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La Cité

Cité, en latin civitas, mot qui désignait, dans les temps anciens, un Etat, un peuple avec ses dépendances, une république particulière. César donne le nom de cités aux territoires des diverses peuplades de la Gaule, et la cité par excellence fut la métropole, la capitale (civitas Aeduorum, civitas Lingonum, etc.); lorsque Auguste modifia les divisions du pays, il y forma, au-dessous des provinces, 60 circonscriptions qui s'appelèrent également cités. Dans les derniers temps de l'Empire romain, la cité était la ville qui possédait une curie ou sénat. Pour le clergé de la même époque, la cité était la ville épiscopale. 

Le langage moderne entend par cité, tantôt un ensemble d'individus habitant dans une même enceinte, et alors le mot citoyen est généralement synonyme de bourgeois, tantôt la réunion des personnes soumises aux mêmes lois et jouissant des mêmes droits. 

Dans certaines villes modernes, qui se sont considérablement agrandies, on nomme cité l'espace qu'elles occupaient primitivement (la Cité de Paris, la Cité de Londres, etc.), ou encore une agglomération de maisons ayant des cours communes, des passages communs, un concierge ou gardien unique, un numérotage particulier (la cité Trévise, la cité Bergère, la cité des Fleurs, etc., à Paris). (B.).

Droit de Cité
Les Anciens entendaient par droit de Cité l'ensemble des droits civils et des droits politiques. A Athènes, le citoyen était celui dont le père et la mère l'avaient été eux-mêmes : l'enfant d'un Athénien et d'une étrangère suivait la condition de sa mère. Nul homme né dans la servitude ne pouvait devenir citoyen. La qualité de citoyen était en outre conférée, dans l'origine, aux étrangers qui venaient s'établir en Attique; Solon ne l'accorda qu'a ceux qui exerçaient un métier, et, plus tard, il fallut, pour l'obtenir, des services rendus à la république. 

A Sparte, l'étranger ne devint dans aucun cas citoyen; mais les Ilotes pouvaient être élevés à ce rang, quand ils avaient rendu d'éminents services à l'État. 

Dans l'ancienne Rome, le droit de cité se composait de la réunion des droits suivants : 

1° droit d'être porté sur les registres du cens (jus census);

2° droit d'hériter (jus haereditatis);

3° droit de prétendre aux magistratures (jus honorum); 

4° droit de liberté personnelle (jus libertatis); 

5° droit de contracter un mariage légitime (jus connubii);

6° droit de servir dans les légions (jus militiae);

7° droit d'exercer l'autorité absolue sur sa famille (jus patrium);

8° droit de propriété (jus dominii legitimi); 

9° droit de suffrage dans les assemblées politiques (jus suffragii); 

10° droit de tester (jus testamenti); 

11° droit de nommer par testament le tuteur de ses enfants et de sa veuve (jus tutelae). 

Chez les modernes, le droit de cité embrasse toutes les capacités civiles et politiques qui appartiennent aux membres d'un État, à condition de remplir comme eux, certains devoirs. (B.).
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