Les gens

[Accueil][Encyclopédie][Chronologies][Arrière-plans][Inventaires][Noms]


Tacite, C. Cornelius Tacitus, célèbre historien latin, né à Intéramne en Ombrie, vers l'an 54 de J.-C., d'une famille équestre, fut d'abord avocat et se distingua au barreau par son éloquence, entra dans la carrière des honneurs sous Vespasien, épousa en 79 la fille d'Agricola, passa environ quatre ans dans un gouvernement de province (89-93), et fut consul subrogé en 97. On croit qu'il mourut octogénaire, vers l'an 130 ou 134. Il était intime ami de Pline le Jeune. Tacite ne commença à écrire l'histoire que dans un âge assez avancé. Nous avons perdu une grande partie de ses ouvrages (un Panégyrique de Virginius, un Discours contre le proconsul Marius Priscus et ses autres plaidoyers, ses poésies, etc.); mais nous possédons en partie ses Annales (liv. I-IV, 2e moitié du Ve, VIe, XI-XVe, et partie du XVIe), ses Histoires (liv. I-IV et commencement du Ve), et en totalité la Vie d'Agricola et les Moeurs des Germains. Nous avons en outre sous son nom un Dialogue sur les causes de la corruption de l'éloquence, dialogue qu'on attribue aussi, mais avec moins de vraisemblance, à Quintilien ou à Pline le Jeune. Les Histoires commencent à l'avènement de Galba et vont jusqu'à Nerva; les Annales allaient de là mort d'Auguste à celle de Néron. Tacite est universellement regardé comme le plus grand des historiens : il est grave, profond, énergique, concis, sans manquer d'abondance; il peint ses portraits des plus vives couleurs; ses jugements sévères flétrissent le crime et la tyrannie; il est d'ailleurs exact, ami de la vérité, bien informé, n'écrivant que sur ce qu'il a vu ou ce que des contemporains lui ont raconté. Malgré ces mérites, il a été violemment critiqué, surtout par Linguet : on lui a reproché quelque obscurité dans le style et une certaine misanthropie; on l'a accusé de calomnier Tibère.


Editions anciennes - La 1re édition de Tacite est de Venise, 1469; les meilleures sont celles d'Ernesti, Leipz., 1752; de Brottier, 1772, avec des Suppléments estimés; de Leipz., 1801, due à Oberlin, et reproduite, avec Notes de Naudet, dans les Classiques latins de Lemaire; de Doederlin, Halle, 1841-47; d'Orelli, Zurich, 1848. Cet auteur a été traduit dans toutes les langues; les principaux traducteurs français sont : Perrot d'Ablancourt Amelot de la Houssaye, avec notes historiques et politiques, La Bletterie, Dotteville, Dureau de la Malle, 1780, Burnouf (1827 et ann. suiv., 6 vol. in-8, avec le texte et de savantes notes); Panckoucke (1830-38, 7 vol. in-8); Ch. Louandre (dans la collection Charpentier) : la trad. la plus estimée est celle de Burnouf.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Bibliothèque][En librairie][Textes][Pages pratiques][Recherche sur Internet][Aide]

© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.