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Les
gens
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| Tibère
(Tiberius Claudius Nero), empereur romain Tibère régna de 14 à 37 ap. J.-C. Il inaugura son règne en faisant tuer le seul membre de la famille d'Auguste qui pût lui porter ombrage, Agrippa Posthume, en condamnant à mort Julie, fille d'Auguste, et son séducteur, un certain Sempronius Gracchus, enfin en rappelant de Germanie son neveu Germanicus, que les légions avaient voulu proclamer empereur et qui s'était couvert de gloire en reprenant aux Germains les aigles perdues par Varus. Germanicus, envoyé en Orient, y mourut subitement. Malgré les insinuations produites par certains historiens contre Tibère, il paraît peu probable qu'il soit coupable de cette mort. Mais deux ans à peine après son avènement, Tibère tomba sous l'influence d'un chevalier romain, Séjan, qui fut pour ainsi dire son mauvais génie. Séjan était devenu préfet du prétoire en 16 ap. J.-C. Le pouvoir exceptionnel qu'il exerçait, surtout lorsque Tibère se fut retiré en Campanie, inspira à ce parvenu l'ambition de monter sur le trône impérial. Pour mettre ce projet à exécution, il ne recula devant aucun crime. Il fit empoisonner le propre fils de l'empereur, Drusus; de nombreux parents ou amis de l'empereur, même Agrippine, la veuve de Germanicus, et ses jeunes enfants, furent, les uns exilés, d'autres jetés en prison, d'autres même réduits à se donner la mort. Mais Séjan se perdit lui-même par l'excès de son audace. Il osa demander à Tibère la main de sa belle-fille Livie, veuve de Drusus. L'empereur la lui refusa et commença à le soupçonner. En 31, Tibère, qui ne quittait plus
l'île de Caprée
Tibère. Pourtant, on jugerait mal le règne de Tibère si l'on s'en tenait là. Pendant les vingt-trois ans qui s'écoulèrent entre la mort d'Auguste et celle de son successeur, le régime impérial s'affermit et le monde romain vécut en paix. Tibère donna au principat sa forme durable; il fit disparaître quelques-uns des vestiges républicains qu'Auguste avait respectés. Ainsi il enleva aux comices le droit de désigner les magistrats de Rome, consuls, préteurs, édiles, tribuns de la plèbe, questeurs, et transféra ce droit au Sénat; en 23, les cohortes prétoriennes, jadis cantonnées séparément dans divers quartiers de Rome, furent réunies et occupèrent aux portes de la ville un seul et même camp, connu sous le nom de Castra Praetoria. Cependant Tibère se montra toujours
respectueux des attributions et des droits du Sénat. Les finances
furent bien administrées; à sa mort, l'empereur laissa un
trésor de 2700 millions de sesterces. Pour les provinces, le règne
de Tibère fut une époque de justice. Une surveillance rigoureuse
pesa sur tous les gouverneurs, légats impériaux et proconsuls;
elle les empêcha de commettre trop d'exactions. Contre les peuples
barbares, Tibère suivit une politique ferme, mais prudente et mesurée.
Il combattit sans faiblesse l'insurretion du chef de bandes numide Tibère ne mérite pas d'être
comparé à Caligula, Néron
ou Commode. S'il fut odieusement cruel pendant
les cinq dernières années de son règne, il ne faut
pas oublier qu'il fut avant son avènement un des capitaines les
plus brillants du siècle d'Auguste; et
que, devenu empereur, il administra le monde romain avec ,justice et rigueur.
Tacite
s'est fait trop complaisamment l'écho de cette aristocratie romaine,
qui fut durement frappée par Tibère, mais dont les vices
et la lâcheté écartent toute sympathie. Pour bien juger
le successeur d'Auguste, il convient de se rappeler le vainqueur des Germains,
des Pannoniens |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.