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Jacques-Bénigne
Bossuet
a été le plus éloquent des orateurs chrétiens,
né à Dijon
en 1627, d'une famille de robe, fut à quinze ans envoyé à
Paris
et placé au collège de Navarre. En 1652, après avoir
reçu la prêtrise et le bonnet de docteur, il quitta Paris
et ses espérances, pour aller se fixer à Metz ,
où il avait été nommé chanoine. Les affaires
de son chapitre l'attirèrent souvent dans la capitale. Il prêcha
un avent et un carême
devant la reine-mère et devant le roi. Nous avons perdu la plupart
de ces discours improvisés, et dont presque aucun n'a jamais été
écrit. Quelques heures avant de monter en chaire, il méditait
son texte, jetait sur le papier quelques paroles, quelques passages des
Pères, pour guider sa marche; quelquefois il dictait rapidement
de plus longs morceaux, puis se livrait à l'inspiration du moment,
et à l'impression qu'il produisait sur ses auditeurs. En 1669, il
fut fait évêque de Condom .
Deux mois après, il prononça l'oraison
funèbre de la reine d'Angleterre .
Trois ans auparavant Bossuet avait été
chargé de remplir le même devoir pour Anne
d'Autriche. Les oraisons funèbres, dont la voix publique a fait
son premier litre à la gloire, ne sont qu'au nombre de six; ce sont
des chefs-d'oeuvre d'une éloquence qui ne pouvait pas avoir de modèle
dans l'Antiquité ,
et que personne n'a égalée depuis. Bossuet ne s'y sert pas
de la langue des autres hommes; il fait la sienne, il la fait telle qu'il
la lui faut pour la manière de penser et de sentir qui est à
lui : expressions, tournures, mouvements, construction, harmonie, tout
lui appartient. En 1671 il fut admis à l'Académie
française. L'année précédente il avait
été nommé précepteur du dauphin. Ce fut pour
l'éducation de ce prince qu'il composa le Discours sur l'histoire
universelle. On fut étonné, dit Voltaire,
de cette force majestueuse avec laquelle il a décrit les moeurs,
le gouvernement, l'accroissement et la chute des grands empires, et de
ces traits rapides d'une vérité énergique, dont il
peint et juge les nations.
-
Bossuet,
par Rigaud.
En 1681, lorsque l'éducation du
dauphin fut finie, le roi nomma Bossuet évêque de Meaux .
Dans l'assemblée du clergé de 1682, il rédigea les
quatre propositions qui sont demeurées une loi de l'état;
le pape en fut très irrité et les fit brûler. La conversion
des protestants et la controverse avec leurs docteurs étaient encore
sa principale affaire; le meilleur ouvrage qu'il ait composé sur
ce sujet est son Histoire des variations ;
il repose tout entier sur ce principe au conservatisme brutal : la véritable
simplicité de la doctrine chrétienne consiste à toujours
se déterminer, en ce qui regarde la foi, par ce fait certain : hier
on croyait ainsi, donc aujourd'hui il faut croire de même. Une nouvelle
lutte occupa ses dernières années; il engagea Louis
XIV à faire condamner les Maximes des saints, où
Fénélon
soutenait la doctrine de l'amour de Dieu pour lui-même, sans aucun
mélange de cette crainte que les théologiens appellent servilement
servile. Il mourut à Paris le 12 avril 1704. (A19).
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En
bibliothèque - II existe plusieurs
éditions anciennes des oeuvres de Bossuet, Paris, 1745-53, 20 vol.
in-4; 1772-88, 19 vol. in-4. Ni l'une ni l'autre de ces éditions
n'est complète; aussi le public a-t-il accueilli avec faveur la
nouv. édit. publiée à Versailles ,
1815 et années suivantes, 45 vol. in-8, qui contient tout ce qu'on
a pu recueillir jusqu'ici des ouvr. de Bossuet. On n'y trouve pas la trad.
franc. de la Défense de la déclaration de 1682, par Le
Roy; mais on peut y joindre l'Abrégé
de cet ouvr.
par l'abbé Coulon, Paris, 7813, in-8.
En
librairie - Quelques textes de Bossuet
: La politique tirée des propres paroles de l'Ecriture sainte,
Dalloz-Sirey, 2003. - Traité de la conscupiscence, La Bibliothèque,
2000. - Sermons et oraisons funèbres, Le Seuil, 1997. - Platon
et Aristote, Vrin, 1995.
Georges
Minois, Bossuet, entre Dieu et le Soleil, Perrin, 2003. - Dardet,
Vergne, Bossuet, l'aigle de Meaux, Grafouniages, 2003. - Jacques
Le Brun, La spiritualité de Bossuet prédicateur, Kloncksieck,
2003. - C. Joulin, La mort dans les oeuvres oratoires de Bossuet,
Publications de l'université de Saint-Etienne, 2002. -Collectif,
Les
sermons de Bossuet, Atlande, 2002. - François Gaquere,
Bossuet-Leibniz,
le dialogue irénique, Beauchesne, 1997. - Thérèse
Goyet, L'humanisme de Bossuet (2 vol.), Klincksieck, 1994.
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