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Encyclopédie
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| Les triomphes |
Les Romains
appelaient triomphe (triumphus) la rentrée solennelle d'un
général vainqueur à Rome1° s'ils avaient été commandants en chef de l'armée et s'ils avaient exercé ce commandement sous leurs propres auspices, en un mot s'ils n'avaient pas été délégués à la tête des légions par un magistrat supérieur;C'était d'habitude le Sénat qui décernait le triomphe; quelquefois, si le Sénat refusait, les tribuns de la plèbe pouvaient le faire décerner par les comices tributes. Le général vainqueur attendait, en dehors de Rome, la décision du Sénat ou de l'assemblée tributs. Lorsque le triomphe lui était accordé, une loi spéciale l'autorisait à franchir le pomerium à la tête de ses troupes victorieuses. Le cortège triomphal se formait
près de la Porta Triumphalis, sur le Champ de Mars Après le butin de guerre, on voyait les animaux destinés au sacrifice, par lequel devait se terminer la cérémonie du triomphe : c'étaient des taureaux dont les cornes étaient dorées et qui étaient ornées des bandelettes rituelles (infulae, vittae). Derrière les victimes s'avançait le triomphateur, sur un char monumental tiré par quatre chevaux; autour de lui se tenaient ses enfants et quelques membres de sa famille; près du char, à cheval, ses légats et les tribuns militaires de son armée l'escortaient. Le triomphateur était revêtu d'insignes spéciaux, la toga picta, toge de pourpre brodée d'or, et la tunica palmata, tunique décorée de palmes et de Victoires; il tenait un sceptre d'ivoire surmonté d'un aigle et une branche de laurier : ces insignes étaient ceux-là mêmes qui ornaient la statue de Jupiter Capitolin. Il était couronné de laurier. Derrière lui l'armée victorieuse fermait la marche, acclamant son chef et souvent aussi le raillant, se moquant de ses travers et de ses défauts, entremêlant les hymnes et les satires. Ainsi formé, le cortège partait
du Champ de Mars Au début de la République,
tandis que Rome Sous l'empire, il devait déplaire
aux maîtres du monde que d'autres généraux pussent
célébrer des triomphes. Ils se réservèrent
à eux seuls le droit de triompher; ils invoquèrent pour cela
la fiction suivant laquelle les commandants de légions ou chefs
d'armée étaient tous leurs légats ou délégués;
aucun ne faisait la guerre sous ses
Quand le triomphateur avait remporté
une victoire navale, les rostres (rostra) des vaisseaux ennemis
figuraient dans le cortège, et le triomphe prenait le nom de triomphe
naval (triumphus navalis). Parfois, lorsque le général
vainqueur n'avait pas rempli toutes les conditions exigées pour
le triomphe, le Sénat lui accordait néanmoins la liberté
d'aller sacrifier une brebis au Capitole c'était là l'ovatio
(d'ovis, brebis). Enfin, il arriva que des généraux,
auxquels le Sénat refusait tout triomphe, allèrent triompher
à leurs frais sur le mont Albain |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.