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Les
Antonins. - On désigne sous ce nom commun une série de
sept princes qui se sont succédé è Rome de 96 ap.
J.-C.à 192, et sous lesquels l'Antiquité romaine passe pour
avoir connu son âge d'or, et l'humanité son époque
la plus heureuse. Ces sept princes sont : Nerva
(96-98), Trajan (98-117), Hadrien
(117-138), Antonin le Pieux (138-161), Marc-Aurèle
(161-180), L. Verus (161-169), Commode (180-192).
Malgré le
nom commun d'Antonins qu'on leur donne à tous, ces empereurs appartiennent
tous à des familles différentes, sauf les deux derniers :
Marc-Aurèle
est le père de Commode mais ils sont liés
les uns aux autres par la parenté fictive de l'adoption. On leur
a donné le nom de celui qui a été le meilleur d'entre
eux, qui a le plus approché de la perfection et qui a donné
au monde sa plus grande somme de bonheur, Antonin
le Pieux. Comme Antonin était le fils (adoptif) d'Hadrien,
le petit-fils (adoptif) de Trajan, et l'arrière-petit-fils
(adoptif) de Nerva, on a donné à
ses ascendants le nom que lui-même avait illustré; quant à
ses descendants adoptifs, Marc-Aurèle, L. Verus
et Commode, ils en ont hérité naturellement.
Dans ce sens, cette
expression d'Antonins est moderne; elle est aujourd'hui couramment employée
pour désigner la série des empereurs de Nerva
à Commode. Mais dans l'Antiquité ,
ce nom ou plutôt ce surnom d'Antonin a appartenu en propre à
Antonin
le Pieux, à Marc-Aurèle Antonin,
à L. Verus Antonin, à
Commode
Antonin, à Caracalla Antonin, à
Géta
Antonin, à Diaduménien Antonin (le fils de Macrin),
à Elagabal Antonin, qui fut le dernier
à porter ce surnom, si on laisse de côté les deux premiers
Gordiens (Gordien I et Gordien
II), qui ne firent que passer sur le trône et qui avaient pris
ce surnom célèbre.
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La numismatique
antonine
Les
collectionneurs de monnaies antiques donnent parfois le nom d'Antonins
aux monnaies des six empereurs romains qui ont porté le nom d'Antonin,
c.-à-d. Antonin le Pieux, Marc-Aurèle, Commode, Caracalla,
Diaduménion et Elagabal; on y ajoute aussi, d'après Capitolin
L. Verus et Geta pour faire huit Antonins en parallèle avec les
huit Augustes. Mais ce nom d'Antonin donné aux monnaies et cet arrangement
factice n'ont rien de scientifique (E. B.). |
Le nom d'Antonin,
illustré par Antonin le Pieux et par Marc-Aurèle,
a donc appartenu à des princes qui n'y avaient aucun droit, puisqu'ils
n'étaient pas les parents adoptifs d'Antonin le Pieux, ou qui en
étaient tout à fait indignes par leur tyrannie. Un poète
de l'Antiquité avait raconté dans ses vers l'histoire de
ce surnom qui avait commencé avec Antonin le Pieux pour se terminer
dans la dernière des hontes; Marc-Aurèle était le
seul à avoir ajouté à sa sainteté; Verus,
Commode
surtout, avaient déshonoré et souillé ce nom respecté.
Que dire de Caracalla? Que dire enfin d'Elagabal,
le plus infâme des débauchés? (Capitolin, Macrinus,
3 et 7.).
Le
siècle des Antonins
On a donné le nom de siècle
des Antonins dans l'histoire littéraire au IIe
siècle de l'ère chrétienne, qui fut signalé
par un grand mouvement intellectuel, et comme par le réveil de l'esprit
grec, assoupi depuis une centaine d'années. Mais la prose seule
profita de cette renaissance; les poètes restèrent ce qu'ils
étaient depuis le IIe siècle
av. J.-C., de pâles et stériles imitateurs des génies
anciens. C'est aussi l'époque où les chrétiens grecs
commencent à discuter les systèmes philosophiques, cosmogoniques
et religieux de la Grèce, soit pour en montrer la vanité,
soit pour fondre ce qu'ils avaient de sensé avec la doctrine de
la religion révélée. La littérature latine
fut étrangère à ce mouvement; car Tacite,
Pline
le Jeune et Juvénal appartiennent
plutôt au siècle antérieur, et après eux la
littérature latine n'est plus qu'une ombre d'elle-même, tandis
que la littérature grecque devait encore jeter de l'éclat
jusque vers le milieu du Ve siècle.
(P. / G. L. G.).
Les principaux écrivains de cette
époque sont :
Parmi
les Grecs : Dion Chrysostome, Plutarque,
Arrien,
Lucien,
Appollonius Dyscole, Aelius-Aristide, Appien,
Hérode Atticus, Maxime
de Tyr,
Marc-Aurèle, Hermogène,
Pausanias,
Polyen, Dion Cassius, Ptolémée,
Galien,
Oppien,
Antonius
Polémon,
Sextus Empiricus, Justin le
Martyr, Athénagore d'Athènes,
Tatien de Syrie, Irénée,
Clément
d'Alexandrie;
Chez
les Latins : Tacite, Pline
le Jeune, Juvénal, Suétone,
Fronton, Apulée, Aulu-Gelle,
Florus, Justin, l'abréviateur de Trogue-Pompée.
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