.
-

Domitien, empereur romain de 81 à 96, fils cadet de Vespasien et de Flavia Domitilla, frère de Titus, T. Flavius Domitianus naquit à Rome en 51. Lors de la lutte entre les Vitelliens et les Flaviens (69), il se réfugia au Capitole avec le frère de son père Sabinus; mais les Vitelliens ayant forcé leur retraite, il parvint à s'enfuir, plus heureux que son oncle, et à gagner un asile assuré au delà du Tibre. Après la victoire de son parti, il fut salué césar et prit le titre de préteur urbain.  Jusqu'au jour où la mort de son père et de son frère lui eut donné le titre impérial, il resta dans une sorte d'obscurité, bien qu'il ait exercé plusieurs consulats, deux fois à titre de consul ordinaire, en 73 et en 79.

Devenu empereur en septembre 81, le prince que Juvénal a appelé le Néron chauve, Nero calvus, donna d'abord de belles espérances. II montra un grand zèle pour la moralité publique, bien qu'il fût loin de prêcher d'exemple dans ses moeurs privées, et que sa passion pour l'histrion Paris touchât à la folie; il fit rebâtir en 82, avec la plus grande magnificence, le temple du Capitole détruit par un incendie sous le règne de Titus; il institua en 86, sous le nom d'Agon capitolinus, un concours quinquennal d'exercices gymniques, d'éloquence et de poésie, dont les vainqueurs étaient couronnés au Capitole de la main même du prince; il protégea les poètes, Stace et Martial; il fit construire sur le Palatin un magnifique palais, et au Champ de Mars un cirque ou stade pour les luttes de l'Agon capitolinus; c'est aujourd'hui la Piazza Navona. 

Les dernières années de son règne furent celles d'un tyran avare et cruel, inopia rapax, metu saevus, ainsi que le dit Suétone. Les philosophes furent chassés de Rome, comme Dion Chrysostome et Epictète ; leurs écrits furent brûlés; des sénateurs, des consulaires, des femmes périrent sur la dénonciation des délateurs qui formaient sa police; son cousin Flavius Clemens fut mis à mort en 95, probablement pour avoir embrassé la foi chrétienne; la même année, une cruelle persécution, qu'on appelle la deuxième dans l'histoire ecclésiastique, décima la communauté chrétienne de Rome. En 96, des gens de sa domesticité ourdirent un complot contre lui; l'affranchi Stephanus le frappa d'un coup de poignard (18 septembre 96). Le Sénat s'empressa de ratifier le crime en ordonnant de marteler le nom du tyran sur toutes ses inscriptions et d'abolir à jamais sa mémoire. 

Domitien avait eu de sa femme Domitia Longina un fils qui mourut avant lui aussi fut-il le dernier des Flaviens et le dernier aussi des douze césars. Parmi les traits de cruauté stupide que Suétone lui attribue, il en est un qui est presque devenu historique : au début de son règne, il s'enfermait tous les jours pendant une heure qu'il employait à prendre des mouches et à les percer d'une aiguille fort aiguë; de là, le mot d'un de ses familiers à qui l'on demandait s'il n'y avait personne avec l'empereur : « Non, pas même une mouche. » II y eut sous ce règne quelques expéditions contre les Germains et les Daces; Agricola acheva alors, en 83, la conquête de la Bretagne. (G. L.-G.).

.


Dictionnaire biographique
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.