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Maxence,
empereur
romain (306 à 312). - M. Aurelius Maxentius, fils de
Maximien
Hercule, tenu longtemps à l'écart, avait d'abord vécu
comme particulier à Rome; le mécontentement de la population
romaine délaissée par les empereurs, des prétoriens
et des sénateurs, surtout à la suite de la mesure de Galère
qui soumettait l'Italie
et Rome
à l'impôt foncier, porta Maxence au trône (27 octobre
306). Le nouvel auguste était si insignifiant, si dépourvu
de capacité, que ses partisans appelèrent pour le seconder
son père Maximien, qui reprit la couronne avec lui. C'est grâce
à Maximien que Maxence arrêta l'invasion de Sévère,
puis celle de Galère.
Au congrès de Carnuntum, où
Galère
recourut à la sagesse de
Dioclétien
et où Maximien fut remplacé par Licinius,
Maxence fut exclu de la dynastie; il ne s'en fit pas moins déclarer
seul auguste en Italie (avril 308); ses monnaies prouvent qu'il fut aussi
reconnu en Espagne et en Afrique où ses généraux Rufius
Volusianus et Zénas abattirent un usurpateur, le vicaire du préfet
du prétoire, L. Domitius Alexander, qui s'était maintenu
deux années à Carthage .
Il s'associa son fils Romulus, qui devait
mourir avant lui, fit cesser de bonne heure la persécution contre
les chrétiens en Italie et en Afrique, essaya d'abord d'entretenir
de bonnes relations avec son beau-frère Constantin;
celui-ci dissimula pendant quelque temps ses véritables sentiments;
mais, à la mort de Galère, ii s'entendit
avec Licinius pour renverser Maxence et Maximin
Daia, ces deux alliés qu'Eusèbe
appelle des «-frères en scélératesse
». Les violences de Maxence, ses débauches, ses cruautés,
l'impunité qu'il laissait à Rome à tous les excès
des soldats, la condamnation à mort de nombreux sénateurs
lui avaient aliéné tous ses partisans; sur ce point, tous
les auteurs, chrétiens et païens, sont d'accord, Zosime, Eutrope,
Eusèbe, Aurelius Victor; Julien exclut Maxence du banquet des césars.
Nous avons sur la guerre entre Maxence
et Constantin de nombreux détails,
mais souvent suspects, dans les panégyriques de Constantin. Constantin
prit l'offensive avec une armée inférieure en nombre, mais
supérieure en qualité, passa par le mont Cenis ,
enleva successivement Suse ,
Turin ,
Milan,
Brescia, battit le préfet du prétoire, Pompeianus, devant
Vérone
qui lui ouvrit ses portes, ainsi que Modène et Aquilée ;
Maxence, jusque-là resté à Rome,
livra la dernière bataille dans de mauvaises conditions, au delà
du pont Milvius, ayant le Tibre à dos (28 octobre 312); il fut défait
et tué; presque tous ses actes furent abolis, et son nom remplacé
par celui de Constantin sur un temple et une basilique
qu'il avait bâtis. (Ch. Lécrivain). |
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