission de conduire les opérations du siège, par terre, du côté de la presqu'île; Censorinus dirige ses efforts contre l'angle de la Taenia, non loin du port marchand. Une première, puis une seconde attaque, sont successivement repoussées; après un troisième assaut, Manilius qui doit combler le vallum et escalader les murailles de la triple enceinte, considère la place comme inexpugnable, Quant à Censorinus il est plus heureux du côté de la Taenia, moins fortifiée. Deux énormes béliers appuyés chacun par six mille hommes réussissent à ouvrir une brèche dans la muraille; les Carthaginois s'élancent par cette ouverture et mettent le feu aux machines des Romains; ceux-ci, à leur tour, reprennent l'offensive, se rendent maîtres de la brèche et se précipitent sur les Carthaginois rangés en bataille a quelque distance de l'enceinte, les hoplites en première ligne, les hommes armés de pierres et de massues, au second rang. Les Romains sont repoussés : seule, la valeur de Scipion Emilien, alors tribun militaire, empêcha cet échec d'être changé en désastre. Les chaleurs de l'été, la peste qui sévit dans l'armée romaine déterminèrent Censorinus à regagner la haute mer avec ses vaisseaux. Dès lors les Carthaginois reprennent
l'offensive contre Manilius dont ils assiègent le camp, situé,
suivant Charles Tissot, à la hauteur du village de Sidi-Daoud. Les
Romains réussissent à garder leurs positions. Au printemps
de l'an 148, le consul Calpurnius Piso
et le préfet de la flotte L. Mancinus prirent le commandement des
forces romaines. Ils sont battus devant Clypea et Hippo Diarrhytus par
Hasdrubal
qui tenait la campagne, et forcés de prendre leurs quartiers d'hiver
à Utique Cependant, le général carthaginois Bithyas, campé avec son armée près de Néphéris, envoyait par mer des secours en vivres et en hommes à la ville assiégée. Scipion résolut en conséquence de compléter l'investissement en fermant l'entrée des ports. Il fit jeter devant l'ouverture du port marchand une digne de 24 pieds de large au sommet sur 96 pieds de large à la base : on voit encore aujourd'hui les vestiges de ce travail gigantesque. Alors, les Carthaginois résolurent de percer une nouvelle issue à leurs ports sur la haute mer. « Hommes, femmes et enfants, dit Ch. Tissot résumant le récit d'Appien, y travaillèrent jour et nuit, en commençant par la partie intérieure, et avec tant de secret que Scipion ne put rien savoir des prisonniers qu'il fit alors, sinon qu'on entendait un grand bruit dans les ports, mais qu'on en ignorait la cause. En même temps, les assiégés construisaient avec d'anciens matériaux des trirèmes et des quinquérèmes. Enfin, lorsque tout fut prêt, les Carthaginois ouvrirent la communication avec la mer et sortirent avec cinquante trirèmes et un grand nombre d'autres bâtiments de moindres dimensions, tous formidablement armés. »La flotte romaine était sans défense puisque les matelots eux-mêmes avaient débarqué pour prendre part aux opérations du siège; si les nouveaux vaisseaux carthaginois, peut-être contrariés par le vent, n'eussent manoeuvré avec indécision, c'en était fait de l'armée romaine. Mais ce ne fut qu'au bout de trois jours que les Carthaginois présentèrent le combat : les galères romaines étaient prêtes à répondre à l'attaque. La mêlée dura plusieurs jours, sans trêve ni relâche, avec un acharnement épouvantable. Les vaisseaux carthaginois se réfugient le long du quai qui borde la pleine mer et se trouvent protégés par les défenses des remparts. Scipion cherche dès lors à s'emparer du quai et fait avancer ses béliers pour saper le mur de mer. Un détachement de Carthaginois se jetant dans l'eau, s'avancent les uns à la nage, les autres ayant l'eau jusqu'à la poitrine. Arrivés près des Romains, et sans répondre aux coups qui leur sont portés, ils allument des torches. et brûlent les béliers, puis regagnent leurs positions à la nage, tandis que les Romains sont forcés de rentrer dans leur camp. Chaque jour renouvelle de pareils traits d'audace de la part des assiégés et une opiniâtreté toujours plus obstinée du côté des assiégeants : on atteignit ainsi la fin de l'été. Les Romains, maîtres d'une partie des quais, se fortifièrent dans leurs positions et suspendirent les opérations du siège. Dans l'hiver, Scipion, qui allait être attaqué sur ses derrières par une armée de renfort, prend la place de Néphéris où il tue ou fait prisonniers 80 000 hommes. « Dès les premiers jours du printemps de l'année suivante, dit Appien, Scipion résolut d'attaquer Byrsa et celui des ports intérieurs qu'on appelle Cothon. Hasdrubal fit incendier pendant la nuit la partie quadrangulaire du Cothon, espérant arrêter ainsi la marche de l'ennemi, mais tandis que lui et les siens étaient tout entiers à cette opération, Lélius, à leur insu, escalada la partie opposée du port, qui était circulaire. Les Romains s'élancent de toutes parts, passent d'une enceinte à l'autre au moyen de poutres et de planches et repoussent facilement un ennemi exténué par la faim. Ils s'emparent ainsi du mur qui enfermait le Cothon. La nuit était venue : Scipion campe avec ses troupes sur le forum, qui était voisin du port. »Les Romains étaient au coeur de la ville; il ne leur restait plus qu'à prendre d'assaut la citadelle. Trois rues, dit Appien, y montaient du forum, formées de maisons très serrées à six étages. Les Romains durent faire le siège des maisons, les unes après les autres, avançant lentement de terrasse en terrasse, au moyen de planches et de poutres jetées sur les intervalles des rues adjacentes. On arriva ainsi au pied des murailles avancées de Byrsa qu'on sapa par la base pendant six jours et six nuits d'un travail sans relâche. Les opérations touchaient à leur fin lorsqu'une députation suppliante descendit du temple d'Esculape Cependant, Hasdrubal et les transfuges
romains se renfermèrent dans le temple d'Eschmoun refusant de se
rendre ; au nombre de neuf cents, ils résistèrent pendant
plusieurs jours à tous les assauts. Ils étaient épuisés
et près de succomber lorsque Hasdrubal, par une inexplicable défaillance,
dans le but peut-être de sauver sa vie, descendit au camp romain
par un chemin détourné, une branche d'olivier à la
main : c'était une trahison. Transportés de rage, les assiégés
résolurent de mettre eux-mêmes le feu au temple et de s'ensevelir
sous ses ruines; la femme d'Hasdrubal elle-même, se parant de ses
habits de fête et tenant ses deux enfants par la main, parut au milieu
des flammes, où elle périt en proférant des imprécations
contre la lâcheté de son mari et contre les Romains; les autres
guerriers imitèrent son exemple. On dit que ce spectacle arracha
des larmes à Scipion
et que, lisant dans l'Iliade « Il faut lire dans Appien, dit Charles Tissot, le récit tout entier de ces derniers jours de CarthageTout ce qui restait fut pillé par les soldats, à la réserve des statues et des ex-votos des temples qui furent destinés à orner le char du triomphateur. Byrsa et tout le quartier du forum et des ports n'était plus qu'un monceau de décombres, mais les faubourgs de Mapalia et de Megara avaient moins souffert et étaient encore en partie debout. Consulté par Scipion, le sénat romain, impitoyable, envoya une commission pour que l'oeuvre de destruction fit accomplie jusqu'au bout. Maisons, temples et remparts, tout fut systématiquement démoli et rasé, et défense fut faite d'habiter ces ruines que de solennelles imprécations vouèrent aux dieux infernaux. |
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