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Constantinople,
Constantinopolis,
auparavant Byzance ,
appelée par les Turcs Stamboul (déformation de Constantinopolis),
lstanbul
(nom actuel de la ville), et aussi, par un mauvais jeu de mots, Islamboul,
c. à d. pleine d'Islam ,
est admirablement située sur le détroit du Bosphore ,
et auquel elle a aussi donné son nom autrefois.
Lors du partage de
l'empire romain ,
en 395 de J. C., Constantinople devint, sous Arcadius,
la capitale de l'empire d'Orient ,
et la destruction de celui d'Occident, en 476, assura à la nouvelle
Rome, comme on l'appela, la supériorité politique et civile
dont elle a tellement abusé en religion. Constantinople fut en grande
partie renversée par. un tremblement de terre en 557; mais Justinien
en augmenta la magnificence en la rebâtissant l'église de
Sainte-Sophie, le plus beau modèle du style byzantin, fut alors
construite. Attaquée par les Arabes en 672, elle fut pendant sept
ans menacée de devenir la proie de l'Islam ,
et ne dut son salut qu'au feu grégeois.
Les
conciles de Constantinople. - Le concile
général tenu dans cette ville en 381 attribua, par un canon
qui ne fut pas proposé à la sanction du Saint-siège ,
une primauté d'honneur, après le pape, à l'évêque
de Constantinople. Le concile général de Chalcédoine ,
tenu en 451, confirma cette primauté en donnant le titre d'archevêque
à l'évêque de Constantinople sous prétexte que
cette ville était devenue la ville régnante. Mais le pape
saint Léon le Grand soutint, à bon droit, que la présence
de l'empereur ne pouvait produire aucun effet ecclésiastique. Le
Saint-siège toléra la primauté d'honneur et les titres
d'archevêque et de patriarche que s'étaient arrogés
les évêques de Constantinople, sans que leur ambition se tint
pour satisfaite. Acace, en usurpant l'autorité sur l'Eglise d'Orient,
vers la fin du Ve siècle, et Jean le Jeûneur, en prenant le
titre de patriarche oecuménique, vers la fin du vie, préparèrent
le grand schisme que réalisa Photius,
parvenu au patriarcat par intrusion en 857, et que consomma Michel
Cérulaire en 1054. Quatre conciles oecuméniques ont été
tenus à Constantinople, en 381, 553, 680-681 et 869. Au nombre des
conciles particuliers tenus à Constantinople on compte celui qui
est appelé in Trullo (692), du nom de la salle où
il s'assembla, et Quinisextum; parce qu'il devait compléter
les cinquième et sixième conciles oecuméniques. Le
pape Sergius III désavoua ses légats, qui en avaient souscrit
les canons.
Les croisés
n'y trouvèrent jamais qu'un accueil perfide. Ils la prirent en 1203,
et y rétablirent sur le trône Isaac
l'Ange, qui en avait été renversé par son frère
Alexis
III, en lui adjoignant son fils Alexis le Jeune.
Mais. ces deux princes furent détrônés et mis à
mort par Alexis Ducas Murzuphle, dont l'usurpation
sanguinaire obligea les croisés de s'emparer de Constantinople
une seconde fois en 1204, et amena la fondation de l'empire latin d'Orient ,
qui dura jusqu'en 1261. Constantinople retomba alors, par surprise, aux
mains des Grecs, à qui Mehemet Il l'enleva en 1453.
De
Constantinople à Istanbul.
Mehemet Il ne transféra
pas sur-le-champ sa capitale à Constantinople; le 18 juin il repartit
pour Andrinople ,
n'y laissant qu'une garnison de 1500 janissaires
sous Soliman-bey, chargé de réparer les défenses de
la place. Il s'était entendu avec le clergé de la ville pour
le gouvernement des chrétiens ,
avait fait élire patriarche Gennadius (Gennadios), hostile à
l'union avec Rome. On sait l'importance de cette mesure qui conserva la
nationalité grecque pendant les siècles suivants.
On assigna au patriarche
comme cathédrale l'église
des Saints-Apôtres au centre de la ville, puis en 1455 celle de Pammakariste
(de la Vierge) près du Phanar; lorsqu'elle fut convertie en mosquée
en 1591, le patriarche s'établit au Nord du Phanar dans un ancien
couvent de femmes à l'église
Saint-Georges où l'on montre encore le trône patriarcal fabriqué
en 1085.
-
Istanbul
d'autrefois.
Mehemet fit aviser
tous les Grecs émigrés qu'ils pouvaient rentrer et vivre
librement selon leurs moeurs et leur religion. Ils se concentrèrent
dans le quartier du Phanar. En même temps Mehemet envoyait à
Constantinople des musulmans
et des chrétiens
des villes voisines; cinq mille familles des cités de la mer Noire;
des milliers d'Andrinople ;
en 1454, quatre mille prisonniers serbes; plus tard deux mille familles
du Péloponnèse ;
d'autres des îles et villes successivement conquises (Lesbos ,
Caffa ,
Sinope, Trébizonde, l'Eubée ,
Thasos,etc.), vinrent repeupler la cité du Bosphore
où se forma une population nouvelle de Grecs, de Turcs, de Slaves,
d'Arméniens ;
toutes les provinces de l'Empire y eurent des représentants.
Cependant la ville
devenait de plus en plus asiatique et le sultan, bien qu'il eût adopté
le croissant
symbolique de la vieille Byzance ,
représenté sur les statues d'Hécate ,
mit sa marque sur la cité. Beaucoup d'églises
(huit d'abord), au premier rang Sainte-Sophie, furent transformées
en mosquées; l'église des Saints-Apôtres
fut démolie et remplacée par une mosquée au nom du
sultan. Celui-ci fit aussi de grandes constructions, mosquée d'Eyoub,
arsenal, bazar, palais du Sérail. L'appropriation de l'ancien Sérail
(bientôt suivie de la construction du nouveau) fut commencée
dès 1454, quand l'empereur eut résolu de fixer sa résidence
à Constantinople. A partir de là, la ville, que l'on continuera
en Occident à appeler Constantinople jusqu'au début du XXe
siècle, prit le nom de Stamboul, puis, avec l'extension de la ville
à Beyoglü (Péra) et à Üsküdar, sur
la rive asiatique, celui d'Istanbul, pour ne réserver l'appellation
de Stamboul qu'au quartier "d'origine" situé au sud de la Corne
d'Or.
Après la première
Guerre mondiale, la Turquie moderne préféra Ankara
à Istanbul comme capitale. Istanbul restant cependant la plus grande
ville de Turquie, avec un peu plus de 10 millions d'habitants (2007). |
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