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L'esclavage à Rome et dans l'Empire |
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Sortir de l'esclavage |
| Les Romains
étant, par excellence, un peuple militaire, c'est chez eux que l'esclavage
atteignit le plus ample développement. A l'origine, les esclaves
étaient peu nombreux et participaient à la vie familiale.
L'esclavage se développa avec l'accroissement de la richesse, des
besoins et des prises de guerre. Il y eut aussi un commerce d'esclaves,
dont les prix variaient suivant les talents du sujet. On distinguait les
esclaves urbains et les esclaves ruraux. La condition des premiers était,
en général, et malgré la cruauté de quelques
maîtres, bien préférable. Les esclaves ruraux, enrégimentés
durement sur les grandes propriétés, enchaînés
deux à deux, étaient bien plus misérables. Être
envoyé aux champs était un châtiment redouté.
La société de l'Empire
est tout entière fondée sur l'institution de l'esclavage.
Nulle part, à notre connaissance, elle n'a pris une telle prépondérance;
nulle part, sauf dans quelques colonies de l'Amérique tropicale A l'époque
royale et dans les premiers siècles de la République,
les patriciens, les grands sont les propriétaires ruraux; ils résident
aux champs, cultivent eux-mêmes leurs terres et en dirigent l'exploitation.
Le peuple est surtout formé de cultivateurs, dont chacun possède
ce qu'il lui faut pour nourrir sa famille. Où serait sur ces fonds
la place d'un esclave? La plupart n'en ont pas ou bien n'en ont qu'un seul.
Regulus, au cours de la première Guerre punique On ne saurait évaluer exactement leur nombre. Les grandes familles possédaient des centaines d'esclaves, certains spécialisés dans tous les services, même médecins ou pédagogues, ou produisant dans des ateliers au profit du maître. Le plus petit bourgeois en avait au moins un. Un texte de Denys d'Halicarnasse a été utilisé par Dureau de La Malle pour évaluer le nombre et la proportion relative des esclaves dans l'Etat romain au Ve siècle. Cet historien dit qu'en 476 les citoyens en âge de porter les armes étaient au nombre de 110.000; pour les femmes, les enfants, les esclaves, les étrangers pratiquant les métiers, c'était un nombre au moins tripe de celui des citoyens. Cette dernière estimation est approximative et, à notre avis, on n'en peut rien conclure. Dureau de La Malle admet le chiffre de 440.000 pour la population totale; 140.000 combattants supposent environ 195.000 personnes du sexe masculin, et, dit-il, 390.000 pour l'ensemble des citoyens romains et de leurs familles; il resterait 50.000 personnes pour les étrangers, affranchis et esclaves; il admet qu'il y aurait eu à peu près 17.186 esclaves. La méthode employée par l'économiste ne nous inspire aucune confiance, et ses conclusions n'ont que la valeur d'hypothèses arbitraires; mais il n'y a rien que de raisonnable à supposer que les esclaves ne constituaient pas au Ve siècle avant l'ère chrétienne plus d'un vingtième de la population totale. Leur nombre ne va pas cesser de s'accroître malgré les affranchissements; l'usure y précipitera bien des débiteurs insolvables; des milliers de prisonniers de guerre viendront s'y ajouter, puis les habitants de cités et de pays, qui seront vendus en masse par centaines de mille. Au IIe siècle av. J.-C., l'esclavage s'étend sans mesure et s'organise définitivement, devenant la base sur laquelle repose la société. Il y eut plusieurs révoltes d'esclaves,
notamment en Sicile Le temps apporta bien des adoucissements à la condition de l'esclave. Certains étaient privilégiés. On leur confiait la direction d'une exploitation rurale, d'un atelier, la conduite d'un navire de commerce. Alors, et bien qu'ils n'eussent que la jouissance de ce qu'ils gagnaient, ils pouvaient s'enrichir, avaient eux-mêmes des esclaves. On ne sortait de l'esclavage que par la
mort ou l'affranchissement, soit que celui-ci fût
L'affranchissement ne dénouait pas tout lien entre le patron et son ancien esclave : le premier lui devait protection, le second devait se soumettre à sa juridiction, lui prêter aide et assistance, même aux dépens de sa bourse. En droit public, l'affranchi n'égalait pas l'homme de naissance libre, car il n'avait pas le jus honorum. On distingua aussi, jusqu'à Justinien, plusieurs classes d'affranchis dont les déditices étaient les moins favorisés. Les fils d'affranchis, d'une manière générale, étaient traités comme ingénus. Nombre de citoyens étaient donc d'origine étrangère. Parmi les affranchis aussi se rencontrait la figure du nouveau riche, si vigoureusement dessinée par Pétrone dans le personnage de Trimalcion. |
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