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| La fondation
de Rome. - Les historiens antiques, tant grecs que romains, ne nous
ont guère transmis que des légendes sur la fondation, les
débuts et les premiers siècles de Rome D'après cette tradition, l'origine
première de Rome remontait aux Troyens. Lorsque Troie
fut prise et brûlée, l'un des principaux chefs troyens, le
héros Enée, fils d'Anchise
et de Vénus, s'embarqua avec les siens;
après de nombreuses aventures en Thrace, à Carthage Les descendants d'Enée régnèrent
dès lors sur Albe La corbeille qui les portait vint échouer
sur les pentes du Palatin, au pied d'un grand figuier, que les Romains
appelaient le Figuier Ruminal; d'abord nourris par une louve,
ils furent ensuite recueillis par le berger Faustulus
et sa femme Acca Larentia, qui les élevèrent
et leur donnèrent les noms de Romulus
et de Rémus. Les deux jumeaux devinrent des bergers vigoureux, toujours
prêts à la bataille contre les pâtres du voisinage.
Or, il arriva que Rémus tomba dans une embuscade que lui avaient
tendue les bergers de Numitor; il fut pris par eux et amené devant
leur maître. Numitor le reconnut, appela auprès de lui Romulus,
et leur dévoila à tous deux le secret de leur naissance.
Avec leur aide, il reprit la couronne à l'usurpateur Amulius;
pour les récompenser, il leur donna, en toute propriété,
lire vaste étendre de terrain sur la rive gauche du Tibre. Les deux
frères résolurent d'y fonder une ville. Romulus avait choisi
le Palatin; Remus, l'Aventin Les présages envoyés par les dieux se prononcèrent en faveur de Romulus. Romulus commença donc de bâtir une cité sur le Palatin. Pour marquer l'emplacement des murs de la future ville, il traça un sillon avec une charrue, et entreprit la construction du rempart. Remus l'ayant un jour franchi d'un bond par dérision, Romulus le tua de sa propre main en s'écriant: « Ainsi périsse quiconque franchira ces murs! »Romulus termina ensuite son oeuvre. Rome Leurs prisonnières étaient surtout des Sabines. Une guerre terrible éclata entre les Sabins, commandés par le roi Tatius, et les Romains. Grâce à la trahison de Tarpeia, les Sabins s'emparèrent du Capitole; une bataille furieuse eut lieu au pied même du Palatin. Elle durait encore, lorsque les Sabines, qui, après leur enlèvement, avaient dû épouser leurs ravisseurs, se jetèrent entre les combattants et réussirent à les réconcilier. Sabins et Romains s'unirent; Tatius régna en même temps que Romulus. Il mourut le premier, et Romulus fut désormais seul roi. Ce fut lui qui donna à Rome ses institutions politiques et militaires. Il remporta plusieurs victoires sur les peuples voisins. Sa mort fut mystérieuse. Il disparut pendant un orage, tandis qu'il passait ses troupes en revue. On raconta que Mars, son père, l'avait enlevé au ciel sur son propre char, et il fut adoré comme un dieu sous le nom de Quirinus. L'histoire des premiers rois de Rome Après la mort d'Ancus
Martius, une sorte de révolution se produisit à Rome.
D'après la tradition romaine, Ancus Martius lui-même avait
confié la tutelle de ses deux fils à un riche étranger,
nommé Tarquin, Grec d'origine, mais né
dans la ville étrusque de Tarquinies, et qui de là était
venu s'établir à Rome. Tarquin gagna habilement la confiance
du peuple romain qui le proclama roi. Aidé par sa femme Tanaquil,
Tarquin embellit Rome Servius Tullius
agrandit Rome, l'entoura d'une puissante muraille, la divisa en quatre
quartiers ou tribus ; il répartit le peuple romain en classes et
en centuries. Au dehors, il fit de Rome la cité la plus puissante
du Latium et dirigea des guerres heureuses contre les Etrusques, qui occupaient
le pays situé au Nord-Ouest du Tibre. Il fut tué par son
gendre Tarquin, impatient de monter sur le trône. Tarquin
le Superbe fut un tyran cruel. Il construisit sur le Capitole le temple
fameux de
Jupiter,
Junon
et Minerve. Il acheta à la Sibylle
de Cumes Telle est, résumée à grands traits et débarrassée de ses nombreuses variantes, l'histoire légendaire des origines, de la fondation et des premiers siècles de Rome. Pendant longtemps, les historiens et les érudits s'en contentèrent. Ce fut seulement vers le milieu du XVIIIe siècle, en 1738, que l'historien Louis de Beaufort exprima des doutes sur la véracité de ces récits traditionnels. Son livre, intitulé Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, est le premier en date des nombreux ouvrages de critique historique, qui, en Allemagne, en France et en Italie, ont renouvelé, pour ainsi dire, l'histoire primitive de Rome. Beaufort, puis Niebuhr, affirmèrent que les traditions rapportées par Tite-Live, Denys d'Halicarnasse et les autres historiens antiques ne méritaient aucune créance; ou du moins qu'il fallait les interpréter, afin de découvrir sous la légende ce qu'elle pouvait cacher de réalité historique. Niebuhr voulut reconstituer, d'après cette méthode, l'histoire primitive de Rome; mais cette reconstitution fut trop souvent hypothétique et arbitraire. Après lui, de nombreux savants, Sclwegler, Mommsen, Lange, Duruy, Gilbert, etc., se sont consacrés à la même oeuvre, avec plus ou moins de talent et de succès. Grâce à leurs efforts, grâce aussi aux découvertes considérables qui ont été faites depuis 150 ans en matière d'archéologie romaine et italique, une lumière plus vive a été projetée sur la période la plus reculée de l'histoire de Rome; ou connaît surtout beaucoup mieux qu'auparavant les diverses étapes du développement topographique et monumental de la ville, les principales vicissitudes qu'elle traversa avant de devenir sans contestation la cité la plus puissante du Latium, les influences qu'elle subit, et ses plus anciennes institutions religieuses et civiles. |
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